27.02.2009

Le Voyage

Tout a été dit sur l'écrivain Louis-Ferdinand Céline et pourtant l'homme reste encore énigmatique. J'ai donc fait un survol sur YT pour voir ce que je pourrais trouver à son sujet. J'ai vite renoncé à reproduire les interviews de la fin des années '50 et début '60. Aussi étrange que cela puisse paraître pour un tel écrivain de la verve et de la parole, Céline n'est pas un orateur ou un discoureur devant la caméra. Si vous y tenez, YT est là pour vous l'offrir.

J'ai donc choisi un reportage s'intéressant aux propos d'un spécialiste de Céline, en particulier sur les raisons du refus du Danemark à l'extrader dans la France d'après-guerre... Le reportage comprend des images d'archives de Céline à la fin de sa vie. "Les Danois auront permis quelques chef-d'oeuvres de plus à la littérature française..."

La présentatrice, ô ironie, est à des années-lumière du style Céline comme vous pourrez le constater dès les premières séquences. Ça ne dure que quelques secondes... ;)

La blessure

sang-goutte.jpgEn attendant ma rame de métro, je lisais tranquillement mon journal - comme la plupart des autres usagers -, quand j'ai ressenti un écoulement liquide tiède le long de ma lèvre supérieure. Je passai machinalement le revers de ma main pour essuyer, tenant pour acquis que l'hiver, c'est normal que le nez coule.

À ma surprise, j'ai vu du sang. Évidemment, j'avais pas de mouchoirs à portée de la main.

Je pinçai mon nez et, bizarrement, le sang continuait à s'écouler. Et personne pour me tendre un mouchoir.

Lorsque le métro arriva, l'écoulement venait de s'estomper. J'avais le revers des deux mains en sang, de même que la lèvre supérieure et le menton. Dans la voiture, personne n'a remarqué la tête que j'avais...

Mon imagination prit le relais de l'absence de réactions autour de moi. J'imaginais mes deux mains ensanglantées - symbole de mon imperfection fondamentale - implorant le Destin de m'épargner d'autres épreuves. On n'échappe pas à son héritage judéo-chrétien...

Ça m'arrive deux fois par hiver, - le saignement de nez - en raison du bas taux d'humidité de mon appartement.

Pour ceux qui se seraient demandé l'origine de ce bain de sang issu de ma cloison nasale...

25.02.2009

Les mots-clés

wedo-referencement.jpgIl m'arrive de jeter un coup d'oeil sur les mots-clés utilisés par les internautes sur leurs moteurs de recherche pour parvenir à mon blogue.

Certains arrivent chez moi par une voie anonyme sur une base régulière. Ils aiment venir me voir, sauf qu'ils préfèrent rester anonyme. C'est comme si quelqu'un venait chez vous et s'installait dans votre salon en ayant préalablement mis un sac de papier brun sur la tête avant d'entrer.

Voici une liste de mots-clés qui ne m'étonne pas  puisque j'ai utilisé ces termes dans mes billets:

- porno-montréal

- eucosmie

- biscuits porte-bonheur

- Claude Lévi-Strauss

- Spinoza

- Pascal Mantovani

- le mépris Malaparte

Pas grave, je ne m'en formalise pas. De toute manière, c'est très courant sur le Net.

De mon côté, toutefois, je ne me cache pas derrière un mot-clé quand je vais ailleurs. Il peut arriver que je passe par les blogs-rolls pour aller plus vite, néanmoins je ne me sers pas non plus d'un fureteur d'adresse IP.

Puis il y a les visites impromptues, celles reliées au pur hasard d'une recherche sur le Net. Certains termes sont tout à fait surprenants:

- deust (!)

- font écran mystique visage d'homme

- frappe sur une feuille (?)

- Cedrom

- écarteur trachée (probablement le texte sur Boulgakov)

- doctoresse en chaleur :lol:

Je regrette de ne pas avoir colligé d'une manière exhaustive les mots les plus exotiques dont j'ai perdu trace au fil des mois. Certaines fois j'étais proprement ahuri par l'allure inhabituelle de ces termes.

Qu'en est-il de vous, visiteurs-blogueurs?

22.02.2009

Absurdité

rvcq.jpgJe ne m'attendais vraiment pas à me voir refuser l'accès à un film programmé au RVCQ (Rendez-vous du Cinéma Québécois), d'autant plus que mon billet était déjà acheté!

Je m'étais effectivement déplacé au guichet même de la Cinémathèque, dans le courant de la semaine, pour me procurer mon billet de manière à être assuré d'avoir une place pour la présentation du docu-drama de Denis Côté, Carcasses.

