19.12.2008
Jumping the shark
Sur la planète blogue, tout est possible. Certains tauliers se font une clientèle à partir de leur style. Et ils s'y cantonnent. Certains blogues finissent pas fermer, d'autres se maintiennent, d'autres enfin repartent sous un nouveau nom. Pour ma part, je n'ai aucun dead-line et aucune idée quant au temps que je compte y passer et quant au style que je veux lui donner. Je me suis donné toutes les latitudes dont je suis capable.
Chose certaine, un blogue, habituellement, vend un style et n'en déroge pas. La leçon à en tirer c'est que rarement une personne va changer d'avis sur une idée lanceé sous son toit. En tout cas, je l'ai rarement vu ce genre d'humilité selon laquelle quelqu'un va dire: "Ouais, au fait, je me suis gouré". C'est aussi bon pour le taulier que pour le visiteur, je signale.
C'est ce qui me fait penser que les blogues se distinguent de la télé pour cette raison-là en particulier, pour le meilleur comme pour le pire. À la télé, quand un show s'effoire à partir d'une séquence médiocre et signifiante, il est taggué de la formule lapidaire jump the shark, expression née de la séquence du clip plus haut, où Fonzie (dans Happy Days) avait tenté de sauter en ski nautique au-dessus d'une aire délimitée dans laquelle se trouvait un requin.
Aussi bien dire que ce genre d'absurdité a eu comme effet de faire disparaître la magie de ce show.
Dans le wiki on y dit ceci:
Jumping the shark is a colloquialism used by TV critics and fans to denote that point in a TV show or movie series' history where the plot veers off into absurd story lines or out-of-the-ordinary characterizations, particularly for a show with falling ratings apparently becoming more desperate to draw viewers in. In the process of undergoing these changes, the TV or movie series loses its original appeal. Shows that have "jumped the shark" are typically deemed to have passed their peak.
Eh ben voilà, à la télé, quand on jump the shark on finit par crever, l'audimat faisant foi de tout. C'est la seule justice de ce média. La seule et unique. Et cette justice ne s'applique qu'à l'intérieur des normes mongols de la grosse majorité. Ce qui veut dire que le succès d'un show n'a rien à voir avec une valeur intrinsèque d'un point de vue dramatique, artistique ou ce que vous voudrez. C'est le pur rendement de la loi de l'offre et de la demande.
Sur la planète blogue par contre c'est une autre histoire. Un con peut mener sa barque aussi longtemps qu'il l'entend et répandre la merde qu'il veut aussi longtemps qu'il souhaite le faire. Vous n'avez qu'à zapper ou à continuer si ça vous chante.
Moi j'ai rien contre. Je trouve ça tout à fait réjouissant que le phénomène jump the shark ne sévisse pas dans les blogues.
Et ça ne m'empêche pas de dire ce que je pense. Quand je pense que kek chose est de la MARDE, je le pense et je le dis. Quand je pense que c'est beau, enthousiasmant et décapant, je le dis aussi.
En fait, je mise plus sur la deuxième possibilité que sur la première.
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18.12.2008
Un heureux temps des Fêtes
Comme nous sommes tous forcés de passer au travers, je souhaite à tous un heureux temps des Fêtes. Ne vous prenez pas la tête, oubliez votre voisin gonflabe et ses trucs rutilants, concentrez-vous sur vos nobles pensées! (Et si vous n'en avez pas, de nobles pensées, faites comme si vous en aviez..., ne serait-ce que pour deux semaines.)
Voilà une carte dessinée par mon père. (Je lui ai obtenu son copyright sur flickr.com.) Mes pensées vous accompagnent!
02:05 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.12.2008
Tom Cruise, biscuits riz & noix et autres conneries
Le zouf à Tom Cruise fait encore les pages people. Cette fois-ci, c'est pour nous dire qu'il souhaite que Suri, sa fille, devienne actrice.
C'est ben poche de souhaiter une affaire pareille!
Faut-tu être givré pour penser de même!
Un véritable parent ne souhaite qu'une chose pour son rejeton: c'est qu'il trouve sa voie, peu importe ce qu'il choisit de faire.
Si je sais ça, Cruise devrait le sawoir (sic)... Stie.
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Pour se détendre une recette de biscuits riz & noix. Je l'ai essayé. Pas mal. Et ça coûte pas cher.
- 1 tasse farine de riz brun
- 2 cuillères à table de beurre (ou d'huile végétale)
- un quart de tasse de miel ou de sirop d'érable
- une demi-cuillère à thé de sel
- une cuillère à thé de vanille
- un oeuf battu
- 1 tasse de noix hachés.
Mélanger le tout. Mettre au frigo quelques heures. Faire des boulettes et les écraser une à une (en pensant à Cruise) sur une tôle à biscuits.
Mettre au four à 350 degrés F pendant 10-12 minutes. (Ne pas mettre à "grill" en pensant à Cruise.)
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Demain je vous ferai mes souhaits pour le temps des Fêtes. Pas aujourd'hui.
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En fait, j'avais pas d'autres conneries à raconter aujourd'hui. ;)
12:07 Publié dans Pensées furtives | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.12.2008
Max Jacob par Maurice Sachs
La dualité qui est au fond de tout homme était bien plus forte en Max Jacob qu'en n'importe qui. Il était le lieu d'un conflit bruyant, terrible et presque continuel. Oui, plus double que n'importe qui et pourtant si simple en chacun de ses personnages. C'était un homme très chrétien qui blasphémait à ses heures, un esprit très libre qui pouvait tomber dans toutes les formes de la superstition, un anticlérical qui était parfois très cagot, un anarchiste qui aimait beaucoup les honneurs officiels, un homme rude assez paysan de moeurs, se lavant peu mais fou de parfums, qui ne craignait ni de se raser à l'eau froide ni la grosse laine, mais à qui il arrivait de porter trois ou quatre bagues et quelques pierres semi-précieuses dans ses poches. Il était la générosité même pour le premier venu, en même temps qu'il était la proie d'étonnants accès d'avarice. Il allait aux plus grand dérangements pour ses amis et en disait souvent un tel mal, de telles abominations qu'on aurait pu croire qu'un démon était entré en lui et vomissait des vipères par sa bouche. Mais il avait des bontés extraordinaires, de merveilleuses attentions, de grandes douceurs d'âme.
Maurice Sachs, le Sabbat, p. 145.
Pas d'homme dont le caractère soit plus difficile à circonscrire. C'était un bouillonnement continu, une eau en constante ébullition et tantôt les fleurs, les plantes les plus belles étaient portées à la surface, tantôt surgissaient des bêtes abominables. Il était à la fois Cendrillon et ses soeurs, l'ogre, le loup et les sept nains.
Maurice Sachs, le Sabbat, p. 145.
Généreux mais envieux, fier mais capable de bassesse, il se jeta à bras-le-corps sur les poitrines les plus étonnées et les moins prêtes à le recevoir et tint toujours pour des ennemis quelques uns de ceux qui l'aimaient le plus. Sa vie hasardeuse, émue, pauvre et noble au milieu des drames et jusqu'au milieu des erreurs, le précipita dans presque tous les excès auxquels l'homme peut se livrer. Je le rencontrai lorsqu'il vivait depuis plus de dix ans un excès religieux dans lequel je pense qu'il finira ses jours...
Maurice Sachs, le Sabbat, p. 146.
Extraits tirés de La légende de Montmartre racontée par Max Jacob le fou de Dieu. pp. 93 et 95
Peinture à la gouache de Max Jacob, Les Haltérophiles.

08:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.12.2008
Le chant de gorge (katajjaq)
(J'ai reconstitué le premier paragraphe qui a été perdu dans la sphère du Net. Allez savoir pourquoi!)
Il y a des gens auxquels on peut tout dire. C'est du moins comme ça avec une collègue de travail. Dès que les discussions commencent, une grande complicité s'établit et les échangent prennent alors un tour encore plus enfiévré. On a vraiment l'impression de se comprendre parfaitement.
Le courant passe si bien qu'on a dû demander à l'un l'autre s'il n'y avait pas de sentiments amoureux. On a été vite rassurés sur le fait que ces grands échanges étaient le fruit d'une belle amitié. Et c'est bien tant mieux.
Quand on échange des commentaires, il y a une sorte de fièvre de communiquer que j'éprouve rarement avec d'autres. Les mots se bousculent, elle m'interrompt, je réplique, elle rit, je ris et cela continue jusqu'à ce que l'heure de la pause est terminée.
