08.11.2008
Le petit mot de trop
Certaines séquences au cinéma explorent les situations où le mot de trop peut vous perdre. J'ai trouvé trois séquences dans Goodfellas du réalisateur Scorsese.
En réponse à hoplite et sa dernière note... ;)
17:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.11.2008
Pensées furtives
Aujourd'hui, j'ai pensé que c'était le dernier jour d'une époque révolue. Les Américains vont choisir un nouveau président, l'un qui semble ouvrir la voie à un monde multipolaire et coopératif (Obama), l'autre un artisan de la vieille politique américaine hégémoniste (McCain).
C'est bien sûr un portrait un peu caricatural des choix en présence, mais assez proche des deux tendances prédominantes dans cette élection. Je veux croire en Obama, quand bien même j'ai l'impression qu'il sera avant tout au service des Chicago Boys, un lobby de la droite américaine croyant aux seules forces du marché.
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À l'heure du lunch, je suis allé au resto chinois du coin. Boeuf aux légumes avec du riz blanc à la vapeur. Pendant que je mastiquais mon repas d'une manière mécanique, j'avisai un aquarium placé sur une table au coin de la salle à manger. Un aquarium avec des poissons rouges. Tout à coup, je me suis demandé pourquoi il y avait presque toujours un aquarium dans un resto chinois?
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Une collègue de travail se plaignait ce matin que depuis qu'elle avait acheté une maison (avec son copain), qu'elle ne pouvait plus se payer des vacances dans le sud. J'ai failli lui dire: "Et alors?" Mais j'ai retenu ma langue.
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Aux dernières nouvelles, Obama mène par une vingtaine de grands électeurs (140 à 110) après avoir remporté la majorité dans l'État de Pennsylvanie... Je veux y croire... ;)
02:03 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.11.2008
Mon univers blog
Depuis presque un an que je navigue dans l'univers blogueste. Le plus souvent avec des surprises agréables. Mon idée n'est pas de donner la liste de mes 5 meilleurs blogues, par ordre de préférence, mais d'en donner un aperçu et de dire pourquoi ils m'intéressent.
Avant cette année-là, je faisais dans les forums et au bout d'un certain temps, j'ai trouvé la formule usée. L'avantage du blogue, c'est que les visiteurs laissent une note lorsqu'ils sont touchés ou intéressés par le propos, non pour prouver quelque chose. Le blogueur lui-même, je pense, ne vise pas non plus à convaincre mais à partager quelque chose. Toute la différence est là.
D'abord, comment choisir un hébergeur? Voilà bien la question qui m'a préoccupé au premier chef. J'ai trouvé tout naturel d'ouvrir une fenêtre sur le monde à partir de HautetFort. D'autres hébergeurs auraient pu faire l'affaire. Je pense à Blogger. D'ailleurs beaucoup y migrent et je me demande ce qu'il a de plus attrayant. Si quelqu'un peut me le dire, il est le bienvenue. Pour les autres - Wordpress, skynetblog, typad et autres -, je n'en ai aucune idée.
Je crois que mon inscription avec Blog-it express a permis un démarrage du bon pied. Dans ce micro-blog, on peut avoir des rapports plus personnalisés avec d'autres blogueurs, ce qui n'est pas nécessairement le cas avec un hébergeur classique au membership souvent démesuré. Ensuite, ce sont les liens externes de blogues appréciés qui ont fait le reste.
Dans mon système solaire du monde blogueste, j'y vois des grappes de planètes et satellites qui vivent en symbiose, tandis que d'autres vivent en apparence presque en autarcie. Je pense par exemple au blog de la République des livres de Pierre Assouline. Cette seule planète attire les amateurs de littérature (et de potineurs haut-de-gamme dans le même domaine) comme un trou noir le ferait aux dépens d'autres planètes. Beaucoup s'y collent et semblent devenir une clientèle captive. Le livre d'Assouline - Brèves de blog - en est un fidèle reflet.
Dans la même catégorie des blogs de personnalité mais de facture nettement moins officielle, il y a l'écrivain Christian Mistral et ses fidèles "acolytes". C'est un univers passionné où se croisent des blogueurs avides d'authenticité, de discussions vives et d'envolées surprenantes. C'est là que j'ai découvert Sandra Gordon et La Cour à scrap, un espace où la langue française s'y déchaîne et s'y décline sous toutes sortes de formes originales et dynamiques.
Dans l'univers HautetFort, j'y ai rencontré une personnalité hors du commun, une rassembleuse de blogueurs hors pair, capable de parler d'arts plastiques, d'humanisme, de littérature et de sentiments (souvent limitrophes, bouleversants et riches). C'est sous le signe de la candeur et de la générosité que j'ai appris à la connaître. Et peut-être aurai-je la chance de découvrir en elle d'autres univers aux connexions les plus inattendues. Je vous parle bien sûr d'helenablue, une grande inspiratrice pour moi et pour beaucoup d'autres blogueurs, j'ose le croire. J'y vais pour me faire plaisir et y retrouver mon souffle. Helena se distingue par ses impressionnants dons d'hôtesse: tous les visiteurs sont accueillis comme s'ils étaient uniques et dignes du plus grand intérêt. Et c'est formidablement sincère. Je verrais d'ailleurs d'un très mauvais oeil quelqu'un lui faire un mauvais partie à cette grande dame de la blogosphère. Il est tout simplement impossible de ressentir autre chose que de la tendresse à son contact, dans son auberge destiné aux voyageurs avides de ressourcement et de convivialité. Merci d'exister!
Du côté des sujets proches de la conscience communautaire, je pense inévitablement à Didier, un autre blogueur au coeur immense. C'est une personne très sensible à l'organisation de la société et des gens qui lui sont proches. C'est un véritable humaniste sans aucune pensée mesquine, ce qui est rare en ce monde rempli de lobbys d'intérêts. Didier organise même des criées pour permettre aux gens d'entrer en contact avec d'autres pour qu'ils puissent trouver une solution à leurs recherches.
Finalement il y a les grands astres solitaires de la blogosphère, ces entités irrandiantes qui semblent se suffire à elles-mêmes - je dis bien qu'elles "semblent" - parce que je les soupçonne d'être très bien entourées par des êtres chers. Je pense à Zamomi, secrète, passionnée et subtile, toujours appliquée dans ses notes. Une grande narratrice, j'en suis profondément convaincu. Elle a l'allure d'une conteuse au coin du feu. Quelqu'un aussi que je devine très exigeante avec elle-même, ce qui force le visiteur à y faire des sauts sur la pointe des pieds pour ne pas trop déranger. Zamomi, c'est mon univers slave du monde virtuel, ce segment de l'humanité auquel je m'étais intéressé dans mes premières véritables lectures, celles où je rencontrais Dostoïevski, Gogol, Tchékov, Lermontov et tant d'autres et où j'étais exalté par l'intensité slave.
