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29.02.2008

Solitude dans la foule

1789537046.jpgOn dit souvent que l'on vit dans une époque de communication. Tout le monde en parle comme si c'était une évidence indiscutable. Il y a même des gens pour qui le métier est celui de communicateur. Souvent ces mêmes gens disent des inepties et des banalités inqualifiables sur les ondes de la télé ou de la radio, mais, comme ce sont des communicateurs, ils sont presque intouchables. Aussi, ils continuent à sévir de jour en jour. Même chose avec les boîtes de communication: ce sont nos nouveaux groupes d'animateurs sociaux, ceux qui, par la technique de la langue de bois, endorment les masses et réussissent du même coup à camoufler la vérité, si jamais la vérité existe.

C'est en regardant les passagers d'un autobus que j'ai été saisi par cet étrange constat que chacun de nous est enfermé dans sa solitude malgré l'océan d'information et la multitude des moyens de communication qui nous entourent. Et il semble bien que l'ultime étape de cet isolement soit l'usage chronique d'un iPod ou autre baladeur.  Ainsi, je vois des gens qui écoutent la radio ou de la musique par l'intermédiaire de ces machines et qui semblent totalement absents de ce monde. Certains ados vont même jusqu'à bouger leur corps au son d'une musique que les autres n'entendent même pas. Une fois descendu de l'autobus, chacun suit son chemin tout en étant aborbé par ce qu'il entend lui seul, sans même savoir ce qui se passe à côté de lui.

C'est comme tout le reste: aujourd'hui, vous occupez un logement dans un immeuble où vous ne connaissez peut-être personne, alors que régulièrement vous communiquez sur Internet avec des Américains, des Français ou des gens à des milliers de kilomètres de chez vous. Paradoxe assez bizarre, convenons-en...

27.02.2008

File d'attente

948966146.JPGIl y a des moments où l'attente à la caisse enregistreuse d'un dépanneur peut mettre à l'épreuve la meilleure des patiences.

Quand, devant vous, il y a un client qui achète des billets de loterie à l'heure de pointe et qu'il se mêle ensuite de réfléchir sur les numéros à choisir, qu'il parle des différentes options offertes par le vendeur et que finalement il perd du temps à trouver la monnaie pour payer le montant juste, oui, il y a des moments où je deviens mauvais...

Ce qui me console, c'est le souvenir d'une dame âgée qui comprenait la situation: elle avait laissé passer les autres clients, sachant que l'achat de ses billets de loterie pouvait attendre quelques minutes... 

22.02.2008

Exploration du continent américain (1763-1846)

f2ebda831119c51497b0e405994d9585.jpgJ'ai longtemps lu la littérature d'ailleurs, ne voyant pas l'intérêt de la nôtre si jeune et si peu connue. C'est peut-être en grande partie parce que l'histoire des Canadiens - plus tard, celle des Québécois - n'est pas celle d'un empire mais bien celle d'une survivance.

À part les lectures obligatoires pendant mes études, rarement ai-je pris la peine d'explorer cet univers. Aussi n'ai-je lu qu'une partie de l'oeuvre de Félix Leclerc (eh oui, il a été écrivain avant d'être chansonnier) ainsi que des auteurs comme Yves Thériault (pour le fameux Agaguk), le contemporain Yvan Ducharme (L'Hiver de force, entre autres) et quelques autres comme Ringuet (Trente arpents) et le très nostalgique Menaud Maître Draveur de Félix-Antoine Savard.

8ff7f29ae947ae13da4a892fa9330f30.jpgC'est en m'intéressant aux Canadiens du XIXe siècle (la grande période de dormance suivant la conquête) que j'ai commencé à saisir leur esprit, leur allure et surtout leur importance. Peut-être est-ce dû au Journal de la première traversée du continent nord-américain (1804-06), édition établie et présentée par le Français (!) Michel Le Bris (éditions Phébus), qui a subitement déclenché cet intérêt. Il s'agissait du compte-rendu de l'expédition Lewis & Clark, commandité par le président Jefferson (à la suite de l'achat de la Louisiane à Napoléon), qui avait pour objet d'explorer le Missouri, de la ville de St-Louis jusqu'au Rocheuses pour ensuite se rendre au Pacifique avant de finalement revenir sur leurs pas. Une quarantaine d'hommes allaient alors à la rencontre d'Amérindiens dont la plupart n'avaient encore jamais vu de Blancs! Une énorme aventure dans laquelle des Canadiens (George Drouillard, Toussaint Charbonneau et quelques autres) ont joué un rôle de premier plan comme guides, chasseurs et interprètes auprès des Amérindiens. Franchement impressionnant comme programme, non?

