20.06.2008
Mini-rage en vélo
Je roulais tranquillement sur une piste cyclabe aménagée en plein centre-ville. Loin en avant de moi, je voyais deux femmes d'âge mur en vélo en train de parler. Progressivement j'arrivai sans peine à leur hauteur.
Au feu rouge, on est tous les trois à attendre le feu vert. Au passage de la lumière, je les dépassai sans faire d'effort particulier: elles discutaient et moi je pédalais. Voilà qu'une centaine de mètres plus loin, elles me talonnaient! Je décidai d'appuyer un peu sur les pédales pour garder mes distances mais je sentis rapidement qu'elles tenaient à avoir le haut du pavé. Tout en continuant de parler de leurs affaires.
Je les laissai me dépasser. Je m'en foutais. Au bout de quelques coins de rue, je ne les voyais plus. Elles avaient probablement dû prendre une rue transversale.
C'est fou comme le rythme des gens est influencé par leur environnement. Si je n'avais pas été là, sur la même piste cyclable à les dépasser, il est fort probable qu'elles s'en seraient tenues à suivre le même rythme peinard que celui qu'elles avaient au début de ma randonnée.
C'est du moins ce que j'en conclus. Le phénomène de la rage au volant peut aussi se traduire en mini-rage en vélo. Allez savoir!!!
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17.06.2008
Des journaux, un concierge et un arrêt de bus
Tous les matins, je voyais deux journaux de métro (gratuits) sur une étagère du hall d'entrée de mon immeuble d'appartements, tout à côté de la porte du concierge. Un jour, je cédai à la tentation de les prendre tous les deux pour la route. Cette routine s'est ensuite déroulée sans problème pendant plusieurs semaines. Puis, en croisant le concierge à la retraite, je lui parlais des deux journaux que je piquais en douce, le matin avant d'aller au boulot, soupçonnant tout à coup qu'ils devaient lui être destinés.
- Ah, c'est toi! qu'il dit un peu surpris.
J'appris qu'il avait un arrangement avec un locataire de l'immeuble qui lui laissait les deux journaux de métro en revenant de son quart de nuit.
- C'est pas grave, Inuk, je récupère d'autres exemplaires plus tard dans la journée.
- Bof, si tu le permets, j'en garde un, le people, l'autre je te le laisse.
- C'est ok pour moi, qu'il fit.
C'est ainsi que de jour en jour, je partais désormais avec le journal de métro avec ses pages people. J'étais sûr de tout savoir sur Lindsay Lohen, Britney Spears et autres vedettes du showbizz, tout en faisant le plein côté actualités et autres affaires publiques. Au boulot, j'étais bien sûr incollable sur les derniers potins.
Malgré tout, un petit désagrément se logeait encore dans ma tête: le mardi, je passais à côté d'un chroniqueur d'humeur qui avait sa page dans l'autre journal. Celui-là, il me le fallait. De semaine en semaine, je trouvais une manière de contourner le problème en faisant un détour dans une librairie du coin qui avait toujours une pile de ce journal près de la porte d'entrée.
Mais voilà, ce matin-là, il me le fallait précisément celui-là, l'autre. Comment faire? Je décidai de lire tout de suite l'autre journal, histoire de liquider la chronique sur-le-champ. Ensuite, peinard, je n'aurais plus qu'à prendre le people et aller mon chemin. Le problème, c'est que l'arrêt de bus en face de l'immeuble était temporairement déplacé au coin de rue suivant en raison de la réparation d'une conduite d'eau. L'autre problème, c'est que le bus était sur le point d'arriver à l'arrêt d'ici deux minutes tout au plus.
Que faire?
Je décidai de lire en fou furieux la-dite chronique et de me tenir ensuite à l'arrêt de bus temporairement fermé en faisant semblant de rien. "J'en suis capable", je pensai. Aussi, je lus à pleine vapeur la chronique devenue subitement maudite mais quand même intéressante. Pendant ce temps le bus s'en venait à une vitesse inquiétante. Je bouillais. Il ne me restait qu'un petit paragraphe à lire mais mon radar m'a vite fait comprendre que la chute était ratée. Je mis alors rapidement les voiles pour l'arrêt. Juste à temps!
Je montai dans le bus en haussant les épaules, croyant que le chauffeur habituel me ferait un sourire en coin, au pire une légère grimace pour le contretemps. Mais c'était un chauffeur de remplacement. "Savez, j'avais pas remarqué madame la chauffeure!"