Tout aussi flambloyant mais cette fosi-ci dans sa dimension intellectuelle, je pense à hoplite, ma plus récente découverte de la blogosphère. C'est un véritable penseur doué d'une plume incomparable. Il est tellement doué que je suis un peu beaucoup jaloux de ses talents en écriture. Je lis ses phrases avec un émerveillement continuel; sa pensée est limpide, juste, agile, souple et lucide. En deux trois coups de cuiller à pot, hoplite est capable d'aller au coeur d'un sujet, d'en extirper le sens profond, de nous le révéler dans toute sa splendeur. Et quand vous croyez avoir saisi son style, de voir en lui une personne aux contours définis et définitifs, il vous arrive avec une note exotique et inattendue, qui a le don de vous déjouer dans la perception que vous pouviez avoir de lui. Longue vie à hoplite, cher ami.
Intriguante et éloignée comme la lune dans une nuit d'automne, il y a Malvina, cette blogueuse poétique qui se distingue par sa probité et son lyrisme minimaliste. Elle se déplace comme une chatte, elle est sur vos genoux et la minute d'après elle est ailleurs. Insaisissable, furtive, secrète, pénétrante, malvina est une exploratrice de la profondeur des sentiments. Elle vous perçoit mieux que vous-même, soyez-en avertis!
Je m'en voudrais d'en oublier d'autres, mais le temps me manque. Je vais souvent voir cet interrogateur de la vie, ce philosophe en devenir et probablement un écrivain un de ces jours, maphto et Ses considérations actuelles. Il me fait penser à celui que j'étais au début de ma vie adulte: timoré, sensible, scrupuleusement honnête, fervent dans ses lectures et d'une naïveté qui me touche. Ils sont rares, ceux de sa génération qui sont animés d'idéaux aussi fondamentaux que ceux du monde des idées.
Alors voilà ma blogosphère, ces blogueurs que je visite sans relâche et qui vont peut-être finir par me convaincre qu'il y a encore une humanité dont le coeur bat de véritables sentiments.
16:10 Publié dans blogue | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.11.2008
La zone - diaporama
Je capote très solidement à cette minute même. Grâce à un Français (l'intervenant et ami maxi sur francophonie 24/24) qui m'a déniaisé sur le plan cybernétique - il faut souligner l'événement -, j'ai découvert le logiciel Windows Movie Maker. AYOYE! Je suis tout croche en vous écrivant ces mots. C'est une foutue révolution pour moi: je peux uploader mes photos et y ajouter de la musique et du texte. C'est comme si je faisais mon propre cinéma.
Je suis littéralement soufflé. "Soufflé" est un mot faible...
Hier j'ai pris des photos d'un secteur en mutation de la ville de Montréal. J'ai pensé en faire un diaporama et c'est à partir de cette idée que tout s'est enclenché. AYOYE!!!
Alors j'ai monté "Une promenade dans la zone" avec de la mesique (c'est comme ça que ça se prononce chez des miennes connaissances).
Voici le résultat:
12:24 Publié dans Vidéo | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.11.2008
Patton
Je commençais à regarder la version française du film Patton du réalisateur Franklin J. Schaffner (scénariste: Francis Ford Coppola, ah bon?), quand j'ai été abasourdi par le discours du début.
Je suis loin d'être un militariste, encore moins un admirateur du métier de soldat. J'ai vu quelques individus ayant passé par cette machine pour constater que beaucoup d'entre eux en reviennent diminués, sinon détruits. Pas nécessairement de la guerre comme de seulement l'entraînement. Surtout sur le plan psychologique. Avant même de se rendre sur le terrain, dans leur tête, ils sont presque déjà de la chair à canon. Peut-être que je dis n'importe quoi. Peut-être bien.
Il n'en reste pas moins que ce discours présenté en début de film m'a littéralement fasciné. Et si j'avais été un soldat du général Patton (ici interprété par George C. Scott), peut-être que j'y aurais cru. Oui, j'aurais cru en lui et en cette guerre-là, contrairement à celle de Bush II et ses plans tordus en Irak. Quelle prestation de G. C. Scott tout de même! Ce discours m'a regaillardi. J'ai même eu quelques secousses de rire. Je vous laisse le constater par vous-même.
(Je crois bien que je vais faire plaisir à hoplite dans ce clip d'environ 5 minutes. Du coup, je vais peut-être baisser dans l'estime de plusieurs, et assurément de helenablue, Malvina et de quelques autres. C'est la vie risquée du blogueur qui le veut...)
Oui, il m'arrive d'être un sacré enfoiré... Merci papa Patton! ;)
22:52 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.10.2008
Martin Léon
Je vous ai parlé l'autre jour du chanteur-compositeur Martin Léon. Permettez-moi de récidiver quelque peu.
Un collègue de travail, l'autre jour, me disait que Richard Desjardins était supérieur à Martin Léon. C'est une opinion qui se défend. Desjardins est véritablement une icône de la chanson engagée dans la francophonie, de cela tout le monde en convient. Desjardins est énorme. Il a développé son propre langage, il parle de l'arrière-pays comme pas un, des Amérindiens qu'on préfère oublier, de tout ce qu'on ne veut pas voir, sentir et toucher. Desjardins est un éveilleur.
Mais moi, c'est Martin Léon. Il vient à peine de franchir ses quarante ans et je sens que le meilleur est encore à venir. Tout en sobriété et, en même temps, tout en puissance, cet artiste-là va bientôt exploser, c'est l'évidence. Sa vision poétique me touche de plein fouet; son sens de la liberté ma ravit. Il réussit à passer sa poésie quand bien même il doit lui arriver d'être perplexe et il parle d'amour à travers des hauts et des bas. Il parle humain avant les droits de l'homme.
- T'es toi-même un personnage, que me rétorque amicalement ce collègue...
Peut-être bien, je sais pas. Anyway.
Je réécoutais "Entre les joncs", dont j'ai reproduit les paroles dans une note récente, et je me répétais cette petite phrase comme si c'était un mantra:
Ses voisins lui font la guerre
Ils veulent entrer dans sa maison
Lui préfère vivre en solitaire
Que de se taire assis en rond
Ouais, monsieur.
Ici, les paroles de l'enfer est sold-out:
05:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
30.10.2008
Soirs d'hôtel
Un équipage de train s'emmerde assez souvent quand il se retrouve en transit dans une ville étrangère, avant de reprendre le chemin du retour. C'est ce qu'on appelle communément le lay-over, ie la pause réparatrice avant le retour au turbin à un régime de 16 heures de travail par jour...
Pendant cette pause d'une journée et demie, chacun trouve sa recette pour tuer le temps en espérant en tirer le meilleur parti. Certains se tenaient en groupe, d'autres se réfugiaient dans leur bulle. Le plus souvent, c'est une combinaison des deux modes qui était la solution adoptée. Après les courses à chevaux et autres jeux de hasard, les danseuses, les restaurants, le billard, le bingo (oui, même le bingo!), les plaisirs s'usent vite et la chambre d'hôtel devient le refuge idéal.
Dans une chambre d'hôtel, la ressource utilisée quand on n'a pas d'idées particulières pour se distraire en groupe, c'est la télé payante. Rapidement, grâce au bouche à oreille, on finit aussi par connaître le truc pour court-circuiter la minuterie payante de la télé... Peut-être qu'à l'heure actuelle le système s'est raffiné...
C'est ainsi que j'ai regardé Pulp Fiction une bonne douzaine de fois (sinon plus) avec un plaisir renouvelé à chacune des occasions. Les dialogues sont tout simplement fabuleux. On comprend rapidement pourquoi ce film a déjà remporté la Paaaalme d'or... Bien meilleur que du porno mécanique sur écran, je vous le garantis...
