29.11.2007
Radisson, un héros oublié
Je vous écris d'un centre de villégiatures sans même me servir d'un dictionnaire ou d'un quelconque ouvrage de référence. Néanmoins, je tiens à dire un mot sur Radisson, une personnalité méconnue de l'histoire de la Nouvelle-France. J’en ai parlé sur un autre site : http://politiclub.forumpro.fr/francophonie-f26/chroniques... . Et comme il a été question de Churchill et du Manitoba dans ma note précédente, l’enchaînement tient la route...
D'abord, je suggère de nouveau d'aller écouter l'enregistrement de l'émission (à la SRC Société Radio-Canada) de l'anthropologue Serge Bouchard sur ce sujet en particulier. Je le recommande chaudement parce que c'est très bien documenté et que M. Bouchard est un animateur hors-pair: http://www.radio-canada.ca/radio/profondeur/RemarquablesO... .
Maintenant, une petite introduction sur cet aventurier. Radisson est né en France en 1636, ensuite sa famille s’installe en Nouvelle-France (Trois-Rivières) alors qu’il est âgé de 15 ans. La suite de son histoire en est une remplie d’aventures extraordinaires (où il a failli perdre la vie à plus d’une reprise); elle a pour objet la traite des fourrures dans la région des Grands Lacs et la baie de Hudson (autour du confluent de la rivière Nelson, au sud de Churchill). Son problème principale, tout au long de son parcours, était celui du financement de ce genre d’entreprise. Associé avec Des Groseillers, son mentor, Radisson a tour à tour fait affaire avec les Français et les Anglais (même avec les Américains) pour finalement terminer sa carrière avec les Anglais et la compagnie de la Baie de Hudson. Il était celui qui connaissait le terrain et les hommes : il n’avait besoin que de capitaux pour mener à bien ses entreprises.
Ses péripéties sont nombreuses et l’émission de M. Bouchard mérite d’être écoutée, ne serait-ce qu’une fois. Si j’insiste sur Radisson, c’est qu’il est, à mes yeux, un précurseur de l’homme universel d’aujourd’hui, celui qui s’occupe des contacts internationaux et qui parle forcément plusieurs langues. Radisson parlait non seulement le français, mais aussi l’anglais, l’espagnol et plusieurs langues autochtones. Toutes ces langues ont été apprises sur le terrain.
Voilà ce que j’appelle un homme-orchestre capable d’explorer toutes sortes d’avenues.17:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : histoire
24.11.2007
Pourquoi ce pseudonyme d'"Inukshuk"?
Très simple. La première fois que j'ai appris l'existence de ce mot, j'étais de passage à Churchill, agglomération située au bord de la baie de Hudson, au nord-est du Manitoba. J'y avais rencontré par hasard, dans le bar d'un hôtel, un véritable Inuit qui disait être descendu au sud, le sud étant justement pour lui la municipalité de Churchill, endroit où les Américains ont déjà eu une rampe de lancement pour lancer des fusées satellites!!!
Il venait effectivement des Territoires du Nord-Ouest (TNO) (aujourd'hui cette région est divisée en deux autres territoires, la partie ouest continuant à s'appeler TNO, l'autre, à l'est étant maintenant le Nunavut), immense région (toundra) au nord du Manitoba. Pour aller à Churchill, comme d'habitude, il se déplaçait en motoneige et surveillait les inukshuks (constructions en pierre qui servent d'indicateur) pour se guider le long de son itinéraire.
- "And if you missed one inukshuk?" ("Et si vous passiez à côté d'un inukshuk?"), je demandai.
- "Well, you were then damn lost." ("Vous étiez alors vachement perdu"), qu'il me répondit laconiquement.
C'est pourquoi un inukshuk est essentiel pour tout navigateur...
09:55 Publié dans Drôleries et songeries | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.11.2007
"Je n'ai plus rien à lire!"
Je n'en croyais pas mes oreilles. Une collègue a lancé à brûle-pourpoint un commentaire sous le coup de l'ennui: "Je n'ai plus rien à lire!" alors qu'elle venait de tourner la dernière page d'un journal de métro... Il fallait bien sûr comprendre qu'elle n'avait plus rien à lire sous la main, cela va de soi.