- Savez pas lire! L'Arrrrrêt est au coin de rue suivant. Y en a marre de prendre des passagers complètement à la masse. DES GENS COMME VOUS!"
Tout cela à cause d'une chronique d'humeur!
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15.06.2008
Le trousseau de clé
Je me ne rappelle plus où pendant longtemps j'avais l'habitude de remiser mon trousseau de clés, une fois la porte de mon appartement refermée et verrouillée. Fort probablement qu'un cendrier faisait l'affaire. Un dont je ne me servais pas puisque j'ai quand même fumé pendant quelques années. Ou peut-être les laissai-je sur le coin d'un bureau sans leur porter davantage d'attention.
Puis l'idée de ranger le trousseau encore plus près de la porte s'est tout à coup imposée. J'avais alors pensé qu'un crochet au mur, tout près du cadre de la porte, ferait l'affaire. En un tournemain, les clés étaient une affaire classée. Que je sorte ou que je rentre, en un geste furtif, les clés, qui pendaient tranquillement à un endroit pratique, étaient à portée de main.
Puis, dans une séquence banale du film The Perfect Murder, à la vue du personnage interprété par l'aérienne Paltrow, j'ai eu une révélation sur l'endroit suprême où devait atterir un trousseau de clés, une fois que la porte est refermée sur la réalité.
En un geste tout à fait désinvolte et distrait, Mme Paltrow, riche héritière d'une grande famille et mariée à un mari âpre au gain et au coeur de pierre (joué par Michael Douglas), lançait négligemment son trousseau de clés dans un vase de marbre installé dans une sorte de console ornée d'un miroir de courtoisie, tout près du hall d'entrée.
Depuis ce jour, je sais que le nec plus ultra relié à un trousseau de clés, c'est de les balancer dans un vase de marbre, avant même d'avoir enlevé son paletot ou son manteau. Pas besoin de viser un crochet ou un truc pointu, juste de balancer approximativement le tout vers une surface concave de l'espace, qui recevra l'objet au bout de toute la plénitude de son vol.
Et si le lancer manque quelque peu de précision, qu'importe, le vase est suffisamment grand pour récupérer l'objet dans sa trajectoire légèrement erratique.
C'était un autre moment de drôleries et de songeries de ce blogue sans queue ni tête... ;)
20:50 Publié dans Drôleries et songeries | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.06.2008
L'instruction forcée
Dans un bus, à côté de moi, il y avait une lycéenne (qu'on appelle communément une étudiante, au Québec). Elle potassait tranquillement un ouvrage sur le discours. C'était de tout évidence un livre d'école, le genre de truc obligatoire auquel on ne peut pas couper. Elle le lisait peut-être pour rattraper son retard ou peut-être pour se le mettre en tête en vue d'une leçon à venir. En même temps, j'entendais les échos de son iPod. Elle combinait donc la musique et la lecture et cela a eu le don de me ramener à mes propres souvenirs d'école.
C'est au cours secondaire que j'étais devenu un étudiant appliqué. Il m'arrivait d'apprendre par pur plaisir mais, au total, c'était plutôt la galère. Je pense que c'est le stress des examens qui donnait le ton à mes études, surtout la crainte de ne pas décrocher une "bonne note". Inévitablement, au sortir d'une salle d'examen, je m'exclamais en disant que "j'avais certainement coulé", alors que je n'étais habité que par le doute.
Je reviens au bouquin de l'élève à côté de moi. Par dessus son épaule, je lis des mots qui me font aujourd'hui rêver: "développement", "discours", "argumentation", "prémisse majeure", "prémisse mineure", etc. Il était de toute évidence question de la manière d'écrire sous différentes formes, que ce soit l'essai, le discours et que sais-je encore.
Aujourd'hui, je me disais, si on me donnait tout le temps au monde pour revoir tout cela, je serais preneur. Puis je me mis à réfléchir. "Quelle est la différence entre l'apprentissage obligatoire et la lecture ludique et enfiévrée?" Entre les deux, c'est la différence entre l'instruction publique et la liberté d'apprendre. Toute la différence au monde.
Aussi, si on m'offrait de recommencer ces études, fort probablement que je m'emmerderais encore, ne serait-ce qu'à la seule pensée d'un examen à venir. On ne se refait pas!
10:07 Publié dans Tranches de vie arrangées | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.06.2008
Un héros comme président...
