31.12.2008

Méli-mélo + suite de l'empire inukshukien (II)

Eh oui, c'est sous le coup de l'émotion que se termine l'année 2008, tant j'ai connu des moments intenses sur ce blogue que sur ceux des autres. Si vous me demandez de faire un bilan, je vous réponds derechef que j'en suis incapable. Trop complexe de rendre de manière ordonnée ce mélange extraordinaire de rencontres cybernétiques et des sensations qui en découlent. C'est comme ça.

De toute manière, des bilans, j'en fais hebdomadairement pour mon propre compte, alors en ce qui concerne la durée de toute une année, c'est comme mettre en ordre des pâtes dans un macaroni. Un exercice complètement inutile, aussi bien le dire en ces termes.

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Anecdote puisée dans la réalité:

Ça se passe durant une réunion familiale du temps des Fêtes. Un oncle me dit aimablement - et sans arrière-pensée - que j'ai l'allure d'un politicien. Je lui réponds que j'aurais été plus flatté s'il m'avait comparé à un vendeur de voitures d'occasion.

- Ah mais c'est pas une mauvaise idée, qu'il me rétorque avec un grand sourire.

- Hé, hé!

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Un petit mot sur une pub visant à promouvoir l'utilisation des laptops par les enfants du tiers-monde. Remarquez que je n'ai rien contre cette manoeuvre - quoique... - mais s'il faut utiliser un mort célèbre pour faire cette promotion en se servant d'une technologie cybernétique sophistiquée, cela me lève le coeur. C'est la veuve de Lennon, Yoko Ono, qui a accepté l'idée de cette promotion débile. Ça me fait gerber. Et vous?

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Je préfère poursuivre le filon de l'empire inukshukien, quand bien même ma réputation de blogueur sérieux risque d'en prendre pour son rhume. C'est les risques du métier. Allons donc dans l'aventure délirante inukshukienne...

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En ce qui touche la IWC, c'est une autre affaire. Voilà quelque chose d'autrement plus important. Parce que voyez-vous, dans cette affaire, il n'y pas seulement moi, Inukshuk Iier, mais des actionnaires qui demandent du rendement. De gros rendements.

Et du rendement, je leur en donne. Du vrai, pas du toc à la Madoff. Des chiffres? C'est confidentiel, à moins d'être actionnaire. Oui, je sais, ce n'est pas facile. Des actions, j'en mets en vente sous le seau de la confidence. Pourquoi? Parce que tout le monde se les arrache. Prenez un numéro, je fais du cas par cas, rien d'autre.

Ah si vous saviez comme c'est jouissif de mener le jeu... On cogne à ma porte et on se fait si hyper-gentil avec moi pour essayer de s'introduire dans le conglomérat ICW, tellement que c'est presque gênant de les voir tous se comporter en courtisan. De grâce, un peu de retenue. C'est pour cela que j'ai retiré l'adresse cybernétique de ce blogue. C'est trop difficile de dire non, voilà, c'est dit!

Passons maintenant aux choses sérieuses. Par pure bonté, j'ai décidé de diffuser une autre partie du rapport annuel ultra-secret de l'entreprise multi-nationale ICW. La lecture de ce rapport a eu tout simplement l'effet d'un électrochoc sur moi. C'est décidément un collaborateur de premier plan qui a rédigé cette note. Et j'ai voulu partager avec le RDM (reste du monde) le fruit de cette réflexion dans un pur but purement humaniste. Eh oui, je partage les secrets de ma réussite avec qui est prêt à réfléchir sur la mienne démarche et celle de mon équipe de collaborateurs. C'est cela le nouvel humanisme. Sans calcul. Gratuit. La main tendue, rien de moins. J'ai presque la larme à l'oeil pendant que je rédige cet avant-propos. C'est ainsi que je suis. Une âme sensible qui s'enflamme à la moindre émotion. C'est rare.