Voici une scène qui m'a marqué à jamais. Un tueur à gage (John Travolta) se fait escorte de la compagne (Uma Thurman) de son boss (Vig Rhames) pour une soirée de danse. À la fin de la soirée, par mégarde, cette dernière sniffe une dose de coke très concentrée et vire en OD (overdose).
Voici la suite sur YouTube (désolé, je n'ai pas trouvé la version française, mais c'est facile à comprendre):
Don't die on me Mia!!!!
15:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.10.2008
Mes 5 chansons favorites
helenablue m'a invité à donner la liste de mes 5 chansons favorites. Comme je suis nul en musique, je vais donner une liste qui pourrait paraître quelconque aux yeux d'amateurs. C'est d'autant plus dur que je ne fais pas de liste en temps normal de mes préférés, sauf peut-être en cinéma. Même pas en littérature...
Anyway, je vous donne quand même mes choix musicaux en me permettant d'ajouter un commentaire au besoin.
1- Martin Léon et son disque Facteur vent, plus précisément Entre les joncs que j'écoute en boucle comme un possédé. J'adore. L'inconvénient c'est qu'il n'est pas disponible sur le web. Alors je vous donne les paroles et la photo du chanteur.

2 - California Dreamin -The mamas and the papas
3- Misirlou - Dick Dale and the Dale Tones
4-A Day in a Life - Beatles
"(...) I'm a way upstairs and had a smoke
and somebody spoke and I went into a dream (...)"
5- Glory Box - Portishead
Mentions spéciales à Richard Desjardins, Stefie Schock, Daniel Boucher et Dumas...
15:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.10.2008
La logique du remords
C'est le tout premier film du réalisateur québécois Martin Laroche. Tourné en numérique, ce film de Laroche recèle des trouvailles miraculeuses dans cette histoire se déroulant principale en huis clos. C'est d'autant plus surprenant que ce film s'est entièrement auto-financé avec un budget dérisoire de 3500 dollars !!!
Comment prendre sa revanche sur une personne qui a violé et tué sa fille? Voilà la proposition de Martin Laroche. Dialogues bien ficelés, images finement soignées dans un éclairage tangentielle, distribution étonnante et direction intéressante.
Ce long-métrage mérite d'être davantage connu des cinéphiles, c'est l'évidence. Je ne crois pas qu'il ait pu être présenté sur les grands écrans. Ce serait intéressant s'il y avait une promotion du DVD. C'est ce que j'ai pensé après qu'un ami de Laroche m'a prêté un des rares DVDs du film.
Au moins, cette réalisation a eu un tour de piste au Festival des films du monde de Montréal (2007) et au Toronto international latin film festival (2007).
J'en parle ici. Je tâche de donner le plus d'info possible dans cette même note. Cette semaine, je donnerai à cet ami de Laroche une carte d'affaires d'une maison de distribution honnête, en souhaitant que ça puisse aider un réalisateur qui a un talent indéniable.
Bravo Martin Laroche et son équipe!
http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?article=52989&...
12:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.10.2008
L'énigmatique Bob Dylan II
Je ne me prononcerai pas sur l'artiste en tant que tel. Pourquoi? Parce qu'il fait partie des géants de la musique contemporaine et qu'on ne peut parler de musique sans parler de Dylan. Un intouchable.
En revanche, c'est la personnalité du poète chanteur que je m'intéresse tout particulièrement.
Qui est Bob Dylan? Que révèle-t-il de lui-même à travers son oeuvre?
À la vue du documentaire de Scorsese, No Direction Home, c'est ce genre de question qui m'habitait.
Quelles sont les données de base? Nom de naissance: Robert Zimmerman. Enfance: un bled du Minnesota, Hibbing (ville minière). Famille: il ne se reconnaît pas en eux.
Voilà qu'à peine franchi ses vingt ans, il a un nouveau nom (Bob Dylan), vit à New York et essaie de se faire un chemin dans la musique.
À toutes les questions relativement à son identité et à son cheminement artistique, Dylan se fait évasif. Pas étonnant qu'il porte des verres fumés, dirais-je ironiquement. Et non seulement refuse-t-il le titre de Protest singer, mais il a le génie de constamment s'inventer en explorant différents modes d'expression musicale.
Le monde s'émerveillera de ses différentes métamorphoses que seul un véritable génie est capable de faire. Et il en est un. Non seulement il en est capable, mais il va même jusqu'à provoquer directement ses admirateurs. Eux qui l'avaient connu comme un chanteur folk se désespèrent tout à coup de le voir faire de la musique rock'n roll. Dylan semble en constante fuite et ne veut pas se dévoiler, ce qui est son point faible, à mon humble avis.
Les admirateurs de Dylan, par ailleurs, auraient dû comprendre qu'au-delà de son génie musical Dylan est un homme en fuite, un homme qui refuse d'être connu et de faire partie de l'humanité. Dylan est tellement artistiquement puissant qu'il peut se permettre de survoler l'humanité et ne donner que ce qu'il veut bien. N'est-ce pas le plus grand caprice que le Destin puisse accorder à un être humain? Un caprice et en même temps un piège. Aussi, son génie semble à la fois sa force et sa faiblesse. Cela explique peut-être son isolement du monde et ses échecs amoureux de même que sa dépression chronique.
Néanmoins, il aura enseigné au monde le sens de la liberté. Et le refus d'être l'instrument (et le porte-parole) de la gauche américaine des années '60 en est la démonstration la plus convaincante. Ce même message, il saura le refaire au moment des multiples interviews qu'il donnait durant ces mêmes années: il réussissait par exemple à démontrer la futilité du travail du journaliste qui lui posait des questions sur son oeuvre alors que ce même journaliste n'avait jamais écouté ses chansons!
Dylan nous dit que trop souvent nous acceptons notre esclavage. La gauche qui veut instrumentaliser un artiste ou un journaliste qui est trop débordé pour comprendre l'objet de son reportage, voilà bien deux exemples des déterminismes de notre système voué à la production et à la consommation.
Dylan l'a dit et l'a redit.
Il a raison.
15:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23.10.2008
Les passagers canins
Le passager le plus naturel d'une voiture, c'est le chien.
Sans aucun entraînement, il saura s'asseoir et sortir sa tête juste comme il faut.
Toujours sage et toujours curieux, il sort naturellement la tête par la fenêtre la plus proche.
C'est fou comme il a l'instinct explorateur! Croyez-vous qu'il va retenir les détails du parcours? Pas du tout. Mais on ne peut nier qu'il est parti prenante de toute balade.
Chaque fois que je vois un chien passager d'une voiture, je suis toujours fasciné par autant de naturel de la part d'un animal.
C'était mon petit mot léger, en attendant que je trouve le bon angle de traitement pour le grand poète Bob Dylan. ;)
18:56 Publié dans Pensées furtives | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.10.2008
L'énigmatique Bob Dylan I
Je suis en train de regarder le documentaire No direction home réalisé par Martin Scorsese sur le parcours biographique et artistique de Bob Dylan, une icône de la musique contemporaine.