Il n'y a pas longtemps, John Kerry, l'ancien héros de guerre (médaille de bravoure) et candidat démocrate à la présidence, avait été presque ridiculisé par les Républicains. Tout à coup le parcours de Kerry n'avait aucune valeur... et Kerry n'était peut-être pas un véritable héros. Peut-être pcq il s'est déjà affiché contre la guerre du Vietnam, à titre de vétéran (ce que GWB n'a jamais été, le couillon).
Voilà que dans la présente course présidentielle, le républicain McCain fait aussi valoir sa bravoure et son courage pendant la même guerre que Kerry, la guerre du Vietnam, et toute l'équipe républicaine joue sans retenue cette carte...
Comme quoi, on peut faire dire n'importe quoi du passé et y croire... Bien entendu, McCain est un héros de guerre. Mais qu'est-ce que cela a à voir avec les fonctions d'un président. Pourquoi tout à coup le parcours de McCain a une grande valeur et n'est pas remis en question...
11:01 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.06.2008
J'ai résisté!
Je rêvais d'un appareil photo numérique depuis des mois. Est-ce que j'avais les moyens? Ouais, j'avais les moyens. Quel modèle allai-je choisir? Un rapide coup d'oeil sur des sites spécialisés m'avait fait comprendre que je devais rapidement me recycler. Je suis de l'époque des 35mm... Là, il est maintenant question de mégapixels, de stabilisateur d'image, d'écran mobile, de white balance override, de orientation sensor, de cartes mémoires, etc.
J'avais finalement choisi un modèle bridge, sorte de compromis entre le réflexe et le compact. Je suis allé dans un commerce à cet effet et là, à la vue de toutes ces caméras, ma tête avait commencé à tourner. Les prix aussi... D'une centaine de dollars à plus de mille! J'imaginais déjà les superbes photos que j'allais prendre! Ouf! Il me suffisait de manipuler une caméra pour ressentir le frisson du photographe amateur.
Je commençai à demander les prix des modèles qui correspondaient à mes besoins. Un semi-compact ferait l'affaire. Le commis me donne un chiffre. Il ajoute que j'aurais quelques accessoires en prime si j'achetais maintenant. Ouais, je pensai, peut-être que je devrais voir ailleurs. 400$ c'est quand même beaucoup d'argent.
J'allai ainsi d'un commerce à l'autre. Pas plus de 5 tout de même. Quelques variations de prix mais tous pas mal comparables. Je me mis à réfléchir. Ouais, peut-être à l'an prochain, rien ne presse. De toute manière, je ne pars pas en voyage avant encore un bout et la mini-caméra actuelle va faire encore l'affaire.
Plus tard dans la journée, j'entrai dans un autre commerce électronique. Juste pour voir. Je passai devant le rayon des caméras numériques. Un autre épisode de tournis me prit... Le commis m'adressa la parole en premier. Je pointai du doigt un modèle bien spécifique que j'avais dans l'oeil depuis le début de mes recherches.
- Avec tous les accessoires, je vous le laisse à 350$
- Zêtes sérieux?
- C'est la fin du mois, on a besoin d'écouler le stock.
Autre choc. Tout à coup, toutes mes résolutions tombaient. C'était le meilleur prix qu'on m'offrait depuis le début de mes courses. Ma tête tournait de nouveau. Autres sensations de clic-clic envahissaient ma tête. Que de belles photos allai-je prendre!!!!
- Prenez votre temps, monsieur, l'offre tient jusqu'à la fermeture.
Un supplice qui allait durer encore deux heures si je me fiais à l'horloge. Je me fis violence et allais me promener dehors pour prendre l'air frais. Lentement le tournis disparut. Puis, je sentis que même à 50$ de rabais, l'offre n'en valait pas la peine pour moi. Peut-être pour un autre mais pas pour moi.
Et c'est sur cette pensée rassurante que je rentrai chez moi. Je venais de sauver 350$...
19:53 Publié dans Tranches de vie arrangées | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.06.2008
Accès interdit
Ça se passait dans une clinique médicale. J'étais dans la salle d'attente et j'avais en face de moi une porte sur laquelle un écriteau indiquait: "Accès interdit".
Or, pendant mon attente, plusieurs personnes franchissaient cette porte et tous avaient un uniforme de travail sur le dos. Un sarrau pour la plupart.
