31.01.2009

Blues de l'hiver

Ouais, nous en sommes au milieu de l'hiver et les conditions de cette saison en imposent parfois un peu trop.

De ma bagnole, j'ai vu cet arrêt de bus et je n'ai pu m'empêcher de sortir mon appareil photo pour immortaliser ce moment représentatif.

Un arrêt au poteau tordu, une chaise laissée contre une clôture et un caddy à l'envers sur un banc de neige. Tout cela tôt le matin dans les tons bleutés de la fin d'une nuit... Avec un peu de photoshop, ça donne ça...

Une petit musique énergique pour contre-balancer ce moment philosophique...

 

 

 

Blues de l'hiver

06.01.2009

L'Odyssée d'un rêve

ShangriLaSkyCaptain.jpg

Ce matin, en ouvrant la porte du bureau, je savais que le type à la moustache de la réception allait me dire, avec son ton ironique légendaire, sa réplique habituelle: Thanks for coming... Toujours avec ce sourire en coin. Un brave type tout de même. Aussi, je ne sais jamais quoi répliquer à cette mini-phrase qui dit tout en trois mots. Toute la journée pourrait être résumée là, dans ces trois mots lâchés de manière laconique.

Thanks for coming. J'y avais même pensé quand le cadran avait sonné, un peu plus tôt aux aurores. Du coup, je voyais déjà l'image du même type à moustache. Et je revoyais déjà aussi la journée à venir, ce rythme parfois endiablé, ces interactions quelquefois décevantes et d'autres fois satisfaisantes et même réjouissantes à l'occasion. Et tous ces imprévues comme tous ces gestes et paroles convenus et attendus qui servent de repère à cet odyssée continuel du monde du travail.

En avalant mon premier café, dans ma cuisine, tout en écoutant les mêmes élucubrations d'un animateur radio, j'ai eu soudainement cette pensée:

- Et si j'étais né pour une condition meilleure. Un monde sans conflits, harmonieux, planant, rempli de plaisirs de toutes sortes. Une sorte de shangri la où on ne te pose pas de questions, où tout t'est offert avant même que tu remues les lèvres. Oui, je vaux bien cela. Je suis pas une mule mais un Homme. Et un Homme qui a quelque chose à dire, bordel!

C'est pas réaliste, pensai-je, avant d'avaler une autre gorgée de café brûlant. Je me suis toutefois répondu à moi-même ce qui suit:

- Bon, disons un chalet au bord d'un lac où seraient interdits les moteurs à combustion. Que des chaloupes! Et mes voisins seraient super-chouettes, ils aimeraient les feux de camps le soir, après un bon souper arrosé. Et quelques lectures à haute voix pour s'émuler les uns les autres. Et un peu de musique à travers tout ça. Un shangri là à ma mesure, c'est certain. Pour ce qui est du train-train quotidien rêvé, ce serait une bonne séance d'écriture, quelque chose comme quatre heures raisonnables, dans un bureau dont la fenêtre donne vue sur le lac, bien entendu. Ensuite? Quatre autre bonnes heures de lecture dans la même pièce pouvue d'un excellent fauteuil à bascule, histoire de me reposer la tête et rêver par moments.

Oui, rêver à l'impossible, à n'importe quoi, même à de fulgurants projets à accomplir.

Puis il y aurait tout le reste: la correspondance à tenir à jour, mon journal de bord, une promenade dehors avec un iPod (dont j'aurais appris à me servir grâce à des âmes généreuses qui se seraient données la peine de m'expliquer), un petit tour en chaloupe et les zamis au retour. Et encore un autre repas arrosé, de la musique, la fête quoi!

Autre réponse à moi-même:

- Oui, ça je suis preneur... Et j'accueillerais mes visiteurs par ce Thanks for coming... ;)

Billet inspiré des propos tenus par l'excellent Claudio qui parlait des 10 choses qu'il aimerait faire avant de mourir. Lisez aussi les réactions des visiteurs de son blog, cela en vaut la peine:

http://ambitionpassion.canalblog.com/archives/2009/01/05/...

 

28.11.2008

Nostalgie II

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J'ai appris à connaître les peintures de l'Ukrainien Ilya Yéfimovitch Repine (1844-1930) grâce aux pages couvertures de la collection folio de Gallimard. Aussi bête que cela.

Cette reproduction se trouvait sur la page couverture d'un récit de Gogol intitulé Taras Boulba. Ça parlait de la lutte des Cosaques contre les Polonais d'Ukraine au XVIIe siècle. Je l'ai lu et pourtant c'est comme si ça appartenait à une autre vie parallèle. Anyway.