Quand je lui parle, même si je ne la touche pas, j'ai l'impression d'effleurer ses paupières, de tâter son front, de peigner ses cheveux, de saisir même son essence.
Puis, tard dans la journée, quand elle n'est plus là, je pense au chant de gorge des Inuits. C'est une sorte de compétition dans laquelle deux femmes émettent des sons jusqu'à ce que l'une d'elle ne puisse continuer. C'est comme une lutte de la volonté.
Nous aussi, c'est un chant de gorge, mais il n'y a pas de rivalité. C'est un chant de gorge où l'un l'autre nous nous encourageons à parler encore et encore.
Je la salue, cette collègue, que je ne verrai pas d'ici trois semaines. Les vacances!
19:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.12.2008
Les médias au Québec
Je n'ai pas grand-chose à dire aujourd'hui.
Alors je vais me contenter de donner un tableau montrant les principaux joueurs dans les médias au Québec.

L'heddo Voir est un cas à part:
Réalité. Les actionnaires de Voir sont, par ordre d'importance, trois petites compagnies à numéros: Gestion Putti-Jeanne, Capinabel et Gestion Phila Inc. La première est propriété du président et éditeur de Voir, Pierre Paquet. Mais la seconde est propriété du vice-président de Voir, Rémi Marcoux; la troisième est propriété du secrétaire-trésorier de Voir, Claude Dubois. MM. Rémi Marcoux et Claude Dubois sont respectivement PDG et administrateur du Groupe Transcontinental, société à qui appartient 50% de CEDROM-SNi.
Selon la plus récente circulaire de la direction de Transcontinental et selon la valeur des actions de catégorie A et B de Transcontinental au 2 juin 2000, Rémi Marcoux vaut 177,5 millions de dollars. C'est sans compter son salaire (+primes diverses) en 1999 de 1 087 222 dollars.
Claude Dubois, de son côté, vaut 2,99 millions de dollars. Ses honoraires chez Transcontinental en 1999 totalisent 519 050 dollars. Le dernier budget annuel de la CSN est de 41 millions de dollars. À lui tout seul, Rémi Marcoux vaut 4 fois la CSN.
J'espère que vous aurez savouré cette intéressante mise au point...
16:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.12.2008
Une légende de Montmartre
L'avantage d'un blogue, c'est que je suis mon propre maître. Si j'étais critique dans un hebdo ou un journal, je serais prisonnier des nouvelles parutions. Ici, je parle de mes découvertes, quand bien même les livres choisis ont déjà pris de l'âge. Why not?
L'autre jour, je vous parlais du hasard concernant la découverte d'un livre ou d'une collection. C'est ce qui m'est arrivé la semaine dernière à la BNQ. Après avoir trouvé un premier livre, je me dirigeais vers le comptoir d'enregistrement lorsqu'une page couverture a attiré mon attention.
C'était le numéro Max Jacob de la série "La légende de Montmartre". L'idée de ce livre est de réunir des extraits de journaux de gens qui ont croisé Max Jacob dans le Paris du début du XXe siècle. Enfin, je me donne la chance de rencontrer au premier chef Max Jacob lui-même, un homme rompu aux arts et aux expériences mystiques, alors qu'auparavant je le surprenais momentanément de côté, par hasard, en explorant le destin de quelqu'un d'autre.
L'idée est aussi excellente parce qu'elle permet au lecteur de prendre en note d'autres livres à partir des extraits sélectionnés. Ici, ce sont les Jean Cocteau, André Salmon (et ses Souvenirs sans fin), Fernande Olivier (Picasso et ses amis), Liane de Pougy (Mes cahiers bleus), Georges Hugnet (Pleins et déliés), de même que les lettres de Max Jacob à quelques uns de ses amis.
Sous différents angles, je découvre donc l'impressionnante personnalité de Max Jacob, à la fois grand épistolier, romancier, essayiste et peintre aux époques les plus dynamiques de Paris dans la première partie du XXe siècle. Dynamique parce que dans le giron de Jacob, quelqu'un pouvait rencontrer les Picasso, Modigliani, Apollinaire, Cendrars, Vlaminck et combien d'autres.
Pendant ce genre de lecture, il m'arrive aussi de me demander comment j'aurais navigué dans ce monde de géants si j'avais vécu à cette époque et dans ce coin du monde. Ouais... Ils étaient très forts...
Avant de poursuivre ma lecture, je vous laisse avec cet extrait de Picasso et ses amis par Fernande Olivier. On y parle de l'attitude générale de Picasso, sujet débattu dans le blogue d'helenablue récemment:
Picasso n'était spirituel que lorsqu'il attaquait (...). Il aimait à faire montre d'un esprit plus méchant que sa nature ne l'était foncièrement; je pense que c'est à cause de cela qu'il prit l'habitude de le la méchanceté. Il n'était pas généreux et ses amis, s'ils n'osaient le lui dire, le pensaient et se moquaient entre eux. Mais pourquoi reprocher à Picasso un défaut qui était à peu près général dans la bande? Car, sauf Max Jacob, quels étaient les "généreux" ou ceux qui, sans l'être beaucoup, se montraient secourables ? (...)
La légende de Montmartre racontée par Max Jacob le fou de Dieu. Éditions Gabrielle. 126p.
Découvrez Emile Carrara!
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07.12.2008
Victor Lévy-Beaulieu et Yves Thériault
Ouais, c'est pas un titre accrocheur mais je n'ai pu trouver mieux pour un essai unique dont je vois rarement la pareille ailleurs dans la littérature. Un auteur (Victor Lévy-Beaulieu - VLB) qui parle d'un autre auteur (Yves Thériault) dans une sorte de symbiose, de sorte que l'histoire de l'un s'intercale avec celle de l'autre, à une génération de différence. Fascinant concept.
Il s'agit de l'essai Un loup nommé Yves Thériault. Du beau travail. J'avoue que j'hésitais à lire l'ouvrage. C'est qu'il y a le personnage médiatique et l'écrivain. Il y a aussi l'essayiste, le dramaturge, le romancier, le critique, l'éditeur, le polémiste et même le pamphlétaire. Tout cela peut être perturbant pour qui ne prend pas la peine de le connaître. Il s'agit de Victor Lévy-Beaulieu (photo ci-contre), un homme polymorphe et en constante évolution. Un écrivain sensible aux symboles qui sous-tendent la civilisation québécoise et qui tente de maintenir en vie ces fameux symboles face à la déferlante de la mondialisation et du rouleau compresseur anglo-saxon.
Je ne vais pas vous parler de l'oeuvre de VLB - dont je n'ai pas fait le tour encore -, mais seulement de son essai portant sur Thériault, cet écrivain québécois qui a marqué notre univers de la littérature, principalement dans les années '50 et '60 et dont héritage, celui de Thériault, nous influence encore.
J'en avais dit un mot rapidement sur lui dans Virage I et II, billets où je parlais de l'exposition en son honneur à la BNQ (bibliothèque nationale du Québec).
Le trait dominant de l'essai, c'est cet immense phénomène d'identification de VLB face au "père" Thériault. Ce dernier a ouvert les voies d'une littérature vivante à l'image d'un Québec du terroir en train de disparaître à cette époque alors que ce territoire passait d'un mode de traditionnel à celui de la modernisation tous azimuts. Thériault est venu au monde en ville d'un père amérindien (d'origine malécite) et d'une Blanche, plus tard il apprendra le territoire et les Amérindiens; VLB est né d'une famille typiquement québécoise dans la campagne du Bas-du-Fleuve, quelque part près de Trois-Pistoles.
C'est le déracinement causé par le déménagement de la famille de VLB (à Montréal-Nord) qui aura causé son premier traumatisme. Et c'est tout cela mêlé à des rapports dysfonctionnels avec sa famille qui lui aura fait découvrir la littérature. (Une enfance tout aussi tourmentée aura eu le même effet sur Thériault). Puis il y a eu une première rencontre littéraire entre VLB et Thériault, ce qui a marqué le début d'un long processus, marqué de nombreux soubresauts, qui les mènera finalement à se connaître et à devenir amis.
