26.11.2008
Nostalgie
J'ai longtemps été un grand nostalgique. Je cultivais le passé comme d'autres collectionnent des timbres... Ouais, l'image n'est pas vraiment inspirante...
Quoi qu'il en soit, la nostalgie sans retenue peut être malsaine. Pour vous dire la vérité, c'est quand j'ai lu l'oeuvre complète de Ste-Thérèse d'Avila que j'ai compris le piège à nostalgie. Je ne saurais comment vous rapporter comment elle expliquait en quoi consistait le danger de la nostalgie, mais je peux vous dire que dès ce moment-là j'ai été libéré d'un petit fardeau.
Le fardeau des "si" et des "peut-être que". Le fardeau des impossibles futures et le refus du présent.
"Et si elle n'était pas morte!"
Maintenant je fonctionne plus en phase avec le présent et un peu plus en fonction de l'avenir. Mais il m'arrive encore des bouffées de nostalgie. Les épisodes ne sont pas trop longs mais peuvent être de bonne intensité. Ils arrivent comme une locomotive et me traversent le corps.
Sans pitié.
Et des images se passent dans ma tête. Je vois des visages et j'entends des mots. Il m'arrive de serrer les poings ou d'avoir la gorge serré. D'autres fois c'est une sorte de bonheur étrange et irréel. Et là je plane carrément.
Dans ces moments-là, je relirais Richard Brautigan ou Chateaubriand. Drôle d'association me direz-vous.
Ou j'écoute une toune pop ultra connu. My immortal. Bonne journée à mes visiteurs.
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Commentaires
"Le piège de la nostalgie". Pour un piège c'est un piège et sa gueule est grande ouverte pour y accueillir ceux qui se croient plus sensibles que les autres, ceux qui confondent sensibilité et sensiblerie, ceux qui se délectent d'immobilisme et de cocooning, ceux qui se laissent guidés par de l'émotion ou des humeurs.
Tiens, je me donne l'impression à la relecture que j'ai l'air fâché ! C'est vrai, un peu. Fâché contre ces modes qui remplacent le bonheur par le rêve et le possible par l'espoir. La nostalgie subie, protectrice, réconfortante est à piège à faibles. La regarder de haut comme un souvenir, un temps passé, à froid, c'est savoir et mémoire et c'est bien suffisant.
Plus fâché du tout maintenant :-)
Ecrit par : Claudio | 26.11.2008
Dites donc ça cause bien ici ;-)
"Ils arrivent comme une locomotive et me traversent le corps".
"Ces modes qui remplacent le bonheur par le rêve et le possible par l'espoir".
Et cette chanson, intitulée Immortal.
Le rapport au temps, une fois encore, exprimé par un prisme, en l'occurrence celui de l'assaut des souvenirs anciens, peut-être de l'ennui, peut-être une certaine tristesse. Un assaut auquel sans le savoir on laisse la place, peut-être par peur du maintenant, par crainte de l'avenir. Grande balancelle du temps de soi, hamac incertain, poupée de cire qui dit oui, qui dit non.
La nostalgie, je me disais en vous lisant, c'est finalement comme beaucoup de choses : trop, c'est un piège, une addiction.
Un peu, c'est sans doute inévitable.
L'équilibre trouver...
Ecrit par : Didier | 27.11.2008
Didier, c'st le gars qui ramasse les lauriers !
Je m'explique.
Dans toutes les réunions, ça cause, à droite, à gauche, bien mal, beaucoup. Depuis le début, y'a un gars qui n'a rien dit.
A la fin, il offre deux phrases de synthèse de la réunion sans aucune idée nouvelle. Mais cette synthèse apparait limpide à chacun.
Ce gars-là c'est Didier. D'ailleurs, dorénavant j'exige qu'on dise "un Didier" pour bien s'imprégner de son rôle.
Chacun se sent flatté parce qu'une partie de ce qu'il a dit est repris dans la synthèse. On y voit plus clair. Et on a préservé la paix sociale.
Il est fort ce Didier. C'st normal, c'est un Didier.
Ecrit par : Claudio | 27.11.2008
@ Claudio,
Oui, la nostalgie peut être un grand piège, sauf que certains individus sont franchement plus sensibles que d'autres. Ce sont ses victimes préférées.
Ces souvenirs s'abattent sur vous pour vous rattacher encore au passé. Comme tu dis, il faut tenir la laisse assez serré pour ne pas se laisser envahnir indûment.
@ Didier,
Eh oui, toujours le mot rassembleur et sympathique. Et authentique, bien entendu.
La nostalgie comme peur du présent, c'est probablement ce qui constitue une forme de remplacement de la réalité.
Un chant de sirène irrésistible parfois...