J'y apprenais aussi, par cette lecture, que les agglomérations de Detroit et de St-Louis étaient à cette période de l'histoire principalement habitées par des Canadiens et que de ces endroits partaient souvent les explorateurs de l'époque suivant la Conquête. Voilà donc un espace encore libre - celui situé au-delà des Appalaches - où "chevauchaient" des hommes libres, indifférents aux disputes de frontières (puisqu'elles n'étaient pas toutes tracées définitivement), avides d'aventures et de nouveaux territoires. Cette Amérique me fascine énormément, vous l'aurez deviné. Non pas à la manière longtemps présentée par le cinéma américain de John Ford et autres, celui des cow-boys confrontés aux méchants Indiens, mais plutôt sous l'angle d'hommes rencontrant d'autres hommes et d'autres cultures, même si parfois les rencontres pouvaient résulter dans la dispute, sinon la violence.

a3b2dd852535e072786bb637783aa538.jpgPar ailleurs, l' émission diffusée sur la SRC de l'anthropologue Serge Bouchard (photo), intitulée De remarquables oubliés, a aussi contribué à ce nouvel intérêt. Par son travail, une partie de notre histoire revient en notre possession, ses travaux remettant en vie une partie de notre héritage patrimoniale quasiment perdue, faute de ressources pour préserver ces informations. Pas étonnant qu'une grande partie de ses travaux fait appel aux sources américaines, là où des Canadiens ont marqué l'histoire du continent pendant le XIXe siècle!

Le hasard fait bien les choses, je suis récemment tombé sur le livre de Benoît Brouillette, Pénétration du continent américain (1939), qui fait une sorte de résumé de l'exploration du continent américain, de la Conquête jusqu'en 1846 (date du traité Buchanan-Pakenham fixant les frontières  canado-américaines). On y parle de la traite des fourrures (1763-80) sur les rives des Grands Lacs et ailleurs vers le Sud et l'Ouest, des missions, des explorations des grandes rivières et des journaux français (Jean-Baptiste Trudeau et son Voyage sur le Haut-Missouri - 1794-96 et autres) tenus par les explorateurs.

C'est peut-être par ce parcours que je suis en train de me réapproprier non seulement mon héritage culturel mais aussi la littérature de mon pays. En tout cas, si j'avais le loisir de choisir une période où je pourrais vivre une autre vie, bizarrement je choisirais de retourner  dans cet espace-temps, quelque part entre le Missouri et la Californie, tellement tout cela me semble captivant.

ps: s'cusez d'avoir été si dissert aujourd'hui... Si vous saviez que je me retiens de ne pas trop en dire..., vous ne m'en feriez pas le reproche... ;)

 

21.02.2008

Le suicide au temps de l'adolescence

4597acb5314a2b587ef6031582db63cb.jpgOuais, le titre de ce billet est un peu fort, mais ça colle quand même. J'aurais aussi pu l'intituler "L'adolescence au temps du suicide américain", le terme "américain" étant gage de succès depuis quelque temps. Il suffit de l'accoler au bout d'un titre pour faire plus cool et chill. Moi-même je l'ai déjà fait dans ce blog... Tiens, j'aurais pu appeler ce blog, Le blog américain...

Quoi qu'il en soit, Tout est parfait, le film de Yves Christian Fournier, est de calibre pour un premier essai de long métrage. Du beau travail, en fait. Tout coulait de source. L'environnement du tournage correspondait à l'état d'âme du personnage principal, Josh (Maxime Dumontier), et le choix des teintes, quelque chose comme des tons gris mélangés à d'autres tons sombres servaient de cadre réaliste au déroulement d'une histoire dure et triste.