Lire Un loup nommé Yves Thériault, c'est comprendre les fondations de la littérature québécoise contemporaine, c'est comprendre les difficultés d'un écrivain québécois voulant se faire publier dans un monde quasi-indifférent à la littérature et dont l'édition était limitée par deux maisons... On est partis de loin, en effet. C'est aussi comprendre l'itinéraire d'un homme complexe comme Thériault (photo ci-contre), fasciné par la violence qui habite ses personnages et qui est marqué par le fatalisme de la vie. C'est aussi apprendre la vision de Thériault sur les Amérindiens (Ashini) et celle des Inuits (Agaguk, Tayaout et Agoak) et ses inquiétudes sur la perte des traditions chez les Premières Nations face à l'américanisation de leur territoire. C'est aussi jeter un coup d'oeil sur l'ensemble de son oeuvre comprenant aussi des contes pour enfants et ses travaux à la radio durant sa jeune vie d'adulte. Plein de choses en fait.
Vers la fin de l'essai, on apprend comment la jonction s'opère finalement entre l'écrivain en fin de carrière, Thériault, et celui qui la commence tout en faisant de l'édition, VLB.
Écrit d'une manière claire, vivante, imagée, cet essai est une belle porte d'entrée pour connaître la littérature de chez-nous.
Un loup nommé Yves Thériault. Éditions VLB. 266p.
ps: pour votre information, le nom "malécite" pour les Amérindiens du Nouveau-Brunswick vient de cette origine:
"Malecite":
"It has recently been suggested that the Malecite tribe of the St-John River area were métis, deriving from liaisons between the fishermen of St.-Malo and the local Abenaquis, the name Malecite being a corruption of the Abenaquis word Malouidit, signifying a man of St.-Malo. See Lucien Campeau, S.I. (ed.), Monumenta Novae Francia, I, La première mission d'Acadie (1602-1616) (Rome and Québec, 1967), p. 118."
Tiré de France in America de J.W. Eccles (295p.)
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06.12.2008
Les hebdos culturels de Montréal II
Disons-le franchement, si Ici-Montréal existe, c'est en réaction à l'existence de Voir. Derrière ces deux hebdos se tiennent deux "barons" de la presse: Transcontinental (magazines) et Québécor (Journal de Montréal - Ici-Montréal, entre autres). La vocation culturelle de ces deux publications n'est qu'un prétexte à fourguer encore plus de pubs, celles que les quotidiens ne peuvent absorber.
Durant mon petit cours mongol de journalisme (il y a eu une grève étudiante et le département lui-même était en débandade complète faite de disputes entre gestionnaires et profs), je n'ai rien appris. RIEN. Parce que je savais déjà que la pub était le moteur essentiel d'une publication. Joual-vert, j'avais pas besoin d'un cours pour ça. Et pas plus pour apprendre à écrire selon le mode nord-américain (le lead et le corps du texte en pyramide inversée) qui est une immense supercherie de fausse objectivité.
Anyway, je vais me concentrer sur Ici-Montréal pour faire pendant au billet précédent.
Un instant, je vais aller chercher mon café... Surp...
Ahhhh..., qu'est-ce que je ferais sans café au lever du matin. Ce serait le drame. Déjà que j'ai arrêté de fumer...
Alors voici pour Ici. Quand cet hebdo a été lancé, il y avait une brochette de bons chroniqueurs. En plus il était mince, ce journal. Une trentaine de pages. Donc la pub était à son minimum et il n'y avait même pas de section poche de publi-reportage. Le quasi-paradis sur terre.
Pour savoir à quoi ça ressemblait, je vous invite à lire le commentaire de Stanley Péan. C'est l'avis de quelqu'un qui l'a vécu de l'intérieur.
http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?arti...
Et cet autre lien sur la dispute Péan-Barbe selon Péan:
http://www.stanleypean.com/?p=239
Bon, je crois que j'ai mis le pied dans un nid de guêpes. En lisant le blogue de Mistral, coïncidence, il est justement question de la dispute entre Péan et Barbe. Moi et mes impertinences... Je suis le plus malhabile des zommes. Pour rétablir l'équilibre je vous renvoie au blog de Mistral qui donne la version - celle du 6 décembre - qu'il soutient:
http://vacuum2scrapbook.blogspot.com/2008/12/ce-damn-prix...
Faut croire que le sujet des hebdos culturels était dans l'air du temps... Je continue donc...
Il y a d'abord eu une recomposition de la "salle de rédaction": Québécor trouvait la facture du journal trop intellectuel, alors un coup de balai s'imposait pour une nouvelle orientation. Et il y en a eu plusieurs. Au fil des révolutions de palais, il y a quand même eu les chroniques de Louis Hamelin, celles de cinéma par l'immense Denis Côté, les divagations de François Avard, les critiques fouillées de Robert Lévesque et quelques autres encore. Tous ceux-là sont partis ailleurs.
Que reste-t-il? Le cinéaste Pierre Falardeau vient d'y faire son entrée. Je l'aime bien mais il se répète un peu. Bof, tout le monde se répète dans la presse. Moi-même dans mon blogue... J'aime bien aussi Michel Vézina qui fait dans le livre et les arts en général. Je suis toutefois incapable de lire Pierre Thibeault. J'ai beau le lire, je finis par me gratter jusqu'au sang. C'est une sorte d'existentialiste faussement contemporain, un type capable de fêter le 24 juin (le Québec) dans sa tête, faute de quoi vous êtes un colon si vous le manifestez. Cette fois-là, j'avais pondu une lettre d'insulteS bien torchée que je me suis résigné à ne pas envoyer. Il n'aurait même pas compris...
Et Ici comme Voir a sa version virtuelle. On y entend même le bruit des pages qu'on tourne...
Euh..., pour John Saul, ce sera pour une autre fois. Entretemps, vous pouvez lire le compte-rendu d'un style et d'un contenu ultra-convenus.
http://www.myvirtualpaper.com/doc/ICI-Montreal/I20081204_...
07:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.12.2008
Les hebdos culturels de Montréal I
J'ai déjà lu avec avidité le journal culturel Voir, longtemps la grande référence populaire sur tout ce qui bouge en la matière à Montréal. C'est en grande partie parce qu'il y avait de bons chroniqueurs et que ce sont eux qui font normalement l'intérêt d'une publication.
Si j'ai décroché il y a au moins deux ans - sinon trois -, c'est que la section cinéma est tombée en chute libre avec le départ de George Privet et, dans une certaine mesure, celui de Juliette Ruer. Les remplaçants n'ont pas été à la hauteur et ne le sont pas encore. Ils écrivent des critiques comme on fait de la peinture à numéro. Désolant.
Je pense aussi à l'excellent Éric Grenier qui tenait la rubrique municipale et qui avait la verve et l'ironie pour dépeindre avec adresse la niaiserie de nos gestionnaires. Il aura trouvé un refuge dans un journal spécialisé (Jobboum) et tant mieux pour lui. Il aura largement donné de son côté créatif pour se faire une place peinard ailleurs.
Ces départs systématique des grosses pointures m'ont l'air d'avoir affecté toutes les rubriques de cette publication, de sorte que lorsque l'éditorialiste Richard Martineau a quitté le navire, j'étais déjà ailleurs. Ce n'est certainement l'insipide Martineau - l'homme sans opinion qui surfe sur l'événement et qui s'ingénie constamment à faire l'avocat du diable - qui aurait fait de moi un lecteur fidèle. Avant lui, il y avait Jean Barbe que je ne cite que de mémoire, n'étant pas à Montréal à l'époque où il régnait sur cette boîte.
Aujourd'hui, c'est à peine si je passe sur le site pour regarder l'horaire cinéma. Je ne touche même pas à son format papier, tellement il est rempli de pubs et que l'on se demande ce qu'il y a à lire dans cette masse tragique de papier.
Par ailleurs, il y a Ici-Montréal, l'autre publication culturel qui a subi aussi quelques mutations depuis ses débuts. J'en parlerai dans une autre note... Ne serait-ce que pour parler de la dernière publication de John Saul...
Une petite note nostalgique - sans lien synchrone avec les événements journalistiques plus haut - que je souligne par un passage musical de Pink Floyd, Us & Them:
17:41 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La cohue de la sur-consommation
Je ne serai pas original cette fois-ci. Je ne vais me contenter que de reproduire une partie le billet de Pierre Foglia paru dans La Presse le 2 décembre dernier.
Ahurissant.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/pierre-fo...
Un employé de Wal-Mart a été piétiné à mort par une foule de consommateurs qui, après avoir fracassé les doubles portes vitrées du magasin, s'est précipitée vers les super soldes de liquidation de ce lendemain de Thanksgiving, notamment des téléviseurs plasma 50 pouces à 798$, des mini aspirateurs à 28$ et des caméras numériques 10,2 mégapixel à 69$.