Je ne m'attarderai pas sur Gogol, car il y aurait tant à dire sur lui que déjà je perdrais le fil que j'essaie de suivre dans cette courte note. Nabokov a déjà écrit une belle petite bio sur ce grand auteur. Pour ceux qui veulent s'affranchir...

En fait, si je parle du peintre réaliste Repine, c'est que son oeuvre - pour le peu que j'ai pu en voir - me dit quelque chose. D'abord je suis aussi fou des Cosaques que des Arméniens. Les Cosaques ont longtemps été reconnus comme des gens loyaux et courageux. Et authentiques. Heureux les rois ou tsars qui pouvaient compter sur eux!

Ici, la peinture montre des Cosaques à l'oeil pétillant en train d'écrire une lettre d'insultes au sultan de Turquie. Hé, hé!

Ce genre d'image me renvoie inévitablement à une caricature des réunions familiales du côté de mon père. C'était des gens qui, pour la plupart, avaient été élevés à la campagne et leur trait commun était la simplicité et la camaraderie. Quand ils se réunissaient, il y avait une gaieté naturelle dans l'assemblée. Des voix fusaient de part et d'autre et la fumée de tabac était tellement concentrée que je devais me frotter les yeux pour tenir le coup. Immanquablement, les soirées s'étiraient jusque tard dans la nuit à jouer aux cartes ou à n'importe quel autre jeu. Ce n'était que lorsqu'ils étaient exténués qu'ils finissaient par se lever de table à moitié saoul pour plusieurs d'entre eux.

Ce genre de climat (typique du temps des Fêtes) appartient désormais à une autre époque. Quelque chose s'est passé tranquillement et sournoisement, de sorte que ce n'est plus la même chose. Des conflits familiaux ont pris le relais, d'autres sont malades, d'autres je ne sais plus.

Peut-être est-ce moi qui vois cela d'un autre oeil. Peut-être bien... Mais j'adore toujours les Cosaques et les Arméniens!

26.11.2008

Nostalgie

669480491_small.jpgJ'ai longtemps été un grand nostalgique. Je cultivais le passé comme d'autres collectionnent des timbres... Ouais, l'image n'est pas vraiment inspirante...

Quoi qu'il en soit,  la nostalgie sans retenue peut être malsaine. Pour vous dire la vérité, c'est quand j'ai lu l'oeuvre complète de Ste-Thérèse d'Avila que j'ai compris le piège à nostalgie. Je ne saurais comment vous rapporter comment elle expliquait en quoi consistait le danger de la nostalgie, mais je peux vous dire que dès ce moment-là j'ai été libéré d'un petit fardeau.

Le fardeau des "si" et des "peut-être que". Le fardeau des impossibles futures et le refus du présent.

"Et si elle n'était pas morte!"

Maintenant je fonctionne plus en phase avec le présent et un peu plus en fonction de l'avenir. Mais il m'arrive encore des bouffées de nostalgie. Les épisodes ne sont pas trop longs mais peuvent être de bonne intensité. Ils arrivent comme une locomotive et me traversent le corps.

Sans pitié.

Et des images se passent dans ma tête. Je vois des visages et j'entends des mots. Il m'arrive de serrer les poings ou d'avoir la gorge serré. D'autres fois c'est une sorte de bonheur étrange et irréel. Et là je plane carrément.

Dans ces moments-là, je relirais Richard Brautigan ou Chateaubriand. Drôle d'association me direz-vous.

Ou j'écoute une toune pop ultra connu. My immortal. Bonne journée à mes visiteurs.

 

 

15.10.2008

Du côté des snobs

2945108563_aab583ac9d.jpg?v=0Montréal est ainsi faite que d'un quartier à l'autre, un promeneur passe subitement d'une classe sociale à l'autre en l'espace d'un pâté de maisons.

Il y a une sorte de ségrégation économique assez frappante dans certaines parties de l'Île. C'est pourquoi, il m'arrive de penser que ma ville est un immense patchwork.

Aujourd'hui, j'avais un peu de temps devant moi et j'avais pensé aller m'acheter du poisson du côté des snobs.

Dans ces rues-là se baladent des citadins avec leur chien de race de compagnie; les voitures sports ou de luxe sont la norme; la pelouse des parterres est verte et il n'y pousse pas d'herbes sauvages. Là, c'est le calme grandiose comme si rien ne pouvait atteindre la sérénité environnante.

Aujourd'hui, il n'y a même pas un brin de vent faisant frémir quelques feuilles, comme si une bulle protégeait ce territoire en particulier. Même un dos d'âne protège les environs d'excès de vitesse. C'est la perfection matérialisée par l'homme, envers et contre tout!

S'il y a de l'angoisse par ici, c'est probablement vécu derrière les rideaux, loin des regards. "Les angoisses de luxe", comme disait ironiquement Bukowski.