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D'abord, dans un premier temps, j'avais escamoté le tableau des acquisitions américaines de l'empire inukshukien dans le seul but de ne pas faire de jaloux. Mais là, je balance la carte de la région et advienne que pourra. Je le rappelle, les zones colorés sont des zones conquises.

amérique du nord.jpgQu'est-ce que ça dit? L'Amérique du Nord m'appartient complètement. Sauf le Mexique. Bof, ils n'ont pas de pouvoir d'achat. Qu'est-ce que j'en ai à foutre des péquenots de Mexicains? C'est bien suffisant de les importer pour cueillir les récoltes de produits maraîchers en automne. Ils sont déjà bien contents d'avoir accès à une portion de notre prospérité. On leur apprendra bien tôt ou tard à consommer et à travailler comme des caves afin de faire partie de la grande foire occidentale. C'est ainsi que nous sommes sortis de la crise de 1929 et c'est ainsi que le monde fonctionne depuis lors. C'est pas compliqué.

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Autre extrait du rapport:

asie.jpg

(...)

Ah l'Asie! Que de rêves ont eu d'anciens rois, empereurs et autres conquérants sur ce continent après les Alexandre le Grand, Gengis Khan, Tamerlan et autres. Ils n'avaient pas compris que la victoire, la seule qui compte, c'est celle touchant le coeur des consommateurs par l'intermédiaire des kits magnifiques. Surtout les kits inukshukiens, on en conviendra.

Présentement, nous avons une solide présence en Iran et aux Indes. Ce dernier marché populeux est d'ailleurs très prometteur. Une fois les Indes absorbées dans l'empire inukshukien, tout l'Asie du Sud-Est devrait suivre sans maugréer. C'est l'effet domino, bien entendu. Il restera alors la Chine, autrefois appelé l'Empire du Milieu, pour que le continent ne devienne inukshukien dans son entier. (Parce que le cas de la Russie, c'est déjà réglé, j'y reviendrai.) C'est d'autant plus vrai que le Japon est déjà entré dans notre coalition, celle du Bien et de la Consommation, deux articles très importants de la foi inukshukienne. Le Japon, que nous ne voyons que très partiellement dans le tableau à droite ( située à l'extrême droite dans le tableau), a été intégré dans notre empire par l'entremise des conglomérats électroniques et sub-atomiques. Faisant maintenant partie de nos alliés naturels, ils servent de bouclier contre la Chine, advenant le cas qu'elle aurait voulu s'étendre plus à l'Est et trouver un partenaire pour contrer l'aventure de l'expansion inukshukienne. Autrement dit, le flanc droit est protégé.

Tableau annexe: expansion asiatique.

asie-1.JPGLa phase d'expansion asiatique sera forcément la plus critique de la croissance inukshukienne. C'est vraiment à cette époque historique de cette croissance  commerciale que tout va se décider. Il faudra que tous les fronts accessoires (Amérique et Europe en particulier) soient dans une position stable pour que le processus asiatique se passe dans les meilleures conditions. Nos agents de marketing devront porter une attention toute spéciale à la tradition culturelle de ce continent qui n'est pas encore américanisée de manière suffisante pour un blitz commerciale de l'envergure que nous voulons lui donner. Doit-on miser sur le temps - l'osmose des régions périphériques, celles qui auront adopté naturellement le mode de consommation nord-américain sans réchigner - ou sur l'effet coup de massue d'une publicité tous azimuts pour stigmatiser les modèles de consommation recherchés? Voilà deux voies de réflexions sur la marche de la conquête asiatique. Plus haut, un tableau de la progression géographique des marchés du sud-est asiatique, à  partir des bases commerciales déjà en fonction.

(...)

À suivre, si jamais il y a une suite...

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Je sais que c'est très débile que cette aventure inukshukienne. Promis, j'arrête les frais ici et je retourne à ma marotte tranquillo de commentaires sur la littérature, l'histoire, l'actualité et autres balivernes du quotidien.

Et surtout, bonne année à tous mes valeureux visiteurs!!!!  ;)

 

 

 

29.12.2008

Les coups de gueule de Grand François

J'ai passé les dernières heures à écouter les clips de Grand François. Un coup de gueule après l'autre, tout cela dans un langage coloré. Un véritable festival d'humour et de lucidité. Quelques excès? Bof.