La nouvelle plus en détail, toujours selon Foglia:
Le lendemain de Thanksgiving, appelé Black Friday, est la plus grande journée de magasinage aux États-Unis, plus grande encore que le Boxing Day du lendemain de Noël.
Environ 2000 consommateurs ont attendu toute la nuit devant les portes du Wal-Mart du centre commercial Green Acres de Valley Stream, à Long Island, dans l'État de New York. Plus approchait l'ouverture prévue pour 5h du matin, plus la foule devenait agitée. À 4h55, une charge venue de l'arrière a projeté les premières rangées sur les doubles portes vitrées qui ont été fracassées et la foule s'est engouffrée.
Les employés du magasin qui, de l'intérieur, essayaient d'endiguer la ruée ont été soit emportés, soit renversés. C'est le cas de Jdimytai Damour, d'origine haïtienne, 34 ans, qui a été piétiné à mort.
Quand, une heure plus tard, les haut-parleurs du Wal-Mart ont annoncé à la foule qu'elle devait quitter le magasin parce qu'un employé avait été tué, des protestations se sont élevées, les consommateurs ont refusé de quitter les lieux criant qu'ils avaient attendu toute la nuit l'ouverture des portes.
Que dire de plus? Sa conclusion:
Je n'ai pas écrit cette chronique. Je l'ai tirée de l'actualité comme une baleine que j'aurais tirée de la mer, aussi grosse que ça.
Je ne parle pas de l'assassinat d'un employé. Je ne parle pas d'un simple fait divers. Je parle d'un système qui repose tout entier sur la consommation dont on nous rabâche qu'elle est LE grand vecteur de civilisation.
Vous savez où vous pouvez vous la mettre cette civilisation qui porte 2000 abrutis à passer la nuit devant un Wal-Mart?
C'était ma 201e note depuis l'ouverture de ce blogue. On cherche les anniversaires ou les marques que l'on peut... ;)
Découvrez Pink Floyd!
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04.12.2008
La fausse humanité
Vos derniers commentaires à la suite de la dernière note ont peut-être eu quelques effets sur moi.
Combiné cela à l'actualité politique canadienne et, immanquablement, je suis poussé à faire des observations sur notre premier ministre conservateur Stephen Harper.
Voici la photo parue en première page du journal La Presse d'aujourd'hui.
Quand je l'ai vue, cette photo, j'ai eu un petit choc. Voici un homme politique ouvertement de droite et se réclamant du néo-libéralisme et de la mondialisation. Du coup, il a aussi une forte tendance à vouloir procéder au démantèlement de l'État (et de ses programmes sociaux) cela, afin de mettre en branle une baisse générale des impôts qui ne profitera qu'aux plus riches.
Bon, je pourrais m'étendre à l'infini sur ce sujet et je n'arriverais pas à donner un tableau complet d'un homme politique qui semble pratiquer un énorme double-jeu à bien des niveaux. Entre la pseudo-ouverture d'esprit dont il se réclame et la réalité, il y a un immense fossé.
J'en tiens pour témoin cette photo en première page. De toute évidence, elle a été numérisée au maximum. Même les traits de son visage ont l'air d'avoir été reconstruits, au point où je crois que même son sourire est un faux... Tout semble tellement fabriqué que c'est à se demander ce qu'il reste de l'homme. Surtout quand on sait que Harper est un chauve naturelle... ;)
Et cette petite épinglette (à la manière des Américains) montrant le drapeau du Canada en miniature... Cela me fait penser aux anciens dirigeants soviétiques avec un épinglette montrant le marteau et la faucille en miniature.
En fait, la photo en elle-même a les allures de l'ancienne propagande communiste. Comme quoi, il importe peu le parti pour lequel vous représentez.
C'est le style qui fait l'homme.
15:55 Publié dans Photos | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.12.2008
Le subjonctif et autres considérations
En matière de la qualité de la langue, je suis assez libéral. J'suis capable de m'adapter à mon interlocuteur. Je me contente d'être en phase avec la personne. Pas question de reprendre en aucune manière quelqu'un en train de parler.
Avec les pro de la comm, par contre, je suis plus pointu. Et s'il y a un truc que je ne peux plus endurer c'est le non-respect de certaines règles. Par exemple, quand j'écoute la radio et que le reporter utilise la locution conjonctivale "bien que" ou "malgré que", j'attends anxieusement la suite pour savoir s'il sait que cette locution commande impérativement le mode subjonctif. Va-t-il/elle le faire, oui ou non?
Trop souvent, l'enfoiré(e) de la comm utilisera le mode indicatif. J'pus capab'e!
J'ai déjà été assez con pour appeler au service linguistique de la SRC pour leur signaler ce problème. Ils m'ont ri au nez. Shit! Bachi-bouzouk de merde!@!
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Cette nouvelle est destinée pour nos bons amis Français... et aussi Québécois, bien entendu.
Je viens d'apprendre que l'excellent ancien joueur de hockey Hubert "Pit" Martin est mort d'un accident de motoneige. L'ancien joueur de 17 saisons dans la LNH (Ligue Nationale de Hockey) ayant porté l'uniforme des Black Hawks de Chicago, des Red Wings de Detroit, des Bruins de Boston et des Canucks de Vancouver - je vous rappelle son parcours seulement pour vous rafraîchir la mémoire - est décédé à l'âge de 64 ans.
Lui et son ami se baladaient en motoneige et en traversant un lac gelé, la glace a cédé juste comme Martin passait par là. Un accident mortel stupide. Je ne comprends pas ce genre de truc. Fin novembre, c'est encore trop tôt pour se promener sur un lac, non? Peut-être que Sandra Gordon pourrait nous en dire plus long sur le sujet.
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L'écrivain John Saul avait l'habitude de tenir salon dans un café de Toronto sur Yonge Street, le matin à l'heure du déjeuner. La première fois, je n'y ai pas cru. Les fois suivantes, j'ai dû accepter l'idée que c'était bel et bien lui qui était assis sur un tabouret, les coudes appuyés sur un comptoir, à regarder autour de lui pour voir si quelqu'un était intéressé de débattre de n'importe quelle question.
Chaque fois que je le voyais dans cette posture, je baissais les yeux pour lire mon journal. D'ailleurs, je n'ai jamais vu personne relever le gant.
(Jamais lu un livre de Saul.) :gene:
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Pendant que vous lirez ces considérations intempestives, je serai en train de bosser et de transpirer. Faque, c'est ça quié ça...
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01.12.2008
Ces quelques livres surestimés...
Il y a des livres incontournables dont tout le monde parle et qui, pourtant, nous laissent indifférents. Par exemple, on me disait que La Mythologie (Ses dieux, ses héros, ses légendes) d'Édith Hamilton devait être lu coûte que coûte. Eh ben je l'ai lu ce livre. Presque attentivement. Pourtant, aujourd'hui, je le regarde comme un inconnu. Il ne m'a rien donné malgré mes efforts. Il faudra qu'un autre auteur trouve un angle d'approche qui laissera des traces dans mon esprit. En tout cas, j'en ai plus appris d'Homère que de Mme Hamilton, alors que lui était un grand conteur et l'autre une spécialiste en la matière...
Même chose pour le livre de Robert Delort, La vie au Moyen-Âge. J'en ai plus appris avec le mystérieux et tortueux Michelet sur le même sujet. Allez savoir...
En matière d'économie, sujet aussi élastique que la scholastique du Moyen-Âge et ouvert à toutes les interprétations les plus farfelues, j'ai pas pigé grand-chose au livre de John Kenneth Gailbraith, L'Argent, alors que Robert L. Heilborner dans Les grands économistes réussit à présenter les grandes lignes de cette science molle et vague comme le smog de Londres.
De toute manière, en ce qui concerne l'économie, je crois que dans mon cas c'est une immense perte de temps. J'aurais beau lire une dizaine de livres que je ne serais pas plus avancé. Ceux qui ont de l'argent savent en faire encore plus, pendant que les autres, comme moi, mangent leurs bas de laine.
Celui qui me l'a fait comprendre, c'est le spécialiste montréalais en placement Stephen A. Jarislowsky avec son essai Dans la jungle du placement. Dans ce livre, il finit par dire qu'il ne s'occupe pas de clients n'ayant pas un minimum de 500 000 $ à investir... Là, j'ai compris pour de vrai. Tenez-vous le pour dit, si vous avez du pognon à investir, placez-le dans les produits de consommations stables (médicaments, transports et alimentations) et dans les blue chips. Moé, j'ai pas une cenne à mettre là-dedans.