Qu'en déduire? Que seul le personnel autorisé y était admis. Alors pourquoi ne pas le dire franchement? Il aurait seulement fallu dire "Personnel autorisé" et le tour serait joué.
Vous devez déjà connaître le genre de raisonnement que je tiens relativement aux incongruités de notre société. Aussi vous ne seriez pas surpris si je tirais comme conclusion que le responsable de l'écriteau est fort probablement un freak control, plus empressé de mettre l'accent sur l'interdiction que sur la fonction du local en question.
Il y a des mini-lapsus pour le moins étonnant et significatif.
19:02 Publié dans Tranches de vie arrangées | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.05.2008
Sex & the city
Où que vous soyez, vous ne pouvez prétendre ne pas savoir qu'il existe une vague nommée Sex & the city, à moins de vivre sur la planète Mars. De toute manière, je soupçonne même les martiens d'en connaître un rayon sur le sujet depuis l'arrivée de Phoenix...
J'allume la télé, on y fait une critique de Sex & the city; j'ouvre le journal et on en parle dans les articles portant sur Cannes; j'allume la radio et c'est la même rengaine. Même chose dans tous les autres médias. Le Net ne fait qu'amplifier le phénomène. C'est comme si Sex & the city venait de réinventer la roue sociale... Sarah Jones Parker, par exemple, je ne comprends pas son succès... Faudrait peut-être que j'écoute au moins un épisode, je le reconnais.
Mais ai-je besoin de l'écouter? C'est que la critique est systématiquement dithyrambique. Presque aucune femme ne prendra ses distances relativement à ce phénomène. Quelques hommes, par ailleurs, le feront et avec raison. Il y a quelque chose de misogyne dans ces histoires de femmes insatisfaites. Les hommes sont cons, imbéciles, insensibles, etc., à ce qu'on en dit. De réels dummies...
J'ai au moins eu la satisfaction aujourd'hui de lire un article du Monde qui va à contre-courant. On y parle de la combinaison funeste de la pub et du marketing dans le scénario de cette télé-série (qui correspond davantage aux fameux roman-photos, version télé et adaptée au mode de vie nord-américain actuel).
Cette invasion des marques dans la fiction n'est pas anodine. Elle dope le sens et l'idéologie qui sous-tend celle-ci et qu'entretiennent inconsciemment les fans. "Le fait que certains consommateurs emploient un registre affectif pour parler de leur marque préférée et que leurs relations avec ces marques peuvent se comprendre comme l'extension ou le substitut symbolique de relations personnelles dans les sociétés matérialistes peut légitimement faire penser que ces relations sont de nature à nourrir (symboliquement du moins) le "soi vide" auquel prédispose l'abandon de la tradition et de la communauté dans la société contemporaine", énonce Benoît Heilbrunn (La Marque, PUF, 2007).
Dommage que Jean Baudrillard n'ait pas vu cela de son vivant...
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/05/31/marketi...
13:11 Publié dans Inclassable | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
30.05.2008
Les rêves et les attentes

Une petite fille tire sa mère par la manche pour qu'elle lui achète une glace;
Une jeune femme examine une robe de mariée dans une vitrine;
Un vieil homme attend le passage du bus;
Une file d'attente devant l'entrée d'un cinéma.
Je pense à mon prochain voyage, à ma prochaine paye, à mon prochain livre (à lire), à ce que je vais faire ce week-end...
L'Homme, dirait-on, est fait pour vivre en attendant. Rares sont les moments où il vit tout simplement, sans penser à ce qui a précédé ou à ce qui s'en vient. L'Homme vit sur une passerelle. Il est éternellement en transit, d'un point à l'autre, d'un désir à l'autre, d'une espoir à l'autre, d'un rêve à l'autre, d'un fantasme à l'autre.
Cet éternel besoin toujours à satisfaire.
L'Homme, cet être de désirS...
10:32 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29.05.2008
Les marchés publics
Quand j'étais gamin, il y avait un passage obligé dans l'itinéraire des courses hebdomadaires, celui du marché public. Au début, cela me rebutait. Tout ces gens qui se promenaient d'un kiosque à l'autre, les cris qu'on entendait des vendeurs qui vantaient leurs produits, toutes ces odeurs fortes qui "fouettaient" mon odorat et cette vague impression qu'il y avait une saleté générale des lieux, tout cela avait le don de m'énerver.