Faites "Grand" + "François" sur Dailymotion et laissez-vous bercer par son propos. Ne manque que du pop-corn. Tout à fait délicieux.

Je vous passe celui sur Madoff. (Et après, essayer de lire sérieusement votre journal. Hilarant. Je me marre.)


Allez hop! un autre coup de gueule:

Info supplémentaire sur Grand François (tiré du blogue Mange-ta-soupe (Et tais-toi)):

Il a travaillé comme chef-opérateur sur beaucoup de films documentaires dans le monde entier de 1966 à 1990 avec Frederic Rossif et Francois Recheinbach dont il a été l'assistant dans les années 70-80. Un de leurs films, sur Rubinstein je crois, a décroché un oscar à cette époque.

Je crois qu'aucun n'existe en DVD en France pour le moment.

Le film le plus connu reste HOUSTON TEXAS (1981) sur un condamné à mort. Il passe de temps en temps sur Cine-cinemas et Arte. GF a également été l'assistant d'Orson Welles sur ses derniers projets dont F FOR FAKE (vérités et mensonges 1974) sorti en DVD (à checker sur Amazon).

Il a également écrit plusieurs scénarios tournés par d'autres et réalisé un film en 1994 avec Annie Girardot et Laure Marsac "Une journée pour Rien". Pas la peine de le chercher, il n'est jamais sorti. Peut-être qu'un jour, je le diffuserais ici allez savoir...

28.12.2008

L'empire inukshukien

Iiiicccchhh..., je prends le risque de publier un extrait d'un truc que j'ai écrit ce week-end. J'avais le goût de me conter des histoires. Je prends la peine de le préciser, juste au cas où on s'inquiéterait de ma santé mentale.

C'est donc un nouvel épisode d'une nouvelle aventure, celui de L'empire inukshukien. Très influencé par mes anciennes lectures de Philip K. Dick et du plus récent Vonnegut... Hé, hé!

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Extrait d'un rapport écrit par un haut responsable d'une agence mondiale, l'Inukshuk World Corporation (IWC).

Après un an d'activité l'empire inukshukien (et son marché) semblent très dynamiques. La recette de notre formidable succès est somme toute assez simple: il suffit d'envoyer des représentants sur place, pourvus d'un kit de démonstration, et, du coup, des floppées de nouveaux adhérents deviennent des distributeurs des produits IWC. Du coup nous élargissons le marché des statuettes Inukshuk ainsi que de leurs accessoires et autres sous-produits (magazines, t-shirt, tuques, mouflons et j'en passe de plus belles).

Voici l'état actuel du marché:

(...)

europe.jpg

Après l'Amérique du Nord dont nous maîtrisons le marché dans sa presque totalité, il y a bien sûr l'Europe de l'Ouest où la France sert de point de chute principale. C'est à partir de la France que notre conquête des marchés a commencé. Voici un tableau ci contre.

À partir de ce territoire, nous comptons élargir notre clientèle de manière centrifuge. L'effet de masse aura progressivement contribué à l'expansion des marchés. C'est ainsi que nous avons pénétré  le marché de l'Est par le corridor austro-hongrois. La Bulgarie et la Grèce font maintenant partie de nos nouveaux territoire et seront la base d'un futur marché du bassin méditerranéen. Avant cela, nous devrons faire la conquête de la péninsule italique. Une entreprise qui s'annonce facile. "A walk in the park", pourrait-on dire. Voir tableau ci-bas:

europe-1.JPG

Entretemps, nous dépêcherons quelques détachements pour compléter la conquête de la Scandinavie où nous avons déjà une porte d'entrée en Suède, grâce en particulier à une entente d'autonomie particulière, cela afin de faire alliance avec les PDGs d'IKEA, une grande entreprise qui a fait ses preuves dans le marché du kit.

Aussi bien prendre pour acquis que le territoire européen nous appartiendra en totalité tôt ou tard.

27.12.2008

Aronovsky, Rourke et Tomei...

