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notessaisiesaufildutemps

  • Le chant de gorge (katajjaq)

     
    (J'ai reconstitué le premier paragraphe qui a été perdu dans la sphère du Net. Allez savoir pourquoi!)
    Il y a des gens auxquels on peut tout dire. C'est du moins comme ça avec une collègue de travail. Dès que les discussions commencent, une grande complicité s'établit et les échangent prennent alors un tour encore plus enfiévré. On a vraiment l'impression de se comprendre parfaitement.
    Le courant passe si bien qu'on a dû demander à l'un l'autre s'il n'y avait pas de sentiments amoureux. On a été vite rassurés sur le fait que ces grands échanges étaient le fruit d'une belle amitié. Et c'est bien tant mieux.
    Quand on échange des commentaires, il y a une sorte de fièvre de communiquer que j'éprouve rarement avec d'autres. Les mots se bousculent, elle m'interrompt, je réplique, elle rit, je ris et cela continue jusqu'à ce que l'heure de la pause est terminée.
    Quand je lui parle, même si je ne la touche pas, j'ai l'impression d'effleurer ses paupières, de tâter son front, de peigner ses cheveux, de saisir même son essence.
    Puis, tard dans la journée, quand elle n'est plus là, je pense au chant de gorge des Inuits. C'est une sorte de compétition dans laquelle deux femmes émettent des sons jusqu'à ce que l'une d'elle ne puisse continuer. C'est comme une lutte de la volonté.
    Nous aussi, c'est un chant de gorge, mais il n'y a pas de rivalité. C'est un chant de gorge où l'un l'autre nous nous encourageons à parler encore et encore.
    Je la salue, cette collègue, que je ne verrai pas d'ici trois semaines. Les vacances!