Tout y est ordonné et équilibré, du moins en surface. Les feuilles d'automne changent de couleur selon une palette soignée de jaune, de roux et de mordoré, aussi il peut arriver que le promeneur foule quelques feuilles sur le trottoir en s'imaginant que des poussières d'or ont été déversées à leur intention et pour leur seule gloire...

Après mon achat, je revenais chez moi dans ces rues-là à la lumière déclinante et tangentielle. Je me serais senti tout comme dans mon salon éclairé par une lampe à la lumière diffuse. Un sentiment de sécurité entoure le passant anonyme comme nulle part ailleurs. C'est encore plus vrai à ce temps-ci de l'année, à l'automne, la plus belle saison de l'année. Inévitablement je deviens alors nostalgique, rêveur et même lyrique par moments.

Je souhaiterais que le temps se suspende plus souvent, que tout mouvement cesse à l'instant et que le monde soit à l'unisson pour quelque moment.

Là, maintenant.

26.08.2008

Le mythe olympique

 

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Une nouvelle page de l'olympisme vient d'être tournée. Tout le monde semblait d'accord pour dire que cette dernière édition était réussie et que la Chine a fait preuve d'un grand professionnalisme. Tout a effectivement fonctionné au quart de tour.

Pour ma part, je retiens du mouvement olympique que c'est avant tout un truc élitiste qui n'encourage que la frange infime supérieure de la crème des athlètes professionnels. Rien à voir avec la formule classique disant que "c'est la participation qui compte"...

Quand Phelps dit qu'il suffit que d'avoir de l'imagination - il a gagné 8 médailles d'or - ce type pense que nous avons des poignées dans le dos. Une telle déclaration évacue le bagage génétique essentiel à la simple idée de vouloir faire du sport de calibre olympique. Ensuite, Phelps, comme plusieurs olympiens, a profité du soutien financier de son pays, quand ce n'était pas celui de commanditaires. De l'imagination, qu'il dit...

Côté politique, la seule idée d'avoir choisi la Chine pour qu'elle soit l'hôte des jeux olympiques, sachant ses positions sur les questions du Tibet et des adhérents du Falun gong comme du christianisme, je comprends que cette sélection, indirectement, entérine les politiques intérieures de la Chine. Même Foglia, dans sa chronique de la Presse (Montréal), fait son mea culpa relativement à ses préjugés sur la Chine. Voilà qu'une fois les Jeux terminés, ce chroniqueur voit maintenant la lumière... Comme si la bulle olympique était le reflet fidèle de la vie intérieure en Chine. Pas de censure du Net, liberté de pensée et de religion, etc.

Finalement, les JO ne sont qu'une immense vitrine politique, du podium (hymnes nationaux et drapeaux) jusqu'aux uniformes portés par les athlètes, cultivant allègrement la ségrégation entre les gens et entre les pays (les classements de médailles) selon un mode ultra kitsch qu'il est difficile de contrer par la simple critique, quand bien même elle se voudrait constructive. Même la petite Chinoise ayant chanté au spectacle d'ouverture ne méritait pas d'être vue par les spectateurs, faute de ne pas correspondre à certains critères esthétiques. De la pure folie.

Nous sommes ainsi condamnés à vivre les JO aux deux ans (été-hiver), même si la trêve - raison officielle de la tenue de tels jeux - n'est pas respectée (guerre en Irak, Afghanisatan, Géorgie, etc.) dans le monde comme dans le pays hôte.

Panem et circenses (Du pain des des jeux) plus que jamais!

22.08.2008

L'art d'écouter

conversation.jpgJ'ai longtemps croisé un inconnu dans la rue avant que je finisse par lui adresser la parole. Ce fut le début d'une étrange aventure.

Au fil du temps, cette personne se distinguait par son habileté à monopoliser la conversation. Il est vrai qu'il avait du ressort et de la ressource. C'est comme s'il connaissait absolument tout, tellement il semblait, à première vue, sans faiblesse sur quelque sujet que ce soit. Il commandait la connaissance comme d'autres manient le balai...

C'est à peine si je pouvais placer un "mais...", "par contre...", "quoique...", que déjà il embrayait sur un nouveau filon de son discours. C'était sans fin.  Et irritant, en fin de compte.

Je décidai alors qu'à la prochaine fois je me contenterais de seulement l'écouter, sans même tenter d'ajouter un seul mot, encore moins de commenter en aucune manière son propos. La fois suivante, comme prévu, il a encore fait son numéro de logorrhée que je tâchai de ne pas interrompre en aucune manière.

- Qu'est-ce qui t'arrive? me demanda-t-il d'un air interloqué.