Je vais encore au cinéma, sauf que je deviens de plus en plus sélectif. J'y vais de plus en plus selon mon intuition. Les critiques? Je lis le dernier paragraphe - là où le critique ordinaire fait son appréciation finale - et j'y ajoute ou enlève de la valeur selon le nom du chroniqueur.

Et, la plupart du temps, ce truc marche... Hé, hé!

L'autre solution, c'est d'aller voir un film que je sais n'être que très passable. Je me pointe alors dans une salle à un dollar. Juste pour l'atmosphère anonyme, banal, ordinaire, légèrement désespérant et quelque part émouvant. Cette clientèle paumée + le film valent tout un cinéma en lui-même.

De temps en temps, par ailleurs, je ne lis aucune critique. Quand je vois Darren Aronovsky (π, Requiem for a dream) comme réalisateur d'un film mettant en vedette Mickey Rourke (Pilier de bar/Barfly, Rumble Fish) et Marisa Tomei (My Cousin Vinny, Before the devil knows you're dead), je suis preneur. J'achète les yeux fermés.

The Wrestler, apparemment, c'est l'histoire d'un anti-héros qui trouve un moyen de se racheter pour de bon. Et comme Mickey Rourke a vécu cette résurrection dans sa propre vie, vous voyez ce que je veux dire?

Tous, nous tombons sous l'assaut du quotidien, la plupart se relèvent. Moi, je me relève encore. Et c'est pourquoi je vais aller voir, les yeux grands ouverts, The Wrestler...


26.12.2008

Humour noir

Tenez le coup, nous en sommes à mi-chemin du temps des Fêtes.

Un peu d'humour noir pour ne pas lâcher. Une suggestion de film, 13 Tzameti. Le meneur de jeu est un acteur formidable:

Ou encore une réflexion encore d'actualité tirée de Network (de Sydney Lumet) en 1976... Toujours vrai: Il n'y a plus de peuple, ni de nation. (...) Il n'y a qu'un seul unique sacro-saint système de système (...), la domination par le dollar (...) Voilà ce qu'est l'ordre "naturel" des choses aujourd'hui. (...) Il n'y a pas d'Amérique, il n'y a pas de démocratie. Il y a seulement IBM, ATT et ITT, que Dupont, Exxon et Unioncarbide. (...) Le monde est un saint-collège de corporations (...)"

Miam-miam.

 

24.12.2008

Hier et aujourd'hui

k vonnegut.jpgLittérature d'aujourd'hui, littérature d'hier... J'ai toujours été en retard. Je suis venu peut-être au monde à temps, mais par la suite j'ai toujours été en retard.

Je suis fondamentalement et pour toujours en retard. Sur tout. Voilà une autre bonne question de réglé.

Pas grave.

Au moins, en matière de littérature, il n'y a pas d'aujourd'hui et d'hier. La littérature est de toujours. Et le dernier auteur qui se classe dans cette catégorie, c'est Kurt Vonnegut. Vonnegut me parle des États-Unis des années '70 mais on dirait qu'il me parle des États-Unis dont je suis témoin aujourd'hui. Tout ce miroir aux alouettes, cette parade de politiciens et d'hommes d'affaires corrompus, la cupidité et l'avidité de l'Américain moyen, tout cela est l'éternelle Amérique que l'on connaît de toujours. Voilà le sujet de Gibier de potence. Tout cela enrobé d'un humour rare, absurde et loufoque. Je n'arrête de me dire à moi-même: Il est con ce Vonnegut, mais il est génial ce Vonnegut!

Je le connaissais pas. Et dire que j'ai failli passer à côté. Et j'aurais manqué un rendez-vous presque essentiel.

Je le lis et tout à coup je me rends compte que le dernier paragraphe est énorme. Un autre auteur que je me sens incapable de lire d'un trait le livre ou le roman. Mais de toute manière je suis de plus en plus comme ça: je lis un peu et puis j'ai besoin de regarder par la fenêtre. Là, je laisse la phrase m'envahir tranquillement. Dans une phrase, il y a souvent un livre.

