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19.04.2008

Coïncidences II

perec.jpgTranche de vie survenue au boulot. C'est un collègue qui vint m'accoster:

- Inuk, vient voir, y a un type qui ressemble trait pour trait à Georges Perec!!

- Non, je ne peux pas y croire. Y a pas deux Georges Perec en ce monde... Franchement...

Il insista et me tira par la manche:

- Je t'assure, Inuk, c'est du solide. Faut que tu viennes voir ça!

- OK, je fais, de toute manière il faut que je fasse un détour par la machine à café, j'ajoutai.

Après quelques détours et une enfilade de corridors, nous arrivâmes à un cubicule où un employé s'affairait à remettre de l'ordre dans des dossiers épars. De dos, il a les cheveux frisés comme le grand écrivain. Un peu court et replet, mais ça s'annonçait plutôt bien. Mon collègue l'interpella:

- Alexandre, as-tu deux minutes?

Il se retourna et je vis alors une apparition miraculeuse. L'auteur de La Disparition et de La Vie mode d'emploi était devant moi, en chair et en os. Le type aux yeux globuleux et à la barbichette était une reproduction quasi-exacte du romancier, à n'en pas douter. Je le touchai et ensuite je me pinçai pour être sûr que je ne rêvais pas. Alexandre lèva les sourcils, se demandant ce qui se passait.

- Enchanté de vous rencontrez, Alexandre, j'espère que vous allez vous plaire dans cette entreprise.

Je regardai mon collègue puis je continuai:

- Hummm..., j'espère que nous ne sommes pas les seules personnes à vous faire cette remarque..., c'est que vous ressemblez vraiment à Georges Perec. Vous l'a-t-on déjà dit?

Il répond en bégaillant quelque peu. Pendant ce temps, j'avisai un livre dont les caractères étaient cyrilliques. Je t'interromps aussitôt.

- Mais je vois que vous êtes familier avec le russe, Alexandre, non?

- Oui, je comprends le russe, en ce moment je lis Crimes et châtiment dans la langue d'origine. Voyez-vous, je suis né de parents russes et j'ai été élevé en Allemagne...

Nous le remerciâmes de ces précisions et le laissâmes finalement à son travail. En  retraitant à nos postes, je continuai à parler à mon collègue:

- Je te remercie de m'avoir permis de rencontrer Georges Perec. Le déplacement en valait la peine, c'est l'évidence même. Et dire qu'un autre type, l'an dernier, ressemblait à Fiodor Dostoeïsky!!! Essaie d'imaginer la rencontre des deux sur le même plancher de travail!!!

C'est d'un air pensif et dubitatif que l'un et l'autre retournèrent à leur poste en se demandant quelle sera la prochaine coïncidence... 

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