Puis, lentement, j'appris à aimer le marché public, surtout celui de mon enfance. Si on y allait comme un passage obligé, c'est que les prix étaient franchement concurrentiels: les producteurs étaient sur place pour vendre, sans intermédiaire, leurs fruits, leurs légumes ou leurs viandes. C'était la vie dans son expression la plus simple et la plus humaine.
Par la suite, il y a eu la vague des supermarchés où tout était en ordre et en rangée. C'était hygiénique et organisé. Des produits alimentaires industriels archi-bourrés de préservatifs (pour allonger leur temps de survie) faisaient aussi leur entrée. Il y avait par ailleurs de meilleurs prix offerts aux clients, la raison étant que les grandes surfaces pouvaient vendre à moindre prix. On connaît la chanson. Pendant ce temps, les marchés publics tombaient presque en désuétude.
Voilà qu'ils reprennent du poil de la bête, les gens ayant compris que les produits naturels ont une grand importance pour la santé. Sauf que les prix ont nettement augmenté. Bien évidemment, vous me direz qu'il faut s'attendre à ce genre de situation: tout ce qui n'est pas "fabriqué" sur une ligne de montage et qui requiert une plus grande main d'oeuvre coûte plus cher. C'est vrai.
On oublie aussi de tenir compte des taxes municipales exorbitants que les locataires de kiosques doivent payer. Ahurissant!
09:24 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26.05.2008
Maurits Cornelius Escher
Vu hier un documentaire (Achever l'inachevable) sur le graveur artiste Maurits Cornelius Escher. Préoccupé par les principes mathématiques derrière la réalité, Escher en explore les multiples possibilités. Si ses prédécesseurs avaient déjà découvert l'effet de perspective (principalement à la Renaissance), il restait des mystères à percer, ce à quoi Escher s'est tôt employé après avoir abandonné l'idée de poursuivre une carrière d'architecte.
Escher est connu pour plusieurs tableaux ou gravures représentant une énigme mathématique telle que par exemple le ruban de Möbius, le cube de Necker et le ruban de Penrose. Le documentaire a surtout porté sur Exposition d'estampes. Cette lithographie montre l'effet visuel d'une image qui se renvoit à elle-même à l'infini, donnant par le fait même un effet miroir qui n'a pas de fin, de sorte que l'image se perd dans une fuite devenant infiniment microscopique difficile à imaginer. C'est pourquoi Escher a laissé un point central non résolu, ce qu'un admirateur d'Escher (Douglas R. Hostadler) soutient à son tour dans son essai Gödel, Escher, Bach.
Dans le documentaire mentionné plus haut, il est justement question des travaux de mathématiciens pour résoudre ce mystère du point central inachevé. La démarche est pour le moins impressionnante, d'autant plus qu'une solution a été trouvée, après de lourds travaux mathématiques menés avec brio par le Néerlandais Hendrik Lenstra .
http://www.sciences.uqam.ca/scexp/11fev08/vol7_no6_art_fa...
Escher dans wiki:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurits_Cornelis_Escher
Pour ceux qui veulent voir la résolution du centre:
http://ens.math.univ-montp2.fr/SPIP/local/cache-vignettes...
10:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23.05.2008
Soupirs ferroviaires
Une conductrice de train aux Pays-Bas a manifestement oublié d'éteindre l'intercom avant de passer à des occupations personnelles... Un passager a été assez vigilent pour enregistrer le tout. Ce que vous entendez entre les soupirs, ce ne sont pas les tchou-tchou du train, de toute évidence... ;)
Vous aurez remarqué que le train est immobile à la fin du clip. Arrêt de station?? Il fallait donc faire vite-vite... (À titre d'ancien employé de trains passagers, plus rien ne m'étonne...)
Humain, trop humain... (hé, hé!)
Anecdote piquée sur l'excellent blog Embruns:
14:00 Publié dans Drôleries et songeries | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.05.2008
Lecture de force
D'année en année, je remettais cette lecture incontournable, me promettant que lorsque je m'y mettrai, ce sera la fête. Finalement, l'autre jour, j'ai cédé à l'appel des sirènes: j'ai acheté la dernière édition de Sous le volcan de Malcolm Lowry. La couverture d'un rouge vif sur lequel je pouvais voir une photo de format rectangulaire montrant seulement les yeux passionnés de l'auteur aura eu l'effet escompté de l'éditeur, ie me faire acheter ce livre au mystérieux appel quasi-mystique. C'est ainsi que j'ai franchi le dernier obstacle menant à ce roman.