Quelques extraits:

Et c'était vrai. Il allait tout simplement se monter un troisième coup à la Ponzi - une fois encore proposer de faramineux taux d'intérêts aux imbéciles qui allaient l'autoriser à disposer de leurs fonds. Et une fois encore aussi, il allait se servir de la plus grande part de cet argent pour s'acheter propriétés, Rolls-Royce et autres bateaux de course. (...) Et lui, encore et encore, il userait de leur argent pour aussitôt verser de plus en plus d'intérêts à tout le monde - et ainsi de suite. (...)

Avec ma pauvre compréhension de l'économie politique, j'en viens même à penser que toutes les réussites en matière de gouvernement sont, de fait, des combines à la Ponzi. Où l'on accepte d'énormes emprunts en sachant que jamais on ne sera en mesure de les rembourser.

Ou cet autre allant dans un sens d'absurdité poétique:

Je le félicitai d'avoir appris le chinois, il me répondit qu'il n'en serait plus capable aujourd'hui.

- J'en sais trop. Enfin, je veux dire qu'à l'époque j'étais trop ignorant pour me rendre compte de la difficulté de la chose. Tenez, pour moi, apprendre le chinois, c'était comme de se mettre à imiter les oiseaux. Vous voyez, on entend un oiseau qui piaille et allez! on essaie de reproduire le son et puis on voit si l'oiseau y a cru.

Joual-vert de manière de parler de l'apprentissage d'une langue, non?

Tout cela dit sur un ton genre Vous en faites pas, j'suis complètement givré mais je me soigne. Voyez un peu dans cet autre exemple de discours déjanté, en début de chapitre cette fois:

L'hôtel Arapahoe: j'y étais déjà allé une fois - à l'automne Mille Neuf Cent Trente et Un. À cette époque le feu n'avait pas encore été domestiqué. Albert Einstein avait certes prédit l'invention de la roue mais était toujours incapable d'en décrire en termes compréhensibles à monsieur et madame tout le monde aussi bien la forme probable que les usages possibles. L'ex-ingénieur des Mines, Herbert Hoover, était président. La vente des boissons alcoolisées était illégale et moi, j'étais à Harvard, en première année.

Débile solide. Très beau aussi. Et c'est comme ça de page en page. L'homme s'y décrit comme un être totalement imparfait, se foutant bien d'être parfait d'ailleurs. Il ne fait donc pas cachette de sa réalité et il se contente de la réexprimer par sa vision du monde. Vonnegut comme un satiriste, oui je veux bien, mais aussi comme un poète-raconteur de la modernité. En toute sobriété et toute candeur.

Pure beauté littéraire. Bravo. En retard comme d'habitude... ;)

23.12.2008

Maintenant ou jamais

Blue dans son dernier billet avait posté la chanson de Françoise Hardy où l'on peut la voir se promener entre des reproductions de Charlot. Charlot, son chapeau melon et sa canne. Quel personnage!

Ça m'a fait penser à cette photo classique que j'adore:

charlotkid.jpgTout le monde l'a au moins vue une fois, cette photo. Et quand je la vois, je reste un peu éberlué comme si je cherchais à y trouver un nouveau sens. Immanquablement, cette photo me transperce le cerveau.

Un clown et un gavroche.

Un homme mûr et un gamin.

Tous les deux désoeuvrés.

Le regard neutre.

Ça, c'est du rentre-dedans sans compromis.

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Je me suis déjà intéressé à la photo. Connaissais un type qui se préparait à en devenir un. Et il l'est devenu. Il me prêtait tout son équipement. Son labo, ses bacs, ses lentilles, son agrandisseur, ses filtres, son Pentax, etc. Tout le bataclan. J'avais juste à acheter mes négatifs et le papier argenté.

Et l'inviter de temps en temps au resto avec sa blonde, une sacrée Polonaise baraquée... Hé, hé!