L'autre qualité du film, c'est que le réalisateur a su aborder la question adolescente sans sombrer dans le moralisme, le prêchi-prêcha ou les voeux pieux. Là où toutefois je l'ai deviné trop facilement (à ceux qui comptent voir le film, fermer un oeil), c'est dans le développement de l'intrigue (scénario de Guillaume Vigneault) qui ressemblait pas mal au classique et transcendant Ordinary People. Eh oui, le moteur du film s'appuie sur la culpabilité. La culpabilité du survivant, dirais-je... Il aurait peut-être fallu trouver une autre formule différente de celle choisie par Robert Redford, mais peut-être suis-je le seul à faire le parallèle. Ou encore, plus récemment, ce film de Sophia Coppola, Virgin Suicides et les suicides inexpliqués en série...

Ce film vaut tout de même le détour, surtout que la distribution mérite une mention spéciale. C'était pour ces acteurs un premier film, pourtant on dirait qu'ils avaient tous le cinéma dans le sang. Les deux acteurs principaux sont vraiment d'une classe à part, en particulier Dumontier qui perce l'écran comme pas un. Vous allez le revoir ailleurs, c'est certain.

Dernier bémol: l'accent choisi. Oui, c'est très réaliste, mais les autres francophones du monde vont fort probablement râler. Moi-même, j'ai dû tendre l'oreille pour saisir ce qui se disait. J'ai des réserves quant à cette recherche extrême d'authenticité. Il y a sûrement moyen de transmettre l'idée du langage télégraphique des ados sans devoir reproduire exactement, à la virgule près, les intonations (oh là, au moins daigner mettre des sous-titres au lieu de nous soumettre aux murmures!) et les raccourcis phonétiques pour rendre plus crédible une histoire qui l'est déjà passablement.

Ce film a été présenté en ouverture des Berlinales de cette année. 

 

18.02.2008

Les livres en attente

1367cae940db78a240e0ec4304a02bc7.jpgIl y a des livres pour lesquels on a la fièvre, qu'on achète et que pourtant on tarde à lire. Mon record à ce chapitre revient à l'essai du philosophe allemand Oswald Spengler, Le Déclin de l'Occident, une somme de la connaissance universelle servant à comprendre l'Histoire de l'Homme et des différentes civilisations qui se sont succédé. Toute une lecture exigeante que j'avais pris des années (je n'ose dire combien) avant d'en compléter la lecture. Le genre d'effort, d'ailleurs, que je serais surpris de renouveler, j'en ai bien l'impression.

Habituellement, j'ai quelques livres empilés sur une étagère et, au bout de quelques semaines, je finis par les lire, mais à vitesse variable. Quelques uns, effectivement, restent en attente pour de vagues raisons que j'ai souvent du mal à m'expliquer. Je leur jette alors un coup d'oeil furtif avant de me décider si c'est maintenant ou plus tard.

Puis, tout à coup, j'ai la nette impression que ça y est, et que ce jour-là est le bon. C'est comme si j'avais "imposé les mains" à ce livre pour comprendre que lui et moi étions rendu à "maturité" pour se rencontrer... Les quelques premières pages qui semblaient à  un moment difficile à lire deviennent tout à coup faciles et coulent de source.

C'est ce qui vient d'arriver avec le roman de science-fiction de Philip K. Dick, Le Maître du Haut-Château. Pendant des mois ce livre gisait sur une étagère, muet après autant d'attente et pratiquement prêt à être relégué aux oubliettes des livres rejetés, ce qui peut arriver à l'occasion. Et là, dernièrement, j'ai eu un déclic, aussi je savais que son heure était arrivée.

Aujourd'hui même, je le dévore systématiquement et il n'en restera aucune miette, à la vitesse avec laquelle je "liquide" cette histoire étrange et fabuleuse. L'idée de départ qui m'avait intrigué, celle que les Allemands et les Japonais avaient apparemment remporté la 2e Guerre mondiale, a eu le don d'attirer mon attention de nouveau.

Avec raison, tellement Dick sait me tenir en haleine une nouvelle fois! 

17.02.2008

Potins en bref

 411bdc97b9ca9f9dbe917769b65ab125.jpgd4e65735af211b48043acd4d795f4dd0.jpgbe6ea8674b975be971c87807a11b6419.jpg

Depuis sa séparation d'avec Chris Robinson, Kate Hudson est très heureuse.