Je ne savais toutefois pas que j'allais commencer une course à obstacles. Il faut savoir que cette lecture se fait à de multiples niveaux, tant ce roman est farci de symboles. Après quelques pages, n'importe quel lecteur le moindrement attentionné fera le lien entre ce roman et celui de Joyce et son fameux Ulysse. Il est clair qu'il faut une bonne épaisseur de culture pour en savourer le raffinement. Une culture linguistique, géographique, littéraire et que sais-je encore! Tant de codes s'y entremêlent, qu'il faut y faire son chemin avec beaucoup d'humilité. Je dois vous l'avouer, je traverse ce roman comme au milieu d'une jungle, ne sachant pas toujours comment interpréter tous ces symboles et ces signes. J'avance donc souvent à découvert, quitte à manquer le coche de temps en temps. C'est avec quelques soupirs, pendant cette épreuve, que je me promets une prochaine lecture plus près de mes préférences, ie à l'américaine avec un style direct, vif et même cinglant...
Mais mon supplice n'est pas fini. Je dois aussi me taper des descriptions fort belles mais d'une tortuosité cruelle et presque alambiquée. Cette prose est bien sûr accompagnée d'une tournure d'esprit identique, dans laquelle le lecteur est appelé à mettre ses skis pour effectuer un slalom ininterrompu au milieu des divagations précieuses auxquelles se prêtent les personnages de cette histoire.
J'en suis à la page 100, ie au cinquième de ce qu'on appelle presque à l'unanimité un chef d'oeuvre. Eh ben, le lecteur, lui, sent que ce sera une lecture de force...
Un petit extrait pour vous le mettre en bouche:
La tragédie que clamaient ensemble dans cette demi-lune d'allée qu'ils gravissaient l'ouverture béante des trous comme la haute végétation exotique, fantômes crépusculaires de plantes au foyer des lunettes noires qui, se mouvant inutilement de soif de tous côtés, titubaient, semblait-il, tige contre tige, nonobstant leurs efforts pour afficher, tels de sybarites moribonds, une ultime utopique démonstration de verdeur ou d'impuissante fécondité collective, se fit-il à lui même froidement la remarque, paraissait soumise à la critique et l'exégèse d'une personne à ses côtés qui eût souffert à sa place et dit: "Vois donc comme les choses familières savent être étranges et tristes. Touche cet arbre, ton ami de naguère: se peut-il hélas, que cela que tu connus dans le sang soit devenu si lointain! Lève tes yeux jusqu'à ce Christ souffrant calmement dans sa niche, là-haut, sur le mur: il répondrait à ton appel mais tu ne peux l'appeler. Regarde l'agonie des roses. Regarde se dessécher dans le soleil, sur la pelouse, les caféiers de Concepta dont tu disais qu'ils venaient de Marie. Sais-tu encore la douceur de leur arôme? Regarde ces chers plantaniers aux fleurs bizarres, naguère emblèmes de vie et aujourd'huui de funeste mort phallique. Tu as perdu la clé de l'amour de toutes ces choses. Tu n'aimes désormais plus que les cantinas, pâle survivance d'un amour de la vie mué en poison qui n'est même pas poison pur mais dont tu fais ton élément quotidien lorsque aux tavernes-"
12:11 Publié dans Souvenirs de lecture | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21.05.2008
À l'ère de la numérisation
Il y a quelques années déjà, après avoir eu une consultation chez un médecin, une secrétaire m'avait retenu pour compléter mon dossier personnel. Tout de suite après avoir répondu à ses questions, la secrétaire appuya sur "Enter" et, du coup, mon dossier était mis à jour. Mon identité était maintenant fichée sur un support numérique... Je n'ai pu m'empêcher alors de lâcher ce mot: "Gosh, now I'm computerized!". La secrétaire leva les yeux au plafond, comme si je venais de l'ère du Néandertal.
Au fil des ans, j'ai acquis un ordinateur très modeste avant de passer à un autre plus performant. Pendant ce même temps, j'ai acheté un lecteur CD et eu en cadeau une mini-caméra numérique. Bientôt je vais me procurer un scanner.
Ce matin, je naviguais sur le web et j'écoutais l'excellent Steve Dumas. Et je réalisai, tout à coup, que je fonctionnais presque complètement en numérique, que la plupart de mes gestes, de mes achats et de mes transactions tenaient du numérique.