Hier soir, en compagnie d'une connaissance (qui lui aussi avait acheté son billet à l'avance), j'attends bien peinard dans le hall, ne me préoccupant pas du tout d'être le premier à prendre une place à l'ouverture des portes.

Bien mal m'en prit!

Une fois arrivé dans la salle de projection, il était clair que nous faisions parti de la cinquantaine de personnes qui n'avaient pas trouvé de siège... La salle était remplie bien au-delà de sa capacité normale. On nous informe que pour des questions de sécurité (assurances), il fallait que l'on quitte la salle! Ou bien on nous remboursait le prix du billet, ou bien on attendait que le festival offre une autre case-horaire pour la projection du même film...

Je n'ai fait ni un ni deux et je suis sorti de la salle avec un air dépité. Je n'avais jamais été témoin d'un impair aussi ridicule dans ma carrière de cinéphile. Même chose pour le copain qui m'avait accompagné. C'était incroyable.

Après le remboursement de nos billets, on nous a remis chacun un coupon pour une boisson de notre choix. On a donc pris notre verre dans le bar de la Cinémathèque, pendant que les musiciens faisaient leurs tests de son devant une salle à moitié pleine et distraite... J'ai failli retrouver mon sourire devant autant d'absurdité.

Broken flowers

J'ai pensé reproduire un vieux billet portant sur le visionnement de Broken Flowers de Jim Jarmusch. Un film de répertoire américain mettant en vedette un Bill Murray pour le moins inspiré.

broken_flowers.jpg

Etudes de caractères

Sans toutefois en être un inconditionnel, j'aime bien le cinéma de Jim Jarmusch. Ma petite réserve tient dans sa tendance à miser sur une même formule faite de fondus en noir intercalés entre des séquences plus ou moins chargées de sens. Cette sorte d'obsession à vouloir explorer la déchéance et l'absurdité de notre époque contemporaine finit par peser un peu trop lourdement.

Heureusement que Jarmusch sait parsemer ses récits par une belle ironie, de fines observations et un humour joyeusement grinçant, car il y a de quoi désespérer de cette humanité livrée à la loi des marchés. Dans "Broken flowers", c'est encore une fois l'Amérique, cette terre des libertés, conjuguée à l'ennui et à la solitude de l'Homme, que Jarmusch réexplore à sa manière bien personnelle. Le personnage principal, Don Johnston (incarnée par l'incomparable Bill Murray), en est le prototype idéal: quelque peu misanthrope, riche, isolé, emmuré et passablement désabusé. C'est une lettre anonyme lui annonçant qu'il est le père d'un fils maintenant jeune adulte, qui le sortira quelque peu de sa torpeur. C'est ainsi que Don entame son pélerinage sur ses amours passés dans le territoire de l'Amérique profonde.

Ce qu'il y a d'intéressant dans ce road movie tranquille, à part la belle prestance des actrices de soutien, en particulier la présence inspirante de Bill Murray et de son regard hypnotique (truc toutefois un peu trop exploité, dirait-on), c'est l'utilisation de symboles laissant le spectateur perplexe sur leurs significations: l'inévitable présence de la couleur rose et d'un panier de basketball à chaque rencontre. Un autre aspect de ces études de caractères, c'est la croissante agressivité des ex. À part le personnage incarné par Sharon Stone (et le gros clin d'oeil au Lolita de Nabokov), la suite des rencontres s'enfonce dans la politesse froide, l'indifférence, l'agressivité et finalement la mort...

Est-ce une autre manière de parler de l'impossibilité de communiquer entre les êtres?

21.02.2009

Coffee & Cigarettes

Je reproduis ici une critique de cinéma à une époque où que je pratiquais cette forme d'écriture avec enthousiasme. J'y parle du film Coffee & Cigarettes de Jim Jarmusch.

L'Étrange difficulté de communiquer

CoffeeCigarettes.jpgDe toute évidence, Jim Jarmusch nous confie à un exercice de style dans son expression la plus pure. Rapidement l'on comprend que les scènes qui se suivent ne sont qu'un prétexte à mettre en scène des rencontres. Rencontres entre des personnages pour la plupart très haut en couleurs, mais aussi très éloignés les uns des autres. Rarement voit-on une rencontre se faire de façon harmonieuse. Il y a toujours quelque chose qui cloche. C'est autour d'un café et très souvent sous la fumée de cigarettes que cela se passe. D'une fois à l'autre le décor change (beau prétexte pour étudier le décor de nos cafés contemporains), de même que l'allure des personnages (une panoplie aussi disparate qu'incongrue).