Ecrit par : Inukshuk | 27.11.2008
@ Claudio : de ces lauriers faisons des tresses ;-)
@ Inuk : irresistible et terriblement vertigineux, même. J'en connais quelques unes autour de moi qui sont comme nées dans le bain de la nostalgie, nourries à son lait. Je m'aperçois, en écrivant, que je "féminise" le propos. Est-ce à dire que les gars cachent mieux leur nostalgie ? ;-) En tout cas, ils l'expriment moins, je trouve.
Ecrit par : Didier | 27.11.2008
je ne crois pas que les gars cachent mieux leur nostalgie , elle s'exprime différemment ...
oui , elle peut être un piége , comme tu le dis Inuk , les et si mais elle peut aussi à petite dose cotériser , permettre de faire le deuil , surtout dans le cas de la perte d'une personne aimé ...parfois on peut se permettre de se laisser aller à la nostalgie pourvu qu'elle n'envahisse pas tout , du moins il me semble ...
C'est certain que tout est dans l'équilibre , comme le dit Didier , le juste dosage , elle est peut-être un"mal " nécéssaire ...
en tout cas j'aime ce texte , et la pop de la fin , aussi ...
Ecrit par : helenablue | 27.11.2008
Ah ! autre chose ... j'aime ces arbres en fleurs ... il évoque le printemps ... l'avenir , la douceur de vivre , le renouvellement ...
Ecrit par : helenablue | 27.11.2008
@ Didier et helenablue,
L'observation de Dider sur la nostalgie, telle que vécue par les hommes, m'a fait réfléchir. J'ai déjà touché du sujet avec des "chums" et rarement ai-je entendu de leur part que ça les préoccupait. Il y a même un qui avait comparé la nostalgie à son gros orteil!
Il m'arrive de croire que beaucoup d'hommes n'ont même par cette "connexion" neurologique du souvenir. Tous ceux que j'ai connus vivent bêtement dans le présent et quelquefois ils sont capables de se projeter dans le future. Quant aux souvenirs et autres trucs nostalgiques, c'est comme si je leur parlais en martien.
Fascinant.
@ helenablue,
Oui, quand j'ai trouvé la photo des arbres fleuries en pourpre, j'ai réellement flashé. T'as du goût! (comme moi...)
Ecrit par : Inukshuk | 27.11.2008
Cher Inuk
Si je peux me permettre cette comparaison « boiteuse » :
Quand on se heurte à trop de nostalgie, ça peut être très douloureux, mais quand on se cogne sérieusement le gros orteil, ça peut faire aussi très mal (et on peut effectivement se mettre à boiter - comme ma comparaison…)
J’abonde dans le sens de Didier, tout est question d’équilibre. En fait, une dose de nostalgie de temps à autre peut même faire du bien : cela nous rappelle que nous avons vécu de beaux moments. L’important bien sûr, c’est de continuer à en vivre de nouveaux. C’est drôle mais maintenant, j’ai un peu la nostalgie de nos grandes conversations sur la nostalgie… Mais juste un peu, bon, juste assez :)…
En passant, ça me fait penser à la belle citation du film Kung Fu Panda que j’ai vu récemment avec ma fille (elle adore ce film!). «Hier, c'est du passé, demain c'est un mystère, et aujourd'hui est un cadeau, c'est pour cela qu'on l'appelle le «présent»; alors vivons le intensément!»
Ecrit par : D Rimeur | 28.11.2008
Cher D Rimeur,
Je ne suis pas une personne équilibrée. Je suis un passionné qui assume ses hauts et ses bas. Tu dois en avoir une bonne mémoire, n'est-ce pas?
Quand je serai une vieille chose et qu'un gosse me demandera ce que j'ai fait dans ma jeunesse - pour paraphraser le général Patton qui faisait de l'ironie sur les planqués: "Fils, je charroyais de la merde en Louisiane!" - eh ben moi je dirai que j'ai animé de chaleureuses discussions au coin du feu dans l'Ouest canadien. Hé, hé!
Pour la pensée de Kung Fu Panda, je pense que c'est trop raisonnable.
Sacré D Rimeur! Tes commentaires me remettent de l'adrénaline dans le sang! ;)
Ecrit par : Inukshuk | 28.11.2008
"dans l'Ouest canadien. Hé, hé!"
inuk, mais je te croyais à montréal???
Ecrit par : hoplite | 28.11.2008
D Rimeur faisait allusion à l'époque où nous travaillions dans l'Ouest canadien. Époque révolue depuis longtemps.
Je suis bel et bien à Montréal et D Rimeur, pas trop loin, à deux heures de route. ;)
Ecrit par : Inukshuk | 28.11.2008
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