Le plus étonnant, c'est qu'un même auteur peut vous faire vivre les deux émotions contradictoires que je viens de décrire. Le meilleur exemple, dans mon cas, c'est Chateaubriand. Autant il m'avait emballé dans Mémoires d'outre-tombe, autant il m'a décontenancé dans Itinéraire Paris-Jérusalem. Dans ce dernier cas, je crois bien que mon manque d'érudition explique ce passage à vide.
Tout cela pour dire que dans le domaine de la littérature et du livre en général, il y a des rendez-vous manqués. On se rattrape alors avec d'autres auteurs pas nécessairement recommandés par le grattin des critiques de journaux ou les fameux "coups de coeur" de libraire. Le livre dont vous avez besoin est quelque part à vous attendre au moment où vous vous y attendez le moins, à l'un de vos détours inattendus chez une librairie de livres usagés ou à la bibliothèque du coin.
Souvent, ce livre dont vous avez besoin n'a pas la mine du livre neuf mais il a de la gueule. Même avec sa page couverture racornie et ses pages jaunies, il recèle des moments rares de lecture. C'est comme mon libraire. Lui et sa grosse barbe. Bonne pâte et référence imbattable.
Rendu ici, je crois que je déparle. Il est temps de mettre mon bonnet de nuit.
@ +
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30.11.2008
Jean O'Neill sur Allen Ginsberg
Je ne connais absolument pas l'écrivain dramaturge (et journaliste) Jean O'Neil (photo ci-contre). Apparamment, il est important dans notre littérature nationale. Vous me permettrez dans les prochains mois de faire le "ménage" là-dedans, ayant stupidement négligé de lire mon monde. Il n'est pas trop tard. C'te "prem" je vais aller chercher la bio de Thériault par VLB (Victor Lévy-Beaulieu). Ne désespérez pas, je vais m'y retrouver.
Là où je voulais en venir, c'était au sujet de la chronique de Chantal Guy de la section "Lectures" de La Presse. J'ai retenu une citation d'un extrait de O'Neil, justement. C'est une critique sur le tourisme littéraire:
Je ne pousserais pas le culte jusqu'à demander à coucher dans sa chambre (celle de Rimbaud) comme le fit, en 1982, cette ordure d'Allen Ginsberg, qui se réclame de sa paternité, lui et combien d'autres, ignares arsouilles de tout acabit, soûls et drogués jour et nuit, leur vie durant, à des années-lumière de sa culture, de son érudition, de son art, de son talent, et qui n'ont retenu à moitié que les injures et les crachats de sa brève période bohémienne.
Je ne savais pas qu'O'Neil était capable de colère. Miam, miam. Enfin quelqu'un se donnant les moyens de parler et de dire les choses comme il l'entend. Qu'il ait raison (pour la chambre à Rimbaud, je suis tout à fait d'accord, il faut vraiment avoir un nez brun pour y passer la nuit) importe plus ou moins; qu'il prenne la parole et l'assume, je dis "bravo!".
Un dernier petit mot sur Ginsberg (à droite sur la photo, à côté de Dylan) l'homme (car je ne me suis jamais donné la peine de lire son poème épique Howl). Je le vois moi aussi comme un coureur d'ambulance, un type à la traîne des véritables artistes. Le voilà qui a succionné Jack Kerouac jusqu'à la moëlle, ce dernier l'appelant de la Floride à sa piaule de San Francisco pour l'engueuler de longues minutes, quitte à devoir acquitter une lourde facture d'interurbain. Kerouac se payait un dernier grand luxe - régler ses comptes - avant de crever au bout de son sang (rupture de varices oesophagiennes) à 46 ans!
Et dire que Ginsberg croyait qu'on pouvait décomposer le processus créatif et l'enseigner! Quel abruti! Et cette manie de filer le train à Kerouac - sans vouloir faire de jeu de mots... -, comme pour découvrir la magie de l'écriture. Il l'aura jamais trouvé, quand bien même il aura porté les camisoles de Kerouac, enfoiré de première! Si j'avais eu le quart d'once de talent de Kerouac, j'aurais largué Ginsberg dès le début. Et vite fait, à part de ça! (Jurons que je tais pour vos oreilles en ce dimanche matin...) Mais Kerouac était un peu comme Nijinski, un mélange de naïveté et de candeur. Il aura laissé faire. Moé, en té ka..., tu touches pas à l'âme d'un créateur. Jamais.
Le même Ginsberg qui file ensuite le train à Bob Dylan et de combien d'autres encore. Infatigable ce type. Et quelle grand salope, c'est pas croyable! Il est sur toutes les photos d'actualité underground de ces années-là. Un vrai kid kodak. Un m'as-tu-vu égocentrique fonctionnant aux piles triple A. Joual-vert. Toujours en coulisses pour faire la promo des autres (tout en se faisant voir) ou la sienne le plus souvent. Bref, j'ai pas un bon feeling de cet oiseau de malheur de pique-assiette. Il est un peu le Jesse Jackson de la littérature. Jackson était jamais loin derrière dans la cour de Luther King (Jackson avait du sang sur sa chemise le jour de l'assassinat de King) et encore dans les coulisses cette fois d'Obama et de combien d'autres, meanwhile.
En té ka. C'était mon éditorial vitriolique du dimanche. Bonne journée à tous! ;)
10:48 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29.11.2008
Bouchon de circulation
Ça se passe sur la Métropolitaine. J'écoute une station mongol. Y en a marre.
Phase-1: piégé par un mur de béton:
Phase-2: de l'autre côté, c'est un camion routier... J'veux juste m'en sortir...
Phase-3: j'ai failli emprunté une voie interdite, mais je me suis contenu... Un autre épisode des bêtises à l'unité ou en vrac...
07:48 Publié dans Bêtises à l'unité ou en vrac | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.11.2008
Nostalgie II

J'ai appris à connaître les peintures de l'Ukrainien Ilya Yéfimovitch Repine (1844-1930) grâce aux pages couvertures de la collection folio de Gallimard. Aussi bête que cela.
Cette reproduction se trouvait sur la page couverture d'un récit de Gogol intitulé Taras Boulba. Ça parlait de la lutte des Cosaques contre les Polonais d'Ukraine au XVIIe siècle. Je l'ai lu et pourtant c'est comme si ça appartenait à une autre vie parallèle. Anyway.
Je ne m'attarderai pas sur Gogol, car il y aurait tant à dire sur lui que déjà je perdrais le fil que j'essaie de suivre dans cette courte note. Nabokov a déjà écrit une belle petite bio sur ce grand auteur. Pour ceux qui veulent s'affranchir...
En fait, si je parle du peintre réaliste Repine, c'est que son oeuvre - pour le peu que j'ai pu en voir - me dit quelque chose. D'abord je suis aussi fou des Cosaques que des Arméniens. Les Cosaques ont longtemps été reconnus comme des gens loyaux et courageux. Et authentiques. Heureux les rois ou tsars qui pouvaient compter sur eux!
Ici, la peinture montre des Cosaques à l'oeil pétillant en train d'écrire une lettre d'insultes au sultan de Turquie. Hé, hé!
Ce genre d'image me renvoie inévitablement à une caricature des réunions familiales du côté de mon père. C'était des gens qui, pour la plupart, avaient été élevés à la campagne et leur trait commun était la simplicité et la camaraderie. Quand ils se réunissaient, il y avait une gaieté naturelle dans l'assemblée. Des voix fusaient de part et d'autre et la fumée de tabac était tellement concentrée que je devais me frotter les yeux pour tenir le coup. Immanquablement, les soirées s'étiraient jusque tard dans la nuit à jouer aux cartes ou à n'importe quel autre jeu. Ce n'était que lorsqu'ils étaient exténués qu'ils finissaient par se lever de table à moitié saoul pour plusieurs d'entre eux.
Ce genre de climat (typique du temps des Fêtes) appartient désormais à une autre époque. Quelque chose s'est passé tranquillement et sournoisement, de sorte que ce n'est plus la même chose. Des conflits familiaux ont pris le relais, d'autres sont malades, d'autres je ne sais plus.
Peut-être est-ce moi qui vois cela d'un autre oeil. Peut-être bien... Mais j'adore toujours les Cosaques et les Arméniens!
17:40 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.11.2008
Nostalgie
J'ai longtemps été un grand nostalgique. Je cultivais le passé comme d'autres collectionnent des timbres... Ouais, l'image n'est pas vraiment inspirante...