Ce n'est pas pour faire un jeu de mots, mais je suis en train de faire mes gammes en matière de musique contemporaine. En effet, depuis peu de temps, j'essaie de m'y retrouver. Si je le fais, c'est par un intérêt nouveau (arrivé de nulle part) relativement à la musique, un intérêt que je n'éprouvais pas jusqu'à tout récemment.
Entendons-nous bien. J'ai toujours écouté la musique, mais, bizarrement, c'est tout récemment que je viens de faire le lien entre une chanson et son message, à l'instar de n'importe quel autre forme artistique. Ce que je comprenais déjà pour le cinéma ou le roman, je ne parvenais pas à le reporter sur la musique... Oui, je sais, c'est réellement étrange...
Pour vous l'avouer bien humblement, jusqu'à douze ans, je n'écoutais les films que pour les images - aussi je ne comprenais une histoire qu'à partir de l'enchaînement des images - et je ne feuilletais des bandes dessinés que pour la beauté des images. Une BD avec du texte était une horreur à mes yeux... Le lien image et contenu s'est fait très tardivement. Et le lien chanson-contenu, car derrière une chanson (comme vous le savez) il y a une histoire, c'est quelque chose qui vient de survenir ou presque. :shame: :gene:
Hé, hé!
Heureusement, grâce au Net, je suis en train de recoller les morceaux et de rattacher les fils pendants. Les mélodies, auxquelles je n'arrivais pas à mettre un nom ou un visage d'interprète ou de compositeur, reçoivent maintenant un profil de personnalité. Le vaguement connu devient identifié et trouve une place dans l'iconographie de ma connaissance de la musique. Je vous avoue que parfois, j'aurais préféré que le mystère persiste. Mais au total, le processus est assez satisfaisant.
Pour en revenir à Bob Dylan, je vais vous faire languir à son sujet. Non pas que je n'aie pas une opinion sur l'artiste et l'homme, mais je préfère écouter la deuxième partie avant de me prononcer. Dylan et la fuite, c'est mon point de départ. À suivre...
Oui, je suis doucement cruel.
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21.10.2008
Midnight express II


01:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20.10.2008
Midnight Express
helenablue m'a demandé quelle furie a déjà pu m'habiter. Tant pis si je déçois des habitués de ce blogue parce que je prend le risque de répondre. Bien sûr, le rapport que je fais avec le film est purement allégorique. Je n'ai jamais fait de trafic de drogue. C'est plutôt l'état d'esprit du personnage de Davis qui m' avait intéressé. Son impulsivité, son sens de la justice, son désespoir, sa rage, son désir d'absolu...
Eh ben, dans ma vingtaine, j'étais enragé pour toutes sortes de raison. Environ un million de raisons. Peut-être un peu plus que ça...
Voici un extrait de Midnight Express (réalisateur: Alan Parker) - un film tatoué dans mon cerveau jusqu'à mon dernier souffle - où Brad Davis jouait le rôle de Bill Hayes, un Américain condamné à la prison à vie pour trafic de drogue. La scène se passe à la Cour de justice de Turquie. Ayoye! Ça dure 4 minutes et demi. Du condensé de mesquinerie comme c'est pas possible: avocat, procureur et juge corrompus jouant leur rôle à la perfection. Et Davis qui dénonce leur connerie rampante. De la poésie brute à écouter. C'est beau et troublant tout à la fois de voir un homme poussé dans ses derniers retranchements et qui décide d'ouvrir les vannes. À fond la caisse! Quitte ou double, on s'en fout! Wow!
Souvent, la vie humaine n'a pas de valeur devant la machine judiciaire soumise aux contraintes de l'État et de la politique. Alors, quand vous comprenez que les dés sont pipés, vous vous videz le coeur.
- Jesus Christ forgave the bastards but I can't. (...) You're all pigs! que le personnage de Davis dit sans retenue aux avocat, procureur et juge. Ça prend des couilles pour articuler une telle vérité, surtout quand ta vie est en jeu. Bravo!
D'une voix grasse, le juge rend quand même bêtement son jugement (comme si le discours de Hayes n'avait pas été entendu) en prenant toutefois la peine de dire "qu'il a les mains liés par Ankara"... Quelle excuse!
(En entrevue, des années après son aventure, Billy Hayes a pris soin de dire que le film a mis trop l'accent sur le caractère unidimensionnel des Turques. En fait, Hayes s'était fait ami avec des gardiens et des prisonniers turques.)
Deuxième volet. Après la colère, la rage. Un salaud d'indic peau-de-vache vend l'ami de Hayes (Max, joué par John Hurt) pour une vulgaire histoire de hashish et devant autant de lâcheté Davis perd complètement la boule. C'est la rage totale. L'homme devient ici un pur animal. Pour ceux qui ont un horaire serré, ça commence à 3:10. Le moment le plus voluptueux se situe à 5:10 du même extrait (que je n'ai pu trouver en français, mais peu importe, vous comprendrez facilement). Brad Davis y donne un moment de cinéma inoubliable. Oui, un homme peut devenir un animal ou une bête. Chaque fois que je vois cette scène, je suis en transe. D'autres n'oseront peut-être pas regarder la scène, moi je la regarde les yeux grands ouverts. Le mal peut effectivement vous rendre enragé, rien de moins. Davis y est tout simplement sublime.
Évidemment, tout cela se résume à des fantasmes d'agressivité que je n'ai au grand jamais actualisés dans la vraie vie. Mais je serais un menteur si je disais que je ne ressens rien à la vue de Davis pétant solidement une coche.
Bon, je pourrais en rajouter sur Davis lui-même, sur son parcours cinématographique de même que sur sa vie privée. Faites-le vous-même et googler son nom. Vous en êtes capables. Je pourrais aussi en dire un peu sur Billy Hayes, celui qui a survécu à cette expérience de la geôle et du désespoir. Je vous présente sa photo, avant le clip sur l'immense dérapage du personnage de Davis suivant l'odieuse et fausse trahison de l'indic.
Miam-miam. Oh yeah, faut que ça saigne!

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18.10.2008
Si vous avez dix minutes de votre temps
J'ai vu le documentaire Koyaanisqatsi à peu près au moment de sa sortie en 1983 et je ne l'ai jamais oublié. Hier, en écoutant du Philip Glass, j'ai repensé au film fondé sur les prophéties Hopis:
- Si l'on extrait des choses précieuses de la terre, on invitera (engendrera) le désastre.
- Près du Jour de Purification, il y aura des toiles d'araignées tissées d'un bout à l'autre du ciel.
- Une urne de cendres pourrait un jour tomber du ciel et pourrait faire flamber la terre et bouillir les océans.
Prenez dix minutes de votre vie pour regarder un extrait du film Koyaanisqatsi réalisé par Godfrey Reggio en 1983 et produit par Francis Ford Coppola. Musique de Philip Glass.
Certains l'ont déjà vu, d'autres pas. Peu importe, je lui rend hommage à ce documentaire pour la bonne raison que c'est encore plus vrai aujourd'hui que ce ne l'était en 1983.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Koyaanisqatsi
Bizarre, je suis tenté de faire un lien entre Glass et la Toccata et fugue en D mineur de Bach... Je suis probablement mûr pour du repos...
08:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.10.2008
Du côté des snobs
Montréal est ainsi faite que d'un quartier à l'autre, un promeneur passe subitement d'une classe sociale à l'autre en l'espace d'un pâté de maisons.
Il y a une sorte de ségrégation économique assez frappante dans certaines parties de l'Île. C'est pourquoi, il m'arrive de penser que ma ville est un immense patchwork.
Aujourd'hui, j'avais un peu de temps devant moi et j'avais pensé aller m'acheter du poisson du côté des snobs.
Dans ces rues-là se baladent des citadins avec leur chien de race de compagnie; les voitures sports ou de luxe sont la norme; la pelouse des parterres est verte et il n'y pousse pas d'herbes sauvages. Là, c'est le calme grandiose comme si rien ne pouvait atteindre la sérénité environnante.
Aujourd'hui, il n'y a même pas un brin de vent faisant frémir quelques feuilles, comme si une bulle protégeait ce territoire en particulier. Même un dos d'âne protège les environs d'excès de vitesse. C'est la perfection matérialisée par l'homme, envers et contre tout!
S'il y a de l'angoisse par ici, c'est probablement vécu derrière les rideaux, loin des regards. "Les angoisses de luxe", comme disait ironiquement Bukowski.
Tout y est ordonné et équilibré, du moins en surface. Les feuilles d'automne changent de couleur selon une palette soignée de jaune, de roux et de mordoré, aussi il peut arriver que le promeneur foule quelques feuilles sur le trottoir en s'imaginant que des poussières d'or ont été déversées à leur intention et pour leur seule gloire...
Après mon achat, je revenais chez moi dans ces rues-là à la lumière déclinante et tangentielle. Je me serais senti tout comme dans mon salon éclairé par une lampe à la lumière diffuse. Un sentiment de sécurité entoure le passant anonyme comme nulle part ailleurs. C'est encore plus vrai à ce temps-ci de l'année, à l'automne, la plus belle saison de l'année. Inévitablement je deviens alors nostalgique, rêveur et même lyrique par moments.
Je souhaiterais que le temps se suspende plus souvent, que tout mouvement cesse à l'instant et que le monde soit à l'unisson pour quelque moment.
Là, maintenant.
18:38 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.10.2008
Highway 66
Une photo prise tout simplement avec une caméra Instamatic.
Scannée et légèrement remaniée sur photoshop.
Cliché pris à l'occasion de mon voyage aux États-Unis en '95.
Sur la Highway 66 en direction de la Californie.
Je repartirais demain.
C'est sûr.
Message télégraphique à l'image de mon état d'esprit d'alors: je roulais et je ne pensais pas.
Ça me manque...
19:00 Publié dans Photos | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.10.2008
L'art de culpabiliser
Nouvelle parution que je n'ai pas lue mais qui a attiré mon intérêt à travers un article de journal.
Le psychiatre et psychanalyste français Robert Neuburger, que je ne connaissais pour ainsi dire pas, nous arrive avec un bouquin qui traite de ce sujet. J'ose croire que ce n'est pas le premier ni sûrement le dernier en ce domaine. Les publications de ce genre pullulent et trouvent forcément un public intéressé aux mécanismes intimes à la base des rapports humains. La "psychologisation" est encore à la mode... et on ne peut apparemment s'en passer.
Ainsi donc, la culpabilisation, c'est l'arme absolue dans les rapports humains. Cela, je m'en doutais depuis fort longtemps. On aura aussi compris que le recours à ce genre de "stratégie" n'est pas ce qu'on appelle une manière saine d'entretenir des liens avec ses proches.
Voici, selon M. Neuburger, les principales techniques:
La première: la technique paternelle, au nom d'une morale ou d'une norme. "J'ai consulté le docteur machin, il me dit que tu dois absolument arrêter de fumer." La seconde: la technique maternelle (parce que ce sont les mères qui ont inventé ça), à savoir la dette d'amour. Attention, il n' y a pas que les mères qui s'en servent. "Moi qui me suis sacrifié pour toi." Et la troisième: la technique fraternelle, née du manque de solidarité. "J'ai tenu ma parole, pas toi."
Solution?
Il y a beaucoup à apprendre de la séduction, vous savez...
Ah bon, je suis sans doute un grand naïf. Je croyais que l'authenticité aurait pu faire l'affaire. Mais plus sérieusement, M. Neuburger mise surtout sur le décryptage du phénomène pour faciliter la prise de distance par rapport à ces vices de communication.
Quelque chose comme une prise de conscience avant d'en parler au/à le(a) principal(e) intéressé(e).
Me voilà en train de verser dans la rectitude politique dans ce billet... P-ê est-ce le malaise soudain de me sentir coupable de machisme... ;)
22:27 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.10.2008
L'envers du décor
Je croyais être le seul à vouloir m'installer dans un chalet en région ou en campagne. Tout près d'un lac si possible. En fait, je rêve du fantasme ultime du citadin qui ne connaît rien à la campagne. Et ils sont légion à cultiver le même projet. Pas étonnant que le prix des chalets ait monté en flèche ces dernières années!
S'il y a eu un film qui a exploré ce genre de fascination, c'est bien La Grande séduction (réalisation de Jean-François Pouliot). C'est l'histoire romancée d'une agglomération éloignée des grands centres urbains cherchant à recruter un médecin pour qu'il pratique chez eux à demeure, au lieu de venir rendre des services médicaux sur une base ponctuelle.
Toute l'histoire du film est basée sur les différents trucs que les villageois tentent d'utiliser pour appâter le jeune médecin hésitant à s'installer de manière permanente.
Au final, ce film se résume à un beau conte rempli de scènes charmantes montrant des gens plein de candeur et de gentillesse. Vous aurez deviné que le médecin, malgré quelques malentendus, aura fini par céder à la séduction organisée par ses futurs clients.
Là où je veux en venir, c'est que l'envers du décor peut aussi exister. Vous pouvez très bien décider de vous installer en région, que vous soyez médecin ou non, et que l'accueil qu'on vous réserve là-bas soit des plus sinistre. On sous-estime fortement l'existence d'un sentiment xénophobe dans certaines régions.
En tout cas, un documentaire de la société d'État a montré que ce genre de situation est bien possible. Il suffit qu'un roitelet local décide que le nouveau-venu ne soit pas désirable pour que les autres villageois - bien souvent dépendants des volontés du roitelet - prennent le relais et fassent la vie dure au nouvel arrivant.
C'est ce qui est arrivé à une équipe de médecins (trois ou quatre) qui a enduré toutes sortes de vexations - souvent des menaces - avant de quitter les lieux.
C'était le contraire de la Grande séduction. Des gens sont prêts à faire fuir des personnes en mesure d'offrir des services professionnels sur la seule base des caprices du roitelet local. Des fois que le nouveau-venu lui fasse concurrence...
22:21 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.10.2008
Conte urbain
Après avoir suivi un itinéaire secret et éviter un molosse sur mon passage, je suis arrivé au pays du jeu d'échec. Tout est immense. Les pièces sont pratiquement à hauteur d'homme. Des joueurs viendront bientôt croiser le fer.
Moi, je ne suis qu'un témoin. J'observe et, au mieux, je prends subrepticement quelques photos. Je fais profil bas. Je ne veux pas qu'on me remarque.
