15.01.2009
Les marginaux de la rectitude
Chaque époque a ses tabous. La génération qui nous a précédés s'est débarassée de la religion mais, du coup, elle a adopté d'autres modes de fonctionnement qui ont des airs de famille avec la foi d'autrefois. Le courant conventionnel et convervateur ne se balade que sous de nouveaux oripeaux. Voilà le gag.
Que ce soient la mode vestimentaire - même si la mode se veut "cool" il est facile d'être déclassé par la marque et le dernier cri (je n'ai jamais été à la mode) -, les vogues de régimes alimentaires (les groupes alimentaires, le sel, les gras saturés, le cholestérol, les multi-vitamines, les omégas-3), l'exercice physique (les centres de conditonnement et la pratique des sports), même la manière de penser (la tendance pratico-pratique l'emportant sur d'autres styles plus éthérés), tous ces discours sont autant de manière de nous culpabiliser à partir de "normes idéales" qu'on nous propose.
Exactement comme à l'époque où le Québec vivait sous le régime clérical de Duplessis. Ailleurs dans le monde, c'était autre chose, en pire ou en mieux, mais c'était le même foutu combat. Maintenant, on n'en parle pas vraiment - je parle des diktats sociaux -, bien que nous vivions presque autant de contraintes - sinon plus - qu'autrefois. C'est pourquoi c'est tellement facile d'être un déclassé de nos jours.
Et si vous croyez que vous réussissez malgré tout à passer au travers du filtre exigeant de nos fameuses normes de l'idéal - selon les quelques piliers que je vous ai sommairement présentés plus haut -, détrompez-vous parce que le dernier filtre, le plus efficace, c'est celui de l'environnement.
N'insistez pas, vous n'êtes déjà plus à la hauteur quand vous saurez qu'en utilisant deux fois le moteur google pour une simple recherche, vous venez de faire émettre des gaz à effet de serre pour une quantité comparable à ce qui est dépensé en énergie pour faire bouillir votre tasse de thé. 5 grammes de CO2, bordel. Ouais pis! (Quand je pense que des cheminés industrielles crachent des tonnes de CO2 tous les jours...)
http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/200901...
Je suis donc le dernier des délinquants. Tant pis. Je balance d'ailleurs un immense majeur à ceux qui contribuent à perpétuer ces idées culpabilisantes sur l'environnement. Parce que je fais déjà ma part: je dépose mon bac vert près du trottoir une fois la semaine; je prends le bus assez souvent; je surveille l'utilisation de l'électricité dans mon appartement, bref je fais gaffe.
Mais je ne perds pas les pédales avec les ukases des environnementalistes. Une fois une norme suivie, il y en aura une autre, puis une autre, puis encore une autre.
Un jour, on vous dira que votre respiration contribue à l'effet de serre, joual-vert.
La pire des rectitudes, c'est la rectitude elle-même. Je l'emmerde. Tiens, je viens malicieusement d'appuyer avec mon majeur sur la touche "recherche" de google. Quatre fois pour deux tasses de thé...
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04.03.2008
Trash vortex
Il ne faut pas mésestimer les petites publications gratuites comme par exemple les journaux de métro qui sont distribués gratuitement aux usagers. J'ai pris l'habitude de les parcourir, sachant que quelques trucs peuvent à tout hasard attirer mon attention.
L'autre jour, dans un journal de ce genre, je suis tombé sur un article traitant du Trash vortex. Cette seule expression (rare) a été suffisante pour attirer mon attention. Le Trash vortex (il n'y a pas d'équivalent français), c'est une expression traduisant la présence d'une immense île de déchets dans le Pacifique. Tellement grande qu'elle a une dimension comparable à celle du territoire de la France!
Comment se forme une telle agglomération de déchets? C'est la résultante des courants traversant l'océan Pacifique des Amériques à l'Asie et l'Océanie, de sorte que les déchets de plastique se retrouvent dans une zone statique et stagnante. Au fil des décennies, ces matériaux en plastiques fragmentés forment une masse diluée dans une immense masse d'eau perdue dans l'océans Pacifique.
Des chiffres?
En étudiant la concentration de débris de plastique flottant dans cette région, Charles Moore obtient ces chiffres ahurissants: trois millions de morceaux de plastique par km2. Dans la zone centrale, dans ce qui s'appelle le Trash Vortex, les études s'accordent à dire que l'on trouve aujourd'hui six kilos de plastique pour un seul kilo de plancton.
http://www.rue89.com/2008/02/02/une-mysterieuse-ile...
Les conséquences?
D'abord, en raison de l'absence de courant dans cette zone, cette "île" peut subsister d'une manière indéfinie. La faune marine des environs adopte ce nouvel environnement, en particulier les tortues et les albatros. Ceux-ci s'en servent comme abris ou ancrage tout en confondant les petites particules pour des planctons, d'où ingestion de plastique...
Tous ces déchets viennent en grande partie de la terre ferme, avant d'être déversés dans l'océan et se regrouper dans cette île mystérieuse. Évidemment aucun pays ne veut prendre la responsabilité de cet accident écologique...
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