Quoi qu'il en soit, la nostalgie sans retenue peut être malsaine. Pour vous dire la vérité, c'est quand j'ai lu l'oeuvre complète de Ste-Thérèse d'Avila que j'ai compris le piège à nostalgie. Je ne saurais comment vous rapporter comment elle expliquait en quoi consistait le danger de la nostalgie, mais je peux vous dire que dès ce moment-là j'ai été libéré d'un petit fardeau.
Le fardeau des "si" et des "peut-être que". Le fardeau des impossibles futures et le refus du présent.
"Et si elle n'était pas morte!"
Maintenant je fonctionne plus en phase avec le présent et un peu plus en fonction de l'avenir. Mais il m'arrive encore des bouffées de nostalgie. Les épisodes ne sont pas trop longs mais peuvent être de bonne intensité. Ils arrivent comme une locomotive et me traversent le corps.
Sans pitié.
Et des images se passent dans ma tête. Je vois des visages et j'entends des mots. Il m'arrive de serrer les poings ou d'avoir la gorge serré. D'autres fois c'est une sorte de bonheur étrange et irréel. Et là je plane carrément.
Dans ces moments-là, je relirais Richard Brautigan ou Chateaubriand. Drôle d'association me direz-vous.
Ou j'écoute une toune pop ultra connu. My immortal. Bonne journée à mes visiteurs.
20:37 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23.11.2008
Street art de Peter Gibson
Depuis quelque temps, je parcourais les rues de Montréal sans savoir qu'un artiste y laissait sa marque. En particulier sur le bitume. En rétrospective, je me suis rendu compte que même dans mes notes de blogue j'avais utilisé des photos mettant en vedette ses peintures à la bombe... C'est en naviguant sur le Net que j'ai pu faire le lien entre ses graffitis et Peter Gibson, un Montréalais qui est depuis peu devenu un artiste connu internationalement aussi connu sous le pseudonyme Roadsworth.
Le travail de Gibson est une sorte de tentative de symbiose entre le citoyen et les structures urbaines impersonnelles. Son premier réflexe aura été d'ornementer les signes routiers sur l'asphalte des rues. Comme ce genre de geste est illégal - because l'espace des rues appartient à la Ville, non aux particuliers, et aussi en raison de l'impératifs sécuritaires -, Gibson faisait ses graffitis artistiques la nuit. C'est ainsi qu'au matin, en se rendant au boulot, des citoyens apercevaient un hibou en peinture se tenant sur une ligne blanche ou encore une fermeture à glissière au début d'une intersection en Y!
Beaucoup de responsables de la Ville eux-mêmes croyaient que c'était un projet mené par un des départements de l'administration urbaine, aussi c'est grâce à l'immensité de la machine administrative que Gibson a pu continuer son travail sans être dérangé. Et cela, jusqu'à ce que la police s'en mêle et monte un dossier contre lui. Pendant ce temps, un cinéaste (Alan Kohl) a voulu suivre le cheminement de Gibson en documentant sur pellicule son travail. C'est ainsi qu'a commencé le documentaire Crossing the line. Et c'est ainsi que Kohl a suivi Gibson durant ses démêlés avec la justice municipale et sa première tournée en France, en Angleterre et en Allemagne.
Pendant toute cette période, Gibson a commencé à réfléchir sur sa démarche qui se voulait au début tout à fait intuitive. D'abord inspiré par le naturaliste Andy Goldsworthy (on aura deviné d'où vient son pseudo), Gibson a transposé sa démarche dans le cadre urbain. Mais il a fallu qu'il poursuivre sa réflexion de manière à se définir encore mieux et ainsi développer son langage artistique.
Pourquoi ce désir de laisser sa marque sur le territoire urbain et risquer des ennuis d'ordre judiciaire? Quel message entend-il véhiculer? Sans pour autant être une personne versée dans les références artistiques majeures, Gibson démontre qu'il possède une grande maturité et un grand sens des proportions, de sorte qu'il arrive à articuler une sienne pensée tout à fait originale, sans se sentir déborder par le grand héritage de la culture occidentale. En d'autres mots, Gibson réussit à rester lui-même et à se concentrer sur son cheminement sans se prendre pour un autre, malgré les multiples marques de reconnaissance qu'il reçoit de partout dans le monde.
En ce qui concerne la poursuite de la Ville à son endroit, le documentaire montre qu'il y a eu une entente hors-cour satisfaisant les deux partis. Gibson n'aura pas de dossier criminel, en retour de quoi il devra faire du travail communautaire pour la Ville. L'ironie voudra qu'il fasse à découvert ce contre quoi la Ville le poursuivait. Bien entendu, c'est dans un cadre légal et dans un espace bien déterminé...
Seulement à la mi-trentaine, Gibson a donc réussi à se démarquer par son activité artistique. Il lui reste à découvrir d'autres voies et à cheminer vers l'appel qu'il ressent à l'intérieur de lui.
Pour en voir plus sur son travail, voici le lien de son site internet:
http://www.roadsworth.com/main/index.php?x=browse&cat...
Autre lien pour un extrait vidéo du docu:
http://www.cinemapolitica.org/films/394
07:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.11.2008
Tuco chez l'armurier
Eh ben, j'cré ben qu'il y a un dieu pour les blogueurs.
J'ai retrouvé la scène de Tuco chez l'armurier sur Dailymotion. Quelle joie! Le seul ennui, c'est que je ne peux utiliser une fenêtre vidéo sur ma note. Faudra cliquer sur le lien ci-dessous pour visualiser le génial extrait.
(Je ne sais pas comment exporter dailymotion sur hautetfort, mais je peux le faire grâce à blog-it express. L'extrait peut donc être vu sur la colonne de droite, temporairement, à l'enseigne des Carnets de bord.)
http://www.dailymotion.com/relevance/search/eli%2Bwallach...
23:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Tuco le magnifique
Tuco, c'est le truand de ce magnifique trio de malins cowboys du film Le bon, la brute et le truand de Sergio Leone (1966). Dans mon palmarès cinématographique, c'est le plus grand film toutes catégories confondues. Je le regarderais en boucle sans m'ennuyer. Tout me fascine dans ce film, autant les dialogues que les personnages, les prises de vue, la musique d'Ennio Morricone.
Le personnage de Tuco, en particulier, ne cesse de m'intriguer. Quelle étrange combinaison de méchanceté, de roublardise et de candeur tout à la fois! L'acteur Eli Wallach a certainement composé l'un des personnages les plus marquants du cinéma. Dommage que je n'ai pas retrouvé la scène chez le marchand d'armes. Totalement hilarant.
J'ai par contre retrouvé une séquence d'un documentaire sur le making of du film. On y revoit Eli Wallach chez l'armurier (dans le 2e clip) et bien d'autres séquences commentées par les principaux artisans. À s'en lécher les babines. On y explique tout le climat sur le plateau du film. Je vous jure que j'aurais aimé en être témoin, ne serait-ce qu'à titre de porteur d'eau. Pour votre propre plaisir d'amateurs de cinéma... Miam, miam!
10:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21.11.2008
Couleurs d'automne
19:44 Publié dans Photos | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20.11.2008
L'invention du pouvoir II

La police de Kerensky et les autorités militaires se préoccupent avant tout de défendre l'organisation bureaucratique et politique de l'État, les Ministères, le Palais Maria, siège du Conseil de la République, le Palais de Tauride, siège de la Douma, le Palais d'Hiver, l'État-Major général. Trotsky, découvrant cette erreur s'attaquera aux seuls organes techniques de la machine gouvernementale et municipale. Le problème de l'insurrection n'est, pour lui, qu'un problème d'ordre technique. - "Pour s'emparer de l'État moderne, dit-il, il faut une troupe d'assaut et des techniciens: des équipes d'hommes armés, commandées par des ingénieurs."
Voilà l'essentiel de Technique du coup d'État tel qu'illustré à partir de la Révolution russe et de la vision de Trotsky.
00:15 Publié dans Souvenirs de lecture | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.11.2008
L'invention du pouvoir
Je suis en train de lire un livre tout à fait formidable, Technique du coup d'État de Curzio Malaparte. Écrit par un esprit franchement supérieur, cet essai aborde la question sur la manière de saisir le pouvoir.
À travers les âges, le pouvoir politique a eu des assises différentes. Du temps de la monarchie, le pouvoir était symbolisé par le roi, ie une personne unique vivant dans un palais protégé par une garde rapprochée et quelquefois par une armée de métier.