Toutefois, à partir de ce commentaire anodin, je me suis remis à penser à la place que la lecture occupe dans ma vie. Je compris que mes activités de lecture passent par des périodes fiévreuses suivies de périodes creuses. Cela me pèse: j'aimerais être un lecteur au long cours, celui qui ne connaît pas de pause et qui, de cette façon, reste concentré sur une continuité de lecture.
Je n'ai pu m'empêcher de penser à la pile de livres sur une étagère chez moi. Ce sont des livres que je tarde à lire. Le premier, Histoire d'Angleterre de Chassaigne, je ne suis rendu qu'à la moitié de l'ouvrage.
Et puis il y a tous les autres:
- La Dame de pique et autres récits (Pouchkine)
- Le Docteur Faustus (Thomas Mann) qu'un ami m'a prêté cet été...
- Ubu roi (Alfred Jarry)
- À rebours (J-K. Huysman)
- Lettres à un jeune poète (Rainer Maria Rilke)
- L'amour fou (Breton)
Et un ouvrage (neuf) sur le Pop Art par Tilman Osterwold.
Quand aurai-je le temps de m'y mettre?
14:45 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
20.11.2007
Le vrai bonheur
Le vrai bonheur, c'est d'avoir des murs insonorisés...
14:40 Publié dans Drôleries et songeries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2007
Le blues de Noël
Il m'a fallu un seul saut rapide dans les rues du centre-ville de Montréal pour tout à coup réaliser que le temps des Fêtes est à nos portes et que les gens sont déjà atteints d'un nouvel épisode de sur-consommation aigüe.
Chaque fois, je ne parviens pas à comprendre cette folie d'achats compulsifs. Au hasard de ma promenade, je n'ai entendu que les mots "cadeaux", "surprises" et "présents". Je veux bien que les gens s'échangent des présents, mais rarement je vois la franche humanité qui devrait accompagner ces gestes de gentillesse. Le temps de Noël, pour moi, c'est le temps des bleus. L'écrivain américain Henry Miller avait déjà dit - était-ce dans Le Cauchemar climatisé? - que cette période de l'année est probablement la plus difficile qui soit. Je plussois.
Alors je souhaite bon courage à ceux qui ne croient pas à cette période de l'année remplie de faux-semblants et de sentiments contrefaits la plupart du temps.
17:15 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15.11.2007
Mondialisation de la pauvreté
Le controversé Michel Chossudovsky, professeur d'économie de l'université d'Ottawa, a fait rééditer en 2003 son essai Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (383p.) d'abord paru en 1998. Son objectif était sans doute d'ajouter d'autres cas d'espèce à la base de sa démonstration, à savoir que les économies de beaucoup de pays étrangers sont de plus en plus dirigées par les organismes internationaux comme le FMI et la Banque mondiale et que cette gestion par des techniciens financiers étrangers a des conséquences souvent néfastes. Comment cela se produit-il? Un extrait portant sur les événements ayant affecté la Bolivie, au milieu des années '80, pourrait résumer les mécanismes de ces quasi-take over:
Le programme de stabilisation (le PAS, sous l'égide de la FMI et de la Banque mondiale, commande une dévaluation de la monnaie, un gel des salaires, la mise à pied de fonctionnaires, la vente à rabais de sociétés d'État) provoqua une chute significative de l'emploi et des salaires réels. À son tour, la compression du pouvoir d'achat se répercutait sur l'ensemble de l'activité économique. La diminution du pouvoir d'achat, combinée à l'impact de la libéralisation du commerce (et au dumping de produits agroalimentaires importés) contribuait à déstabiliser l'économie paysanne qui s'appuyait fortement sur le marché intérieur. De la même manière, la levée des barrières tarifaires a contibué à la destruction de l'industrie maniufacturière nationale dont l'industrie textile et l'agro-industrie.