(J'ai raffiné mon approche. Je m'installe et je sors un livre de mon sac. J'ai aussi une bouteille d'eau. Tranquillo. Tout est sous contrôle.)
Humm..., je vois deux joueurs en train de vivre un affrontement. L'un porte la casquette des Yankees et il m'a l'air sûr de lui. Imperturbable et moral de béton. Il a déjà abattu plus de pièces que l'autre, un type hispanophone en jacket de jeans. Trop cool celui-là, l'Hispano. Peut-être joue-t-il juste pour le plaisir. Genre bon perdant. Bravo. Mais tout de même, je suis inquiet pour lui.

______________
"Pièce touchée, pièce jouée"... Tous les observateurs se le sont dits dans leur tête. Même Yankee s'en est rendu compte. Peut-être trop tard.
Il relâche la pièce avec regret. Gulp, fait sa gorge. Je l'entends presque d'ici.
Ouais, c'est pas la pêche. On dirait que le vent a changé de direction.
Hispano se promène maintenant sur l'échiquier. À voir son teint hâlé, on est convaincu qu'il s'est longtemps promené sur l'échiquier cet été et qu'il a l'habitude des cases et des pièces. Il a la patience du hildago. Il regarde dans les tous sens tout en plissant quelquefois des yeux. Calmement. Il a acquis un avantage qu'il ne veut pas perdre. On sent qu'il prend la mesure du jeu et de la stratégie à venir.
Yankee a maintenant l'air agité. Même s'il ne bouge pas beaucoup, on sent la gêne.
_____________

Moment hyper-dramatique (ce pourquoi la photo est en noir et blanc). Hispano déplace sa Reine pour le coup de grâce. Yankee tout à coup se ramollit. La partie est perdue mais il semble bien encaisser. J'aurais aimé saisir la véritable poignée de main qu'ils se sont donné.
Une autre partie d'échec vient de se jouer au quartier OK Corral du centre-ville de Montréal. Pas de victime. Tout est au beau fixe. Rien comme un jeu d'échec pour mesurer la force mentale d'un adversaire.
05:03 Publié dans Photos | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.10.2008
L'imprévisible Paul Newman
Tout le monde a eu l'occasion dernièrement de faire l'éloge - à juste titre - de l'acteur Paul Newman qui vient de nous quitter. Il aura joué des rôles qui ont marqué le cinéma et il se sera démarqué par son indépendance face à la machine hollywoodienne. Il avait horreur de l'hypocrisie et de la mesquinerie qui fait rage dans ce genre de milieu.
Moi, je l'ai bien aimé dans Luke la main froide, The Hustler, Le Verdict et La couleur de l'argent. Mais il a aussi surpris plus d'un cinéphile par d'autres rôles pour le moins marginaux comme celui de Reggie Dunlop dans Slap Shot (La Castagne) de George Roy Hill.
Si ce film est passé inaperçu dans la plupart des pays où il a été distribué, au Québec il a connu un succès fou, ne serait-ce qu'en raison d'une histoire sur le hockey et aussi de l'usage de l'accent des principaux personnages. En effet, le film avait été doublé au Québec pour le marché local. Tous les amateurs de hockey connaissent aujourd'hui le personnage de Reggie Dunlop ainsi que des frères Hanson, des joueurs pratiquant un style primitif et violent... (D'autant plus intéressant que les frères Hanson étaient de véritables Québécois!)
J'ai retrouvé quelques extraits sur YouTube pour en choisir un, histoire de vous faire connaître notre accent, un sujet introduit par Malvina dans le post précédent. Cela va vous permettre de voir qu'il y a plusieurs saveurs et nuances dans notre langue et que mon accent n'est pas très typique...
Je dois me sauver pour donner un coup de main à un pote qui déménage.
Amusez-vous bien...
13:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
30.09.2008
Perte de l'innocence
C'est en naviguant d'un blogue à l'autre, parmi mes préférés, que j'ai tout à coup pensé au thème de l'innocence.
C'est un thème coup de poing, je le sais. Mais j'ai le goût de me faire mal et de vous faire mal. Juste un peu.
Parce que je suis pas toujours gentil. Vrai.
Alors voilà. Dans ma carrière de lecteur, si-si je parle bien d'une carrière de lecteur!, il y a eu des moments où le tic-tac d'une montre s'est arrêté. C'est vraiment arrivé, je le jure. Je sais que le temps peut parfois s'arrêter, quand bien même la terre continue à tourner et que les gens autour de vous continuent à vivre. C'est que vous venez de comprendre quelque chose d'essentiel à votre vie, quelque chose de foudroyant et d'inoubliable et, pour quelques secondes, vous êtes hors du temps. Et du coup le temps vous a oublié, le temps d'une faveur. Une sorte de bise cosmique. Ou peut-être est-ce un ange qui est passé en coup de vent vous sussurer à l'oreille cette petite pensée!
Quand j'ai lu cette phrase de Henry Miller, je venais de comprendre quel était le sens de la perte que je ressentais parfois à travers les événements de la vie.
À la question "qu'est-ce qui distingue un artiste d'un autre homme?" il avait répondu - je paraphrase - que "l'artiste est celui qui a compris le sens de la perte de l'innocence et qui tente de le redécouvrir".
Peut-être que je le cite mal - et, de toute évidence, je n'ai pas bien "torché" la citation paraphrasée... Peu importe.
De toute manière, j'ai fait mes devoirs et je l'ai retrouvée, cette citation, dans un site où est cité cet extrait de cet auteur dans Le monde du sexe:
L'artiste, qui est un type de créateur, entre autres (et non des plus élevés, tant s'en faut), a l'idée fixe - qu'il le reconnaisse ou non - de recréer l'homme dans son innocence.
Le thème de l'innocence ne cesse de m'interpeller à peu près en tout temps. Il se présente sous toutes sortes d'oripeaux et quand il survient dans mon quotidien, chaque fois, j'ai le souffle coupé. Je le vois chez un chômeur que je croise occasionnellement, un travailleur ex-prisonnier christian reborn de geôles américaines (le meilleur, sans le savoir, à parler sans le nommer de ce sujet - et il faudra que je lui dise un jour, quand bien même je risque son regard pénétrant et sidérant de sa part - il me pétrifie par son humanité), un vitrier ancien membre de l'équipe olympique grecque ou encore un ébéniste grognon et bon comme la terre que j'ai le bonheur de voir assez souvent en revenant du boulot. La porte de son atelier est presque toujours grande ouverte et je sens l'odeur du brin de scie dès que j'approche de son territoire. C'est l'odeur de mon enfance...
En guise de digestion, quelques citations pigées dans un site à cette fin sur le seul thème de l'innocence et, du coup, j'espère vous avoir fait doucement mal et pour un bon moment. C'est comme ça que j'aime mes visiteurs, en leur donnant quelques bons jabs de bonheur!