Puis au fil du temps, le pouvoir s'est raffiné. Dans les jeunes républiques, par exemple, le pouvoir s'appuyait non seulement dans la personne du président ou du premier ministre mais aussi sur une Assemblée constituante, l'armée, la police et les différents ministères et organes du gouvernement. Celui qui voulait saisir le pouvoir devait le faire par le voie législative, quitte à recourir à la violence avec l'aide de militaires. Cette situation est conforme au coup d'État de Bonaparte du 18 Brumaire.
Voilà l'un des coups d'État historiques qui a fait école et que Malaparte s'applique à décortiquer en revisitant les différentes phases de cette opération. D'abord mise au point dans ses plus infimes détails par Siéyès, les suites appartiennent au président Lucien Bonaparte et surtout à son frère le futur Napoléon.
Là où toutefois Malaparte veut en venir, c'est que le pouvoir comme la société évoluent, aussi un coup d'État se doit être synchronisé avec le mode de fonctionnement d'une société. Dans une société fortement technique où les modes de productions sont intimement reliés aux communications et aux formes d'énergie divers, il est clair qu'une révolution réussie est celle qui pourra maîtriser dans son coeur intime les super-structures qui régissent la vie économique, bien avant une Assemblée constituante ou des bâtiments abritant des ministères.
Voilà l'idée révolutionnaire de Malaparte et qui a fait de son essai un livre essentiel sur la mécanique du coup d'État. Cela lui a d'ailleurs causé beaucoup d'ennuis dans son Italie natale, la raison étant que ce livre constitue une critique des pouvoirs fascisants qui ont pris le pouvoir en Italie comme ailleurs en Europe à l'époque. Mussolini n'a d'ailleurs pas tarder de l'enfermer et plus tard l'assigner à résidence (aux îles Lipari) avant de l'envoyer au diable vert en Finlande au service de la presse officielle du Duce.
Ce type de coup d'État fondé sur la technique - le contrôle des centrales électriques, des gares et subséquemment des modes de production grâce à la collusion des syndicats -, c'est l'invention de Trotsky, l'âme de la stratégie d'Octobre 1917. Il suffisait d'un groupe d'activistes très bien entraînés et foutrement convaincus du "bienfait" de leurs actions pour que le coup réussisse. Le grand changement dans cette variation du coup d'État, c'est l'intervention d'un groupe restreint d'individus, contrairement aux coups d'États classiques où l'armée jouait un rôle de premier plan.
Si je parle du livre culte de Malaparte, c'est aussi en réaction à la critique d'hoplite sur la gauche européenne (sinon française) contemporaine qui se distingue par son apathie et sa veulerie. En fait la gauche n'a plus de gauche que le nom, tant elle a épousé toute la pensée de la droite, celle du productivisme et de l'utilitarisme tous azimuts.
Quel est le véritable coup d'État actualisé? Le coup d'État médiatique, celui où on vous convainc dans votre tête de l'approche utilitariste de la vie. Quand on réussit à vous faire croire que tout est économie, que tout se conjugue sous l'angle de bilans financiers, d'investissements boursiers, de cotes de la bourse, de taux de croissance et que tout se régit par des institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale, c'est que le discours gauche-droite ne tient plus.
Parce que toute la place est occupée par une seule pensée unique qu'aucune armé ni même un groupe organisé ne peut combattre. Le siège du pouvoir est donc dans vos têtes, celle de chacun de vous. Voilà où se passe la présente révolution qui est en train de prendre place.
Je blague un peu, tout de même... ;)
Technique du coup d'État. Curzio Malaparte. Ed. Grasset. 210p.
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17.11.2008
Virage II
Je reviens de l'exposition sur l'écrivain Yves Thériault. J'ai voulu prendre des photos mais le gardien m'a fait comprendre que c'était interdit. Il y a mille règlements pour l'interdire bien qu'il y ait un million de bonnes raisons de prendre des photos et même de tourner des clips vidéo.
Je n'ai pas voulu faire de scène devant ce refus. Mais c'est con.
Quoi qu'il en soit, cet après-midi, je venais de comprendre que le Québec avait son Jack London en Yves Thériault. L'homme-écrivain capable de parler du territoire et des pratiques humaines qui y sont reliées, c'est bien lui. Autodidacte et métis de par son père, Thériault s'est élevé par ses propres forces dans le domaine de la littérature.
Faute d'utiliser ma caméra, j'ai pris des notes sur un vieux calepin.
Quand j'ai commencé à écrire, je souffrais beaucoup de mon ignorance sur le plan de la langue. Alors j'ai inventé un style qui, je l'avoue, avait comme motivation première d'éviter les pièges des temps de verbe trop compliqués ou les constructions syntaxiques trop complexes.
Et encore ceci:
On peut bien me dire que j'écris mal, mais on ne m'enlèvera pas l'idée que j'ai quelque chose à dire et je le dis.
Ouais monsieur. Et celle-ci que j'apprécie encore plus:
Je ne suis pas venu à la littérature par la grande porte (...) J'ai fait de la littérature comme on gagne sa vie quand on ne dispose que de sa force physique: à la force du poignet.
Je ne savais pas que Victor-Lévy Beaulieu avait écrit une essai sur lui. C'est une lecture qui sera à mon horaire ces prochaines semaines. Un loup nommé Yves Thériault. Le voilà notre Jack London!
Euh..., quant à mon déclic, ce sera pour le Virage III...
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16.11.2008
Virage I

Il y a une exposition en l'honneur d'Yves Thériault à la Bibliothèque nationale du Québec, angle de Maisonneuve-Berri à Montréal. J'y suis allé en coup de vent le mois passé et je compte y retourner pour revoir l'installation dont la conception mérite d'être soulignée. En effet, le visiteur a droit non seulement à des photos de l'auteur mais à ses écrits, souvenirs personnels, clips d'entrevues, enregistrements de toutes sortes. C'est une exposition qui utilise tous les supports connus de la connaissance, ce qui est représentatif de Thériault lui-même, un homme orchestre qui a exploré bien des univers avant de se consacrer à l'écriture.
Pour la plupart d'entre nous, Yves Thériault c'est l'écrivain d'un seul livre, celui d'Agaguk dont un
film a été tiré. Je n'ai pas vu le film, mais, comme tous les étudiants du secondaire au Québec, j'ai lu le roman. Je crois que la rumeur voulant qu'il y ait eu quelques lignes érotiques ont été suffisantes pour que tous les adolescents boutounneux se donnent vraiment la peine de lire le roman pour de vrai, au lieu de piquer un résumé quelque part et de le réécrire pour les besoins d'un pensum...
C'était un peu aussi le même phénomène pour le roman Le Parrain de Mario Puzo. On était prêts à lire 600 pages pour savourer quelques lignes d'un érotisme somme toute primaire et mal fagotté, quand on y regarde de près...
Mais si je vous parle d'Yves Thériault, c'est pour resituer l'homme dans son contexte. Voilà un écrivain qui voulait exercer sa vocation (le mot est juste) dans un milieu presque totalement insensible à la littérature - le Québec des années '40 et '50 étant une société soumise aux contingences de difficultés économiques, aux horizons culturels limités et aux codes culturo-religieux sévères et exclusifs. En d'autres mots, il n'y avait pas de place pour un penseur indépendant désirant offrir une vision originale de son milieu. C'était d'autant plus difficile que les Québécois n'étaient pas si entichés leur univers et symboles. Quand bien même les Québécois ont longtemps fait dans la fierté de leur patrimoine, dans la réalité, les efforts pour le préserver ont été trop souvent bien frileux. Pour dire vrai, les Québécois, en général, n'ont pas appris à comprendre leur territoire, quand bien même ils ont eu des génération de cultivateurs le long de la vallée du St-Laurent. Il y a une gêne reliée au parcours culturel et historique et c'est bien sûr relié aux effets de la Conquête.
Malgré tout, Thériault a su tirer le meilleur parti d'une situation de départ difficile. Homme à tout faire, il n'a pas lésiné à faire les 56 métiers, même celui de trappeur avant de tâter de la radio et du journalisme dans un monde dominé par le cléricalisme. Mieux, il a fait des voyages à travers le monde avant de revenir au pays pour travailler aux Affaires cultures et aux Affaires indiennes pour le compte d'Ottawa. J'essaie seulement d'imaginer une telle nomination aujourd'hui et je n'y arrive pas.