Ainsi, d'un numéro à l'autre, c'est un nouveau décor qu'on nous présente: les ruines d'un café avec Bénigni, le salon d'hôtel avec Cate Blanchet, le café américain avec deux performers de hip-hop et l'incroyable Bill Murray en paumé, un quasi bistro parisien avec deux personnages jouant selon un mode beatnick, etc.

Jim Jarmusch suit, on le devine, sa propre voie, loin des normes standard hollywoodiens, au moyen de son style sobre, fait d'une pellicule "brute" en noir et blanc.

J'aurais imaginé que le café et la cigarette symbolisent des instruments de rencontre entre des personnes, de voir les volutes de café s'élever dans l'espace, au milieu de fumée de cigarette, suivant des trajectoires plus ou moins anarchiques, et de sentir presque l'odeur d'expresso, comme si le réalisateur y aurait recherché la douceur des conversations entre amis. Mais, au contraire, Jarmusch a voulu plutôt montrer des instruments d'individualisation, des obstacles même. Le café est toujours assez lavasse et dégage rarement une vapeur chaleureuse.

Entre les mains des personnages, ces objets démontrent davantage l'absurdité tragique ou charmante de ces vies qui s'entrecroisent. Jarmusch, sûrement le plus européen des réalisateurs américains, ne serait-ce pour sa volonté d'insérer des silences troublants dans ses films.

L'évolution du monde

Clip d'abord vu sur Blog-it express sous les soins de fabulousorangejuice, je me permets de le reproduire ici. Les observations sur l'évolution du monde et des pays émergeants sont fascinantes.

19.02.2009

Polytechnique le film

20090202-230744-g.jpgLe drame de la Polytechnique (massacre à la carabine d'étudiantes de la faculté de Polytechnique sur le campus de l'université de Montréal en 1989) est maintenant exploré selon le mode cinématographique sous les soins du réalisateur de Denis Villeneuve.

Je ne me permettrai que de citer le propos du personnage féminin principal qui fait ce souhait, à la fin du film, à l'intention de son enfant à naître:

Si tu es un garçon, je t'apprendrai l'amour; si tu es une fille, je te montrerai que le monde t'appartient.

Comme quoi, devrait-on conclure, l'homme ne sait pas aimer (ou pas suffisamment) et la femme est encore trop soumise. Est-ce encore vrai? Pour ma part, je trouve ce genre de dichotomie d'un simplisme pathétique.

Serait-il possible que le tueur ne soit qu'un psychopathe avant d'être un misogyne? Et bien qu'il fût un misogyne - il l'était, c'est l'évidence -, est-il représentatif de l'homme contemporain?

Toute l'approche du film est là, on dirait. Quelque chose d'assez proche d'un manichéisme larvé qui prête à la perpétuation de patterns discutables sur les rôles sexuels. Le problème de ce film, à mon sens, ne se situe pas au niveau cinématographique en tant que tel, mais plutôt au niveau de la lecture des événements. Le drame de Polytechnique est le résultat du dérapage d'un homme malade et les généralisations issues des propos du film ressortent de la spéculation facile, si ce n'est de la récupération politique.

Oui, ce drame a été absolument horrible et terrible, mais les véritables conclusions restent à faire. J'espère ne pas avoir offusqué des gens qui ne partagent pas la même opinion que moi.

17.02.2009

Parcomètre inventif

Un parcomètre a trouvé une manière efficace de traverser le dernier droit de l'hiver...

parcomètre inventif

15.02.2009

Similitudes

Je continue à explorer avec plaisir le site If Charlie Parker was a guslinger, où je découvre des photos d'époque franchement captivantes.

Par exemple, ce cliché montrant Nixon et JFK à la fin de leur débat télévisé (1960):

trickypoints.jpg

Je pense aussi à cette prise de vue du George Washington Bridge (circa 1931 - New York City), proprement hallucinante:

steichengwb31.jpg

 

Parmi toutes ces photos, il y a des séries vouées à des thèmes en particulier comme celle montrant une personne à différentes époques ou encore celle exposant des similitudes dans le temps.

Dans le dernier cas, j'ai trouvé quelque chose sur le réalisateur Francis Ford Coppola. En 1968, à l'occasion du tournage de Finian's Rainbow (pas vu), une séquence montre une péniche évoluant au milieu des herbes hautes; en 1979, quelque 11 ans plus tard, à l'occasion du tournage de Apocalyspe Now, une même séquence expose une péniche militaire au bord d'un quai...

1968 - Finian's Rainbow

péniche.jpg1979 - Apocalypse Now

péniche-1.jpg

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