Tout bonheur est une innocence - Marguerite Yourcenar
Que dix coupables échappent à la justice, plutôt que souffre un seul innocent - William Blackstone
Ne sont innocents que les coupables qui se dissimulent ou qui s'ignorent - Bernard Willems-Diriken
Aimer, c'est l'innocence éternelle, et l'unique innocence est de ne pas penser - Pessoa
L'innocence est la meilleure défense de l'enfant - Lao She
Il est plus facile de faire acquitter un coupable qu'un innocent, c'est bien connu - Henri Jeanson
Et pour terminer cette courte liste:
Un coupable puni est un exemple pour la canaille ; un innocent condamné est l'affaire de tous les honnêtes gens. Jean de La Bruyère
J'espère vous avoir bousculé ou ému. J'espère que vous m'en voudrez de vous en avoir parlé. Le pire, c'est que je ne me sentirai pas coupable de l'avoir fait. Et ce sera ma victoire innocente de la journée!
21:45 Publié dans Souvenirs de lecture | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.09.2008
Clin d'oeil hockey
Pour montrer à quoi ressemble le hockey et l'atmosphère qui règne dans un amphithéâtre.
Un clip vidéo tourné par le taulier de ce blogue. Sera affiché pour quelques heures...
21:56 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les cycles historiques II
On le sait, l'histoire se répète.
Mais encore, il faudrait savoir pourquoi.
Dans Toute l'histoire du monde, je suis tombé sur cet extrait qui semble bien expliquer la situation aux États-Unis, alors que ce pays fait face actuellement à une déstabilisation de son système financier. En fait, les auteurs reprennent une proposition de Chateaubriand que je trouve très juste:
Une classe dirigeante connaît trois âges successifs: l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités. Sortie du premier, elle dégènère dans le deuxième et s'éteint dans le troisième.
Ils poursuivent ici dans leurs propres mots:
Quand une classe dirigeante s'écroule, cela peut entraîner l'écroulement de la société si des dirigeants de remplacement ne sont pas prêts à prendre sa place. Quand la noblesse s'écroula lors de la Révolution française, la bourgeoisie était prête à (et désireuse de) assumer l'État.
La classe financière américaine, qui s'est royalement plantée dans l'affaire des subprimes, se tourne du côté du public pour se faire renflouer. Pourtant, cette même classe arrogante n'a cessé de proclamer au cours des dernières décennies les vertues des forces du marché libre. Aujourd'hui, elle ne fait même pas amende honorable: elle continue à dire la même chose, incapable qu'elle est de reconnaître sa mauvaise foi.
Serions-nous déjà dans l'âge des vanités?
08:29 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27.09.2008
Blaise Cendrars par Henry Miller
Je regardais un clip sur facebook montrant Henry Miller à table avec des amis ou des sympathisants. Il devait avoir 88 ans puisque le vidéo a été tourné en 1979. Encore à cet âge, il savait être divertissant et charismatique. Toujours vif et joyeux, telle avait toujours été sa devise. Et en effet, dans ce clip, il tient la forme et prend un petit coup de rouge. Bravo! En voilà un qui a su être naturel et lui-même jusqu'à la fin. Capable de dire shit ou drink to that et, dans un même élan, faire preuve d'une grâce incomparable. Voilà l'allure, voici l'homme!
C'est cela avoir du style.
Si je parle de ce clip, c'est qu'à un moment donné il parle de son grand ami et modèle en littérature, le bien-nommé Blaise Cendrars, écrivain français d'origine suisse dont le parcours a été pour le moins fascinant. À quinze ans, il vola les valeurs précieuses de sa famille (bijoux et coutellerie) et s'enfuya avec son sac de fortune pour la Chine en prenant le Transsibérien. Là-bas, il occupe de petits emplois avant d'aller à Moscou et St-Pétersbourg. Tout cela à un bien jeune âge.
Ensuite Miller explique comment Frederic-Louis Sauser en est venu à choisir comme nom de plume celui de Blaise Cendrars. Je ne connaissais que l'origine de son nom de famille inventé, celui de Cendrars, résultat de "cendre" et d' "art". On devine que cet homme voulait aller au bout de lui-même à travers la forme d'art qu'est la littérature, quitte à en brûler...
Je n'avais pourtant jamais réalisé que le choix de "Blaise" était influencé par "braise", ce qui, en fin de compte, est dans la ligne logique de ce nom de plume.
Il y aurait tant à dire au sujet de Cendrars, de ses romans (Bourlinguer, L'Or, Moravagine, Emmène-moi au bout du monde, etc.), de ses travaux en peinture, de ses nombreux voyages et de ses rapports controversés avec Appollinaire, Céline, le peintre Fernand Léger, que l'espace d'un blogue est trop petit pour ce faire.
Une manière facile d'explorer son univers serait par ailleurs de lire la biographie réalisée par sa fille Miriam, comme je l'ai fait moi-même.
Belle occasion de découvrir qu'à une autre époque, en Occident, la pensée libre et le geste gratuit étaient encore possible.
C'était ma suggestion de lecture de cet automne...
Ici le lien du Dinner with Henry pour qui l'anglais est une langue qu'il comprenne.
http://www.ubu.com/film/miller_dinner.html
10:16 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.09.2008
Dictionnaire égoïste de la littérature française
Je ne suis plus fou des dictionnaires. Je les consulte occasionnellement, sans plus. Peut-être devrai-je le faire plus souvent. Il est vrai qu'à une autre époque, je passais par des périodes où je prenais la peine de vérifier chaque mot qui me paraissait obscur. Je repense à cette autre vie avec quelques frissons: quelle étrange personne je devais être à traquer ces mots et ces noms propres! Un poète de ma connaissance m'avait incité à suivre cette piste et, l'habitude aidant, ce réflexe s'était inscrit dans le cours de mes lectures, avant de disparaître au milieu d'événements confus dont j'ai peine à me rappeler aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, je le faisais pour mon propre bénéfice, ces efforts n'étant jamais rétribués dans le cadre d'un travail. C'est d'ailleurs la recette pour les meilleurs travaux, ceux qu'on exécute par pur plaisir. Dans le cas contraire, c'est le plus souvent le désastre certifié. Les travaux exécutés sans candeur ne valent tout simplement rien.
Je me rends compte que je divague au milieu de ces considérations futiles, cherchant maladroitement à introduire une citation quelconque d'un dictionnaire auquel je crois plus ou moins...
Il s'agit du Dictionnaire égoïste de la langue française de Charles Dantzig. Seigneur que j'ai voulu y croire! J'ai beau l'avoir lu de toutes les manières, en diagonale comme d'une façon extensive, prendre la peine d'en souligner quelques passages, de réfléchir plus profondément sur le contenu de quelques entrées, d'en relire quelques uns au besoin pour être sûr de saisir le sens de tel ou tel passage, pourtant rien n'y fit. Cet ouvrage me laisse non pas indifférent mais perplexe. Je ne comprends pas l'esprit de l'auteur qui, de toute évidence, est un grand érudit et un grand connaisseur de la littérature française. Il est habile, subtil, pénétrant, juste, surprenant. Il a toutes les qualités d'un essayiste se frottant à un sujet précis et pourtant je sèche. C'est d'autant plus gênant que la critique est dithyrambique. Personne n'a même soulevé la plus minime des réserves au sujet de ce livre.
Mieux, ce dictionnaire a même reçu le prix Décembre 2005...