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Ça me disait quelque chose, la photo. Un jour j'ai photographié des gamins assis sur un perron de béton, dans l'entrée d'un aréna. J'ai tout de suite pensé à la photo de Charlot. Je ne leur avais demandé que deux choses. De regarder la caméra et, pour l'autre cliché, de regarder en avant. Ils l'ont fait sans discuter. De braves gamins pleins de bonne volonté. Ils avaient de bonnes gueules. Clic-clic et voilà les deux clichés pris.

charlot-1charlot-2

Mais c'est du boulot, la photographie. Ici ce ne sont que les photos passées sur mon scanneur mais pour bien faire il aurait fallu retravailler tout cela, reprendre les négatifs et refaire des développements. Surtout retravailler en particulier les foutus contrastes, les tons de gris, la composition et tout le reste.

Un photographe, c'est quelqu'un qui accepte de travailler avec plein d'accessoires et qui aiment se concentrer sur d'infinis détails. C'est ce jour-là que j'avais pensé que j'étais pas taillé pour autant de discipline.

Salut Dan!

 


Découvrez Ricky Nelson!

 

 

22.12.2008

Je blogue, donc je pense

plume.jpgC'est pendant mon round-up (tournée) quotidien de blogues que j'ai croisé le billet intéressant de Didier où il signale l'article du grand blogueur Andrew Sullivan sur l'activité blogueste. C'est fou comme l'info déboule à la vitesse grand V sur le Net.

Didier-Blogalaxie (Le Monde)-blog d'Andrew Sullivan sur The Atlantic.

http://lecanarducoin.blogspot.com/2008/12/bloguer.html

Tout va vite et tout s'interconnecte à une vitesse sidérale. Dire qu'étant gamin, j'avais appris à taper sur une vieille machine à écrire Royal sous les soins d'une parente attentionnée. Refais-moi cette page une autre fois. Sans fautes, Inuk! Une frappe sur une feuille blanche, un mot, un paragraphe, une page - enfin -, et zip! la feuille qu'on retire du rouleau, puis on recommençais avec une autre feuille... C'était long longtemps.

J'ai commencé ce genre d'activité, le blogue (contraction de web et de log), pour donner une autre dimension à mon écriture, si jamais mon écriture a une dimension...

Forcément, tenir un blogue, c'est non seulement écrire mais aussi accepter de parler de soi. Alors le blogue c'est un autre alter ego, un autre soi, une sorte de compromis qu'on a choisi entre ce que l'on sait de soi, ce que l'on pense en savoir du moins, et ce que l'on veut projeter tout en étant le plus honnête possible.

Et même quand on parle d'un sujet qui n'a pas au premier abord de lien avec sa personne, il reste que la seule manière de l'aborder en révèle sur soi et sa manière de voir les choses. On n'en sort pas: je blogue, donc je pense... Ou l'inverse, je ne suis plus sûr de rien...

Mais il y a aussi l'excitation de savoir que tout le monde peut lire ce qu'on écrit. Sur toute la planète. Hallucinant. Je peux être lu à Singapour, ne serait-ce que par le pur hasard d'un moteur de recherche. J'ai déjà eu un lecteur de Jordanie sur mon blogue!!! (Une seule fois, bien évidemment...) Il faudrait bien que je parle des mots clé qui m'amènent des visiteurs... Hé, hé!

Cela, combiné à la quasi-complète liberté éditoriale et à l'heure de tombée de son choix, contribue à considérablement ouvrir les vannes pour le meilleur et aussi pour le pire.

Une grande part d'instantanéité et une bonne portion d'exhibitionnisme sont donc partie intégrante du phénomène. Assez explosif comme concept. Est-ce que tout le monde peut être à la hauteur de ces larges balises???

Je rejoins là une préoccupation de magwann sur le sujet.

Mais c'est peut-être le prix à payer pour étendre son réseau de connaissances (personnes et notions tout à la fois)... C'est aussi le risque d'être jugé par d'autres blogueurs, quand bien même cela se fait le plus souvent sous le couvert d'un pseudo. Peu importe, c'est comme ça que ça se passe en société, qu'on le veuille ou non. Moi aussi je juge. Pas mieux que les autres, tsé!