- Mais je t'écoute, l'ami!

Il réfléchit un court moment avant de conclure:

- Si c'est comme cela, je me barre.

;)

30.06.2008

Une journée d'enfer

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Qui n'a pas eu son café froid? Et qui n'a pas taché sa chemise de ce même café quelques secondes avant de quitter la table?

Qui n'a pas eu le temps de lire son journal avant de commencer sa journée? 

Qui n'a pas été arrêté par  tous les feux rouges en se rendant au boulot? 

Qui n'a pas été retardé par des éboueurs en train de vider les poubelles d'un grand restaurant? 

Qui n'a pas été forcé de faire des heures supplémentaires à la demande du patron?

Qui n'a pas eu à faire face à un collègue insupportable qui pète un plomb une autre fois?

Qui n'a pas eu à refaire le même boulot plusieurs fois pour faute de distraction?

Qui n'a pas remarqué, par la fenêtre du bureau, que pendant vous vous prenez la tête, dehors, il y a des gens heureux savourant une limonade ou un drink sur une terrasse du centre-ville?

Eh ben, tout le monde a dû vivre cela au moins une fois dans sa vie, alors de quoi je me plains?

Je me plains parce que tout cela m'est arrivé aujourd'hui. Je crois qu'il y a des journées de ce genre. Elles sont marquées au fer rouge et le mieux que vous auriez à faire, c'est de rester peinard à la maison. Si je me rappelle bien, il s'agit du syndrome de Philadelphie (mais peut-être est-ce un autre nom...). Et je confirme que, quel que soit le nom, ce syndrome m'est tombé dessus dix sur dix.

Je me console en pensant à une autre époque où j'y avais droit une fois par mois. C'était réglé comme une horloge. Maintenant, c'est beaucoup plus rare. Heureusement. 

* le tableau est de Pieter Bruegel: la chute des anges rebelles (1562)

25.06.2008

À travers un moustiquaire

lisa.jpgJ'étais à regarder le paysage, assis à l'intérieur d'un gazebo pendant qu'un copain était occupé à ramener quelques consommations. C'était un après-midi ensoleillé sans histoire, comme si le ciel était immobilisé d'une manière indéfinie. S'offrait effectivement à moi un immense ciel azuré et tranquille, événement météorologique rare dans ce coin de pays ces temps-ci. Seul une toile moustiquaire me séparait de l'extérieur, aussi je voyais le monde à travers un fin réseau réticulé panoramique.

Au bout de quelques minutes, j'essayais de comprendre ce que la simple vue d'un moustiquaire éveillait à ma conscience. À part cette idée d'impureté - mon observation du monde était effectivement entachée de ce matériel artificiel, je ne voyais pas à quoi ma préoccupation futile pouvait servir.

Puis l'image du chef-d'oeuvre de Léonard de Vinci s'imposa progressivement à ma conscience. Je  repensais tout à coup à mon passage au Louvre il y a de cela plusieurs années. À cette époque je ne saisissais pas pourquoi cette peinture était considérée comme une pièce de maître - c'était une vérité reçue et indiscutée -, et vous m'excuserez de l'avouer, mais même aujourd'hui je ne pige pas encore ce que cette toile représente dans l'histoire de la peinture.

Mais peu importe, l'important n'est pas de révéler mon ignorance mais de me rappeler que j'avais retenu une chose curieuse au sujet de cette peinture. En raison de son âge, la surface de la peinture est passablement craquelée, signe évident du passage du temps. 

Et c'était comme si une toile de moustiquaire avait été ajoutée en surimpression sur ce chef d'oeuvre... Ainsi donc les toiles de moustiquaire sont intimement reliées à la vieillesse, ai-je eu comme conclusion bizarre à ma divagation gratuite, facile et pas très originale...

30.05.2008

Les rêves et les attentes

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Une petite fille tire sa mère par la manche pour qu'elle lui achète une glace;

Une jeune femme examine une robe de mariée dans une vitrine;

Un vieil homme attend le passage du bus;

Une file d'attente devant l'entrée d'un cinéma.

Je pense à mon prochain voyage, à ma prochaine paye, à mon prochain livre (à lire), à ce que je vais faire ce week-end...

L'Homme, dirait-on, est fait pour vivre en attendant. Rares sont les moments où il vit tout simplement, sans penser à ce qui a précédé ou à ce qui s'en vient. L'Homme vit sur une passerelle. Il est éternellement en transit, d'un point à l'autre, d'un désir à l'autre, d'une espoir à l'autre, d'un rêve à l'autre, d'un fantasme à l'autre.

Cet éternel besoin toujours à satisfaire.

L'Homme, cet être de désirS... 

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