Cameron Diaz et la vedette de Grey's Anatomy, Ellen Pompeo, luttent pour acheter le même appartement dans Manhatten. Mme Diaz, advenant qu'elle obtienne l'appartement convoité, y habitera seule, puisqu'elle a rompu avec Justin Timberlake en janvier 2007.

L’hôpital qui doit accueillir Jennifer Lopez pour la naissance de ses jumeaux a effectué un exercice « code rose » en cas d’enlèvement.

Voilà, je crois que c'est tout pour aujourd'hui. :) 

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Ah, j'oubliais, Tom Cruise et Katie Holmes forment le couple no. 1 dans le top ten hollywoodien... Dans une autre page people, il était pourtant dit que c'était Kurt Russell et Goldie Hawn... Faudrait savoir...

Là, je crois que j'ai tout. 

 

Céline à Soweto

245517ca64d9c9ada764b264e0e1b0b3.jpgLa star Céline, accompagnée de son époux et de son fils, a distribué de la nourriture aux enfants pauvres à Soweto. Toute une délégation de journalistes, photographes et cameramen les suivaient.

Exemple de titre dans un journal:

"CÉLINE DION

 Rejointe au plus profond de son être"

 

Essayer maintenant de critiquer Céline de quelque manière et vous passerez pour un sans-coeur. Belle machine que son organisation...

J'pus capable!

15.02.2008

Mon acupuntrice

Je n'aurais jamais cru parler de mon acupunctrice dans ce blogue, aussi de semaine en semaine je reportais cette idée aux calendes grecques. Sauf que de fois en fois, cette dame à l'âge vénérable ne cesse de piquer ma curiosité.

Elle est originaire du Vietnam (qu'elle semble prononcer "Riett'nam", comme si le "v" était absent de l'alphabet vietnamien) et elle a connu les affres de la guerre pendant l'occupation française, puis celles entre pro-américains et communistes. Elle a ensuite vécu l'expérience des boat people (l'Odyssée en mer, précise-t-elle le doigt en l'air, à la manière d'un Ulysse féminin), puis les camps de réfugiés avant son émigration au Canada. Il y aurait tant à dire, si je ne me contentais que de rapporter ses propos!

0ed601372bcd5af7faef8fc4ca903941.jpgQuoi qu'il en soit, cette semaine elle m'a parlé de politique canadienne. Je m'attendais à une opinion originale, fruit d'une longue expérience humaine, sauf que j'avais sous-estimé le poids des révolutions et des contre-révolutions chez cette dame. Elle me disait qu'elle avait beauuuuucoup d'estime (elle parle comme elle chante, dirais-je) pour M. Harper (le premier ministre canadien- voir photo), qu'elle trouvait qu'il était soigné de sa personne et qu'il était trèèèès poli. "Et il a beauuucoup de charisme, M. Harpeeer!", qu'elle ajoute. Eh ben, dis donc..., pensai-je...

Je ne pus m'empêcher de faire un commentaire: 

- Madame, M. Harper selon la rumeur porte une perruque!

- AAAAh! Il a bien fait! (comme quoi, M. Harper prendrait toujours la bonne décision).

Ensuite, elle me demande pour qui j'allais voter aux prochaines élections.2544547a1732acd05d6a7d6bceac030c.jpg

- Madame, puisque vous plantez les aiguilles dans mon corps, je dirais que je voterais pour M. Harper, que je lui lance avec un gros clin d'oeil.

- Trèèèès bon choix, monsieur Inukshuk (comme si elle n'avait pas vu mon clin d'oeil)!

J'aime bien cette dame. Qu'importe ses choix politiques, je connais suffisamment son passé et son implication dans la communauté vietnamienne (très dévouée pour ses semblables, autant outre-mer qu'ici) pour apprécier l'ensemble de son oeuvre.

14.02.2008

Un souvenir de Nelligan

f688ee45c797374cb29e4b2e8b79c22c.jpgAutant l'émergence de poètes québécois a pris du temps à éclore, autant les traces matérielles qu'ils ont pu laisser le sont davantage. Notre histoire coloniale et les difficiles conditions culturelles en sont en grande partie responsables. Pourtant, à la jonction du XIXe et du XXe siècle, nous avions en notre sein un tel talent répondant au nom d'Émile Nelligan, fils d'un père irlandais et d'une mère canadienne-française.