Il reste la question de l'impact de l'activité blogueste, puisque l'activité elle-même ne risque pas de disparaître de sitôt. Les gens, autrefois, passaient d'un lieu à un autre tout en étant disponibles sur place. Il n'y avait pas, il me semble, de distance avec leur environnement immédiat. Le contact de l'Homme avec son environnement était fait d'une manière entière. Directe.

Aujourd'hui, dirait-on, on se déplace d'un lieu à un autre en pensant à son écran d'ordinateur. C'est comme si on n'était plus entièrement disponible avec son environnement. Je parle pour moi bien sûr.

Mais on dirait que l'homme contemporain est devenu un satellite de la planète blogue, comme si on n'était qu'en transit, de passage d'un ordinateur à l'autre, alors qu'autrefois - c'était hier, bordel! - il était un citoyen à part entière, que ce fut sur la place publique, le perron d'une église ou encore sur le plateau d'une émission de télé ou d'un talk-show.

Le blogue comme outil faisant partie d'une communication essentielle du quotidien? J'ai bien peur que oui. Et ce sera de plus en plus le cas.

Est-ce que la prochaine destination d'une personne sera davantage l'emplacement d'un ordinateur qu'une destination purement géographique? Si je vais à Londres Toronto demain, l'une de mes préoccupations sera de savoir où se trouve un cyber-café. Et ainsi de suite pour chacun de mes déplacements. Le Blackberry n'est qu'une autre manifestation de cette tendance. Un épiphénomène, si vous préférez. "Ai-je quelque chose dans ma messagerie?"  On en regarde même plus sa boîte aux lettres...

C'est moi, c'est moi, c'est moi qui suis rendu comme ça... ;

 

 

21.12.2008

Dans mon igloo

On annonce une tempête aujourd'hui. 20 cm de neige et des rafales. Faque je me suis installé pour lire un Kurt Vonnegut. C'est en passant chez Swann que j'ai eu cette idée d'explorer l'univers de Vonnegut, un écrivain que je ne connais pas encore. S'est fait connaître, si je ne m'abuse, avec Abattoir 5, son expérience des camps de concentration nazi.

vonnegut.jpg

Elle a un beau site, Swann. Allez-y voir.

http://aspinelesslaugh.com/

Mais avant de m'y mettre, j'ai revu quelques photos éparses que j'ai prises ces dernières semaines. J'y ai pensé après avoir rencontré un Vietnamien dans le métro. Je regardais sa caméra numérique Canon et voyant que je la regardais de près, il s'est adressé à moi. C'est rare que je parle aux inconnus dans le métro, mais là j'ai pas résisté. Il m'a raconté l'histoire de son achat. Je lui parle de ma caméra. "Oh, yes, a good purchase for you!"

C'est un photographe professionnel, lui. Longtemps je rencontrais spontanément, sans les rechercher, des photographes. Mais à un moment donné, ce genre de rencontre s'est estompé. Et là, dernièrement, la série a recommencé.

Notre conversation coulait comme de l'eau de source. Il m'apprend qu'il n'est que de passage à Montréal. "Gosh it's cold over here!", qu'il dit en souriant maladroitement. Il me donne sa carte d'affaires avec son adresse de site photos où quelqu'un peut y poster ses clichés. Il habite Saïgon, qu'on appelle maintenant aujourd'hui Hô-Chi-Minh-Ville.  Je n'ai pu continuer la conversation pcq j'arrivais à ma station.

Ça m'a redonné le goût de revoir quelques miennes photos, à mon retour chez moi.

1- ruines urbaines à Montréal; pièces alignées comme pour un entreposage futur;

ruines urbaines

 

2-Avant il n'y avait qu'une seule table et des chaises, souvent la table était mise. Là je n'y vois que des poubelles;

une table l'été

3- une drôle de porte avec un couvre-serrure d'une bizarre d'allure - les portes en disent long sur un proprio...;

automne '08 001

4- rappel de l'été: table de jardin d'un ami grec:

table de jardin d'un ami

Ciao!

Un but artistique

Ça c'est de l'art sportif à son meilleur.

Salut Bobby!

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