En fait, je découvre Thériault à rebours. Je suis arrivé à lui par bien des détours, insensibles que j'ai longtemps été à mon propre univers, préférant lire des auteurs américains et européens de préférence aux nôtres. Mais il y a eu un déclic il y a quelques années après mon retour de l'Ouest canadien. J'en reparlerai dans Virage II... ;)
13:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Le monde est bien petit...
J'ai déjà travaillé comme dispatcher dans une agence de placement, ce qu'on pourrait appeler plus justement un poste de répartiteur (c'est moi sur la photo à gauche). C'est un boulot formidable où on est l'intermédiaire entre les besoins et ceux qui peuvent y suppléer.
On y en en contact avec plein de gens et on apprend plein d'histoires étonnantes (un peu à l'image de Henry Miller du temps où il travaillait pour une compagnie de télégraphe à New York). On travaille aussi avec des moyens de communication, des listes d'appel, des bottins de toutes sortes et même des cartes ou plans de ville.
Pourquoi est-ce que je vous parle de cela? Qu'est-ce qu'on s'en fout, n'est-ce pas? Parce que des élections provinciales (celles du Québec) viennent d'être déclenchées et que je viens de voir un ancien employé maintenant candidat pour un parti politique.
Bof.
Sauf que j'ai pris la peine de lire son curriculum vitae officiel et, bien que les informations qui y sont colligées soient vraies, je connais l'animal. Je sais ce qu'il vaut. Derrière l'image numérique et le topo, il y a l'individu, le vrai dans le réel...
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13.11.2008
Sur la piste d'Alain Lefèvre
Sur l'heure du midi, j'étais encore à prendre mon repas chinois devant le fameux aquarium du même restaurant chinois dont j'ai parlé dans une note précédente. Si j'ai pris l'habitude de m'asseoir à cette table sur une base volontaire, c'est pour que je puisse examiner minutieusement les poissons se balader dans cet espace pendant que je mastique mon riz et mes légumes sautés. Je sens que je vais percer un mystère super important, un de ces jours, si je me soumets régulièrement à cet exercice d'observation...
D'ailleurs, c'est en ayant l'esprit occupé à ce genre d'activité aussi monotone, qu'il m'est venu une idée . En fait, aujourd'hui, je n'avais pas à imaginer rien d'original: je l'avais devant moi, en bas de page de mon journal. On y faisait la promotion d'un CD ou d'un spectacle du pianiste compositeur québécois Alain Lefèvre, je ne sais plus trop.
(Pour ceux qui ne le savent pas encore, je ne connais pas beaucoup la musique en général, encore moins la musique classique. Durant mon enfance, côté culturel, c'était le calme plat. C'était comme ça. Il fallait palier à l'essentiel et l'essentiel c'était apparemment autre chose que la culture.)
Au fil des derniers mois, j'ai souvent eu l'occasion d'entendre des entrevues généreusement accordées par Lefèvre aux médias d'ici. Cet artiste fait la promotion de la musique de toutes les manières qu'il peut. Il lui arrive même de donner des spectacles gratuits pour les enfants de quartiers défavorisés. Je sais... Ça fait un peu BCBG mais quand ce genre de truc est fait par M. Lefèvre, je sens que c'est fait de grand coeur et de bonne foi. Mais au-delà de ce genre d'activité, ce pianiste continue à animer son grand projet, en autant que j'y comprenne quelque chose, celui de faire connaître l'oeuvre d'un génial compositeur québécois ayant eu une fin de vie difficile, avant de sombrer dans l'anonymat le plus complet. Je parle d'André Mathieu (1929-68). Photo ci-contre.
Mais pourquoi est-ce que je vous parle d'Alain Lefèvre, un artiste qui, à première vue, n'a rien à voir avec mon univers? C'est parce que j'ai appris par le biais de ses entrevues qu'il a eu tôt fait d'apprendre les vertus de la résilience dans sa jeunesse. Aussi, c'est peut-être grâce à helenablue que j'en parle dans cette note. Lefèvre, en tant qu'ado, non seulement a-t-il eu à surpasser des difficultés financières - sa famille était pauvre -, mais il a aussi eu à subir la violence de ses camarades. Parce qu'il était différent, il subissait le rejet de son entourage et pouvait d'une journée à l'autre être l'objet de sévices physiques à l'école.
Malgré tous les obstacles de sa vie, Lefèvre a réussi une carrière de musicien qui ne cesse de prendre de l'envergure. Moi, je n'y connais rien, mais j'ai pensé lui donner de l'espace en son honneur au nom de sa résilience et de son courage. Car même ces années-ci, Alain Lefèvre continue à oeuvrer dans son domaine, malgré des nuits blanches à n'en plus finir. Le matin, il se lève quand même et continue sa vie en essayant néanmoins de la célébrer. Avec des moments d'illumination, j'en suis convaincu.
Bravo M. Lefèvre!
ps: j'ai laissé sur la colonne de gauche une sélection de ses interprétations dans le widget de deezer.com
15:50 Publié dans musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.11.2008
J'comprends pas
Ce soir, je croyais passer mon tour sur le blogue. Non pas que je n'aie pas d'idées, mais bof... Des fois que je mette à radoter...
Mais voilà que je reçois un mail d'une entreprise faisant dans les guides de voyages virtuels. Ils me proposent de se servir de deux de mes photos publiées sur flickr.com. Autrement dit, ils veulent que je leur cède définitivement mes droits sur mes photos - eh oui, flickr.com vous assure le copyright sur vos photos qui y sont publiées - en échange de quoi ils vont indiquer qu'elles viennent de moi.
J'ai une semaine pour y réfléchir.
Je suis pas un pro de la photo, je le sais trop bien. Alors je me demande...
L'offre vient de schamp.com: http://www.schmap.com/montreal/home/
Voici une photo sélectionnée de Montréal (sous mon pseudo inukshuk5 sur flickr.com) - l'avenue McGill:

17:54 Publié dans Photos | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.11.2008
Les feuilles mortes et Klaus Kinski
L'autre jour, je rentrais les sacs de mon marché quand, après ouvert ma porte de derrière, quelques feuilles mortes furent poussées par quelque courant d'air jusque dans ma cuisine.
J'eus alors une pensée pour le génial mais givré d'acteur de Klaus Kinski. Dans le documentaire Ennemis intimes (réalisé par Werner Herzog), une anecdote d'une connaissance de Kinski veut que ce dernier ait ramassé des piles de feuilles mortes et en avait recouvert le linoléum de son appartement de Berlin, jusqu'à la hauteur des chevilles, apparemment...
Dans le même docu, le même réalisateur Herzog, révélait que lors du tournage de Fitzcarraldo (ou peut-être était-ce Aguirre le dieu de la colère?), Kinski était tellement insupportable que les indigènes engagés sur le plateau avaient proposé à Herzog de l'éliminer... La proposition était venue de la bouche même du chef de la tribu...
Herzog a dû insister pour que la vie de Kinski soit épargnée. Apparemment, les indigènes croyaient que Kinski était possédé par le mal... ;)
Il piquait aussi des colères en pleine conférence de presse.
Mais, apparemment, il était aussi capable d'états de grâce...
18:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.11.2008
Whiter shade of pale
Pour saluer le séjour d'helenablue à Londres, le clip de Whiter shade of pale par Procol Harum... ;)
Et pour émouvoir quelque possible soupirant (j'imagine qu'il en existe), une version toute personnelle, celle de Sarah Brightman interprétant la même chanson à sa manière, dans un décor tout en bleu... On dirait une déesse hindoue... Outch, ça fesse dans l'dash... ;)
Et les paroles en prime, à relire et relire...
We skipped the light fandango
turned cartwheels 'cross the floor
I was feeling kinda seasick
but the crowd called out for more
The room was humming harder
as the ceiling flew away
When we called out for another drink
the waiter brought a tray
And so it was that later
as the miller told his tale
that her face, at first just ghostly,
turned a whiter shade of pale
She said, 'There is no reason
and the truth is plain to see.'
But I wandered through my playing cards
and would not let her be
one of sixteen vestal virgins
who were leaving for the coast
and although my eyes were open
they might have just as well've been closed
She said, 'I'm home on shore leave,'
though in truth we were at sea
so I took her by the looking glass
and forced her to agree
saying, 'You must be the mermaid
who took Neptune for a ride.'
But she smiled at me so sadly
that my anger straightway died
If music be the food of love
then laughter is its queen
and likewise if behind is in front
then dirt in truth is clean
My mouth by then like cardboard
seemed to slip straight through my head
So we crash-dived straightway quickly
and attacked the ocean bed
09:01 Publié dans musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