Vivre de sa poésie à cette époque était l'équivalent d'une traversée du désert. Peu de gens avaient la chance de faire leur cours classique, à moins de venir d'une famille fortunée. Et tous ceux qui venaient d'une famille aisée ne demandaient pas mieux que de devenir notaire, avocat, médecin ou policien. Que des professions libérales... Quant au lectorat, il faut en déduire qu'il était plutôt mince dans une société concentrée d'abord à sa survie matérielle.

Nelligan a vécu ces contraintes de front. Il avait ce rare talent de faire rêver avec des mots, sauf que son père, inspecteur des postes, voulait qu'il devienne "quelqu'un". Avant même d'avoir complété un premier recueil de poésie, son talent avait même été reconnu lors d'une soirée de l'École littéraire de Montréal, à la seule lecture publique de la Romance du vin.

Je ne suis pas féru de poésie, je dois l'avouer. Pourtant, je me rappelle avoir lu son Vaisseau d'or ou encore Soir d'hiver. À part le recueil de poésie, je me demande ce qu'il reste de tangible de ce poète génial mort-né (atteint de folie et interné jusqu'à la fin de ses jours). J'ai vu une plaque en son honneur, sur le devant d'une maison, indiquant qu'il avait déjà habité à cette adresse, rue Laval sur le Plateau Mont-Royal.

Un amateur de sa poésie, dans une entrevue à la radio, avait déjà dit avoir touché à quelque chose de familier à Nelligan. Il avait habité le fameux appartement de la rue Laval, avant que ça ne soit reconnu par le Patrimoine. Dans un moment de distraction, cet amateur s'était appuyé les coudes sur une tablette en marbre, au bord de la fenêtre du salon.

Tout avait peut-être changé dans cet appartement depuis le départ de Nelligan, mais, chose certaine, cette tablette de marbre avait sûrement été dans l'environnement quotidien de Nelligan...

11.02.2008

Propagande

fc88457e2a5004cf1d0e2274239eb75d.jpgJe suis toujours fasciné par l'évolution d'un mot à travers les âges. L'un des mots les plus importants de notre époque, le terme "propagande", a justement subi ce genre de transformation:

Propaganda provient du latin propagare, qui signifie simplement propager. D'abord appliqué au domaine religieux, comme le souligne d'ailleurs Bernays, le mot entre dans le vocabulaire politique avec la Révolution française: mais, typiquement, il désigne alors, de manière neutre, le fait de propager des doctrines ou des opinions et n'évoque pas la manipulation, le mensonge, la partialité et la tromperie. Aux XIXe siècle, par exemple, le dictionnaire Littré, après avoir rappelé l'origine religieuse du mot, rappelle son extension dans le langage politique où il désigne, simplement toute association dont le but est de propager certaines opinions. Littré définit d'ailleurs "faire de la propagande" comme le fait de tenter de propager une opinion, un système politique, social, religieux.*

On sait quel sens péjoratif on donne maintenant à ce mot, surtout à partir du XXe siècle, date àa partir de laquelle la pratique de la propagande comprend le plus souvent des demi-vérités ou, pire encore, d'énormes mensonges dans le but de convaincre la population d'appuyer certaines politiques. Les exemples à cet égard sont légions, pour ne pas faire un vilain jeu de mots.

Ce billet m'a été inspiré par le début de lecture de Propaganda, essai d'abord publié en 1928 par Edward Bernays (l'un des premiers agents de relation publique, pour ne par dire l'innovateur dans ce champ d'activité). Il vient de paraître en français (traduction d'Oristelle Bonis) chez Lux éditeur.

ps: le personnage de l'oncle Sam dans la reproduction ci-contre (inspiré du président Andrew Jackson) est un exemple des débuts de la propagande telle que nous la connaissons aujourd'hui. Le tristement célèbre ministre nazi Goebbels se serait apparemment largement inspiré des travaux de Bernays, ce dernier s'étant appuyé sur la psychologie des foules pour "édifier" ses théories...

* extrait d'une note de bas de page dans Propaganda 

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