L'auteur Chossudovsky veut s'adresser à un large public pour expliquer ce qu'il comprend des grands enjeux internationaux sur le plan économique. Il n'en reste pas moins que certains passages sont passablement techniques et auraient profité d'une meilleure vulgarisation. Pour ceux qui ne veulent pas s'attarder à tous les cas d'espèce, la lecture du premier tiers, où il expose les processus fondamentaux d'action du FMI et de la Banque mondiale, sera amplement suffisant.
Autre réserve, malgré une documentation riche et variée, cet essai a peut-être tendance à démoniser tous ces organismes internationaux issus des accords de Brettons Woods (voir le wiki). À ce point de discussion, le lecteur ordinaire comme moi voudrait croire l'exposé de Chossudovsky bien qu'il hésite à tout prendre au pied de la lettre, faute de quoi, il faut croire que l'économie mondiale est en péril pour de vrai...
20:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature
12.11.2007
Ligne dure, ligne molle
| Il est de plus en plus courant d'entendre les locutions ligne dure et ligne molle pour distinguer le téléphone traditionnel du cellulaire. Peu importe si ces locutions sont acceptées dans la langue française - puisque, d'une certaine manière, j'ai l'impression que ces nouvelles expressions viennent d'un calque de l'anglais - cette idée d'opposer ces deux modes de communication me plaît. Dans cette opposition, on met l'accent sur l'aspect sécuritaire: dans l'un, le téléphone, à moins de moyens extraordinaires, les communications ont le plus souvent un caractère privé, tandis que dans l'autre, vos appels peuvent encore plus facilement être interceptés dans le va-et-vient du numérique. |
On peut aussi le voir sous l'aspect de la fréquence: on se sert du téléphone classique pour des appels qu'on perçoit comme inévitables, tandis que le cellulaire peut servir pour des appels totalement superflus, ces appels n'étant motivés trop souvent que par le caprice de rejoindre quelqu'un pour parler immédiatement d'un sujet pour lequel il n'y a pas d'urgence, surtout quand l'appel se résume finalement à du badinage... Motivation dure et motivation molle...
Sous un angle plus philosophique, ces locutions renvoient aussi à l'opposition entre l'économie traditionnelle (ligne dure), faite de frontières semi-fermées afin de protéger certains secteurs d'une économie intérieure, par rapport à la Nouvelle Économie fondée principalement sur l'ouverture apparemment illimitée des marchés, donc de frontières molles. En fait, ce petit billet annonce un compte-rendu prochain de lecture sur l'essai de Michel Chossudovsky, Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (Éditions écosociété).
Bien entendu, l'interprétation des nouveaux enjeux de l'économie mondiale va beaucoup plus loin que la simple opposition ligne dure - ligne molle. L'ultra-libéralisme cache des stratégies très subtiles de la ligne dure... sous l'emballage sucré de la ligne molle. Cela pour donner une ligne difficile à suivre... De quoi perdre son latin... :)
Un peu à l'image de la photo plus haut, le téléphone cellulaire aux allures classiques: une combinaison des deux modes, le dur et le mou...
07:20 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.11.2007
Bric-à-brac cinématographique
- Au cinéma, l'après-midi. Je suis seul dans une salle de projection et je savoure à l'avance l'idée d'avoir une salle à moi tout seul comme dans une projection privée. Un court instant, je commence à y croire. Puis, juste comme le film débute, un inconnu se découvre dans la pénombre du hall d'entrée. Il hésite un moment, puis il choisit une rangée en avant de moi. Il continue à avancer dans cette rangée, avant de s'arrêter juste en face de moi. Son instinct lui avait donc commandé de s'asseoir juste en avant de moi, dans une salle vide! Sidérant que ce besoin de tribalisme...
- J'ai toujours succombé au racolage des bande-annonces des films prochainement à l'affiche. Chaque fois, je tombe dans le panneau, sachant malgré tout que derrière ce montage d'images et de sons, il y a une recette usée à la corde et réutilisée à outrance par des monteurs professionnels engagés par les maisons de productions. Ce n'est jamais le réalisateur du film qui s'occupe de ce genre de truc. Pourtant, le charme fonctionne si bien qu'au moment où le programme principale commence, subitement, je me rends compte avec regret que je suis venu pour voir tel long métrage et que je dois me résoudre à le regarder en tâchant d'oublier les promesses irrésistibles des bande-annonces...