Malgré mon incapacité extraordinaire à saisir la grandeur de cet ouvrage, j'ai quand même trouvé un extrait qui me parle. De ce pas, je vous le cite:
Pédants, cuistres (avec une défense de la pédanterie chez les jeunes gens): Le cuistre est un homme qui exhibe ses connaissances avec assurance. L'assurance révèle en général des connaissances mal assurées: je n'ai jamais rencontré de vrai savant qui soit un cuistre. Le savant est modeste, le cuistre est cramoisi, bombé, homard.
Le pédant est un homme qui exhibe ses connaissances avec passion. J'aime bien les pédants quand ils sont jeunes. S'ils exposent leurs connaissances, même incomplètes, c'est moins par vantardise que par amour de l'art. J'ai bien connu un de ces discoureurs de cour de lycée: Stendhal a dit ceci, on trouve dans Baudelaire, rappelle-toi que Sénèque... Jeunes gens maladroits, vous étiez estimables, car vous vous offiriez à des choses désintéressées, quand tant de vos hideux camarades rêvaient de pouvoir ou de pognon. Le cuistre est un pompeux narcissique, le pédant un rêveur altruiste.
Dictionnaire de la littérature française. Charles Dantzig
23:34 Publié dans Souvenirs de lecture | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19.09.2008
Biscuits chinois
Une entreprise américaine basée dans le Queens (New York) fabrique quelque 4 millions et demi de biscuits chinois par jour.
Chaque message porte-bonheur d'un biscuit chinois appartient à une banque de 2000 messages déjà écrits, classés et pré-digérés. Apparemment, 600 autres vont s'ajouter à la liste.
Les messages sont souvent d'une platitude incommensurable: "Prenez soin de vos rapports avec autrui dans le but de consolider votre place dans le monde"... (Je viens de l'inventer, je l'avoue.)
Comme quoi, une fabrique de biscuits chinois est davantage une usine vouée au hasard qu'au bonheur. C'est d'autant plus vrai que s'il y a une loterie rattachée au biscuit, le chiffre est choisi par un ordinateur. Lu dans un article du Daily News:
The so-called lucky numbers on many fortunes are, some cookie fans might be sorry to learn, simply picked at random by computer.
Le plus étonnant, c'est que la plupart des Chinois de l'Empire du Milieu, sinon tous, n'ont jamais entendu parler du biscuit chinois, plus communément appelé Fortune cookie.
Encore plus étonnant, c'est qu'on oublie souvent que le biscuit chinois vous est gracieusement offert après être passé à la caisse. Cette dernière observation ne fait pas partie de l'article original... ;)
http://www.nydailynews.com/money/2007/03/12/2007-03-12_bu...
22:54 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.09.2008
Quel est l'homme de vos fantasmes absolus?
Eh oui, je tente le coup. Je m'adresse cette fois uniquement à mes visiteuses. Je vous pose la question suivante: quel est l'homme de vos fantasmes absolus? (À part moi bien sûr...;) ) Pas nécessairement côté physique mais surtout sur le plan de la personnalité. Je souhaite des réponses sincères. Pas de préchi-précha: on parle de ce qui vous fait vraiment vibrer, chères visiteuses de ce blogue. On parlera donc à coeur ouvert, rien de moins.
Dans un autre billet, p-ê que j'en ferai autant. P-ê... cela dépendra de la candeur de vos propos...
Genre macho comme Sean Connery dans ses belles années ?

Genre mature comme Georges Clooney?

Genre intello assumé comme Mathieu Amalric?

Ou aucun de ceux-là... En ce cas, une fiche signalétique s'impose...
La chair ou l'esprit? Les deux? L'esprit uniquement? (J'en doute.)
Allez, un petit effort, le week-end est à nos portes et on s'amuse. ;)
21:03 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.09.2008
Ma bibliothèque de quartier
Zêtes curieux de connaître ma bibliothèque de quartier? Suivez le guide.
Croyez que c'est comparable au Monde d'Amélie Poulain? Détrompez-vous. Ça faisait un bail que je n'y étais pas allé. Pourtant, ce n'est qu'à une quizaine de minutes de marche...
Aujourd'hui, en franchissant le seuil de porte de la bibliothèque publique du coin, je me suis tout à coup rappelé qu'il y avait un drôle de personnel oeuvrant dans ces lieux. D'abord il y a la Mme la Givrée-imprévisible, le genre de commis avec laquelle vous ne savez jamais quelle réaction elle pourrait avoir à la moindre demande. Ensuite, il y a M. Baboune-Grincheux qui râle dès qu'il doit vous rendre service. Inévitablement il lève les yeux au plafond dès que vous sortez de SA routine. Puis il y a Mme Bec-sec-vous-m'emmerdez, ie qu'elle est toujours occupée et vous renvoie constamment à un formulaire à remplir avant de vous répondre.
Je m'aperçus rapidement que mes trois bibliothécaires "favoris" étaient de service. Mon objectif de faire enregistrer l'achat d'un volume n'allait pas être une sinécure. J'ai donc eu droit à la valse des comptoirs, alors que l'un me renvoyait à l'autre. L'une disait qu'elle n'avait pas le temps: elle tapa sur le clavier quelques frappes avant d'enfiler son coupe-vent pour disparaître dare-dare du paysage. Quant à Mme Bec-sec, elle a recouru encore au truc du mauvais-bon formulaire avec son air concentré de bull-dog. C'est finalement Grincheux qui m'a répondu... Curieusement, avec celui-là, ça ne s'est passé pas trop mal. Il avait encore le menton avancé et la lèvre boudeuse mais j'ai pu faire enregistrer ma demande. J'ai dû le croiser dans sa meilleure phase neuro-hormono-biologico physiologique. Oui, il y avait une conjonction des planètes favorables dans son cas, ie qu'à son meilleur il est tout juste acceptable...
Et dire que j'avais eu l'idée de m'asseoir pour lire quelques heures, après la demande, d'autant plus qu'il n'y avait pas affluence, puis je me suis ravisé. Les 3 bibliothécaires aiment l'endroit tellement tranquille qu'ils le vident par leur seule attitude.
Ce sera pour une autre fois, quand je serai d'humeur plus béton et plus "je-vous-emmerde"...
16:55 Publié dans Tranches de vie arrangées | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.09.2008
Habileté virtuelle
Faute d'être en mesure de tirer correctement de l'arc dans la vraie vie, je me contente de participer, à temps perdu, à des compétitions virtuelles.
Qui battra Inukshuk au jeu Hit the jackpot? ;)
http://www.donpixel.com/play/en/080626185035/

14:15 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.09.2008
Sur la musique
Sur la musique:
L'usage de la musique aujourd'hui me paraît tout à fait significatif de ce qu'est la société dans laquelle nous vivons (...). Il s'agirait, paraît-il, d'une "société de la consommation". (...) Mais cette consommation de musique est, nous le savons très bien, une non-consommation. Un courant ininterrompu de sons, d'images, de mots, s'écoule sans fin. Ces sons, ces images, ces mots ne sont pas destinés, à être écoutés, regardés, perçus, mais à tuer le temps, à meubler le vide, à faire oublier les temps morts (ou la mort) en oubliant de vivre.
Permis de séjour (1977-82) Claude Roy
20:44 Publié dans Souvenirs de lecture | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