- Une dernière. Il y eut un temps où je scrutais minutieusement le générique d'un film américain dans l'espoir d'y voir un nom d'artisan ou de technicien francophone. Presqu'à chaque fois j'y arrivais. Et encore aujourd'hui, je remarque de temps en temps un nom de famille à consonnance francophone défiler sur l'écran. La conclusion qui s'impose? Beaucoup d'expatriés aux États-Unis: le générique des films le confirme... ;)
10:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma
10.11.2007
Pourquoi ce blog(ue)?...
Mon petit blogue s'ajoute à une liste déjà infinie de sites semblables. Pourquoi alors ajouter ma pierre à cet immense édifice? Est-ce que j'ajouterai quelque chose d'original à cette ribambelle de blogues, alors que la vague des blogues semble tirer à sa fin?
Il faudra voir à l'usage de quoi il en retournera. Bien entendu, si je lance ce blogue, c'est que je veux faire entendre ma voix au milieu de la cacophonie du Net. C'est aussi que je crois avoir quelque chose à dire, sinon je ferais autre chose.
Hummm..., ma réponse est assez laconique, j'en conviens..
12:50 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.11.2007
De la météo
| Je suis souvent ahuri par la préoccupation systématique des gens relativement à la météo. C'est toujours trop froid, trop chaud ou trop humide. Évidemment, les jours de pluie, c'est encore pire. Même chose les journées de tempête de neige. Personnellement, je n'ai jamais compris cette fixation collective et je croyais être le seul à le penser ainsi. Eh bien non! Dans Dialogues en ruines (Louis-Michel Vacher), j'ai lu cet extrait qui m'a rassuré sur mon jugement: |
L'emprise des stéréotypes de la météo est la preuve sans appel de la bêtise de nos contemporains. S'il y a un stigmate de l'irrécupérable imbécillité de la bête humaine moderne, c'est bien la place que la météo tient dans la tête et dans la conversation des gens - les médias ne faisant que suivre, exploiter et renforcer ce potentiel lamentable. Soit dit au passage, tout ça repose sur une pure et simple mythologie: dans la réalité, on sait que près du tiers des gens aiment la pluie! C'est un peu comme avec le Dow Jones. S'il descend, on nous l'annonce avec un ton inquiet. S'il monte, évidemment, c'est bon signe - mais s'il monte trop et trop vite, c'est mauvais. Personne ne sait exatement pourquoi, on n'y comprend rien, mais c'est une comédie aussi rassurante que dénuée de fondement.
(...)
Vois-tu, il faudrait accueillir le temps qu'il fait avec stoïcisme et ouverture d'esprit. Même la pire imprévisibilité des éléments, parfois contrariante, c'est sûr, mais tout aussi souvent exaltante ou apaisante, mériterait de notre part une attitude plus attentive, plus humble, et plus décidée, dans laquelle le silence occuperait forcément une place centrale.
15:55 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



L'emprise des stéréotypes de la météo est la preuve sans appel de la bêtise de nos contemporains. S'il y a un stigmate de l'irrécupérable imbécillité de la bête humaine moderne, c'est bien la place que la météo tient dans la tête et dans la conversation des gens - les médias ne faisant que suivre, exploiter et renforcer ce potentiel lamentable. Soit dit au passage, tout ça repose sur une pure et simple mythologie: dans la réalité, on sait que près du tiers des gens aiment la pluie! C'est un peu comme avec le Dow Jones. S'il descend, on nous l'annonce avec un ton inquiet. S'il monte, évidemment, c'est bon signe - mais s'il monte trop et trop vite, c'est mauvais. Personne ne sait exatement pourquoi, on n'y comprend rien, mais c'est une comédie aussi rassurante que dénuée de fondement.