Il était temps que je le réalise, me direz-vous... Heureusement que j'ai encore une vieille télé à tube cathodique et que je n'ai pas de cellulaire, qu'un téléphone à touche...
10:56 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.05.2008
Le showbizz perpétuel
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Juste un petit mot au sujet du métier d'acteur. Peut-être sera-t-il sans intérêt mais j'y repense de temps en temps, et cette idée que j'ai ne cesse de revenir à mon esprit. Alors aussi bien sortir le "méchant", histoire de passer à autre chose...
Cela avait commencé avec une simple entrevue entendue à la radio (ou peut-être l'avais-je vue à la télé, peu importe). Il s'agissait d'une comédienne qui parlait de la dureté du showbizz. Elle mettait surtout l'accent sur l'insécurité du métier et de la difficulté d'assurer une continuité entre les "contrats" (c'est bête ce genre de mot pour un métier si "intemporel"...).
Elle en concluait qu'une absence momentanée du métier (une grossesse) lui avait coûté cher en termes de visibilité et, forcément, d'offres de la part de producteurs et/ou réalisateurs. Aussi, avait-elle conclu qu'il lui fallait désormais "rester en piste", que le désir de jouer soit là ou non. Depuis cette époque, je revois cette artiste de manière systématique à la télé, la radio et même au ciné. Elle n'arrête pas de travailler, aussi j'ai pensé qu'elle a cessé de jouer et que cette volonté d'être une véritable artiste l'a ironiquement empêché de continuer à se prétendre "artiste". Étrange, n'est-ce pas? Pourtant, elle est loin d'être la seule à suivre cette voie. Le showbizz est une machine perpétuelle qui a besoin de chair fraîche. Et c'est bien dommage, car certains artistes, pour être performant, ont vraiment besoin de suivre leur rythme personnel.
Pour en revenir à cette comédienne, autant je la trouvais rafraîchissante à ses débuts (elle avait un charme fou, un charisme indéniable et une aura très particulière), autant que maintenant je la trouve prévisible, ordinaire et surtout (et tristement) très "convenue". La magie l'a quittée, c'est indéniable. Peut-être suis-je le seul à l'avoir remarqué mais cela m'importe peu. Ce qui est grave, c'est qu'elle a accepté de "rentrer dans le rang" et de faire marcher la caisse enregistreuse. Avant, elle se faisait rare et elle était enivrante; maintenant elle est là en tout temps et elle n'a plus d'attrait. C'est moche.
La photo plus haut n'a donc rien à voir avec l'actrice en question, vous l'aurez deviné, mais elle représente quelque part cette part de moments d'émotion alignés sur une chaîne de montage à l'image de ce qu'est devenu le monde du showbizz de nos jours. Une réelle buziness...
11:56 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14.05.2008
Coup d'argent facile!
Suggestion pour faire un coup d'argent rapide et facile: faites le plein de votre réservoir et ne vous server plus de votre voiture sous aucun prétexte.
N'avez plus qu'à attendre que le cours de l'essence monte...
C'était un autre chapitre des "drôleries et songeries" de ce blog... ;)
14:31 Publié dans Drôleries et songeries | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.05.2008
L'ennemi intime

La guerre est injuste, autant pour les conscrits que pour les volontaires, tout le monde sait ça, sauf les cons et les enfoirés. Le véritable enjeu est de savoir comment y réagir, et c'est ce que le film L'Ennemi intime s'attache à explorer avec brio.
L'ennemi, en effet, ce n'est pas juste celui qui vous fait face sur un champ de bataille, car il faut savoir que d'un côté comme de l'autre se trouve un homme qui a été lui aussi forcé à combattre. D'autres vont se contenter d'en rester avec l'impression que l'Autre, c'est la bête et le méchant.
Alors, vous, que feriez-vous si vous étiez pris dans le même dilemme? Vous transformeriez-vous en monstre vous-même? Prendriez-vous le risque de rester humain, malgré tout?
C'est ce genre de question que n'importe quel cinéphile se poserait s'il était exposé pour de vrai à ce genre de situation. Le superbe film de Florent Emilio Siri vous amène à cette réflexion, que vous le vouliez ou non, d'autant plus que les Magimel (flambloyant), Dupontel (inspirant et charismatique) et compagnie s'y emploient avec une efficacité diabolique.
Et puis, ne serait-ce que pour l'Algérie profonde aux paysages panoramiques et éternels, le détour en vaut la peine.
Un très grand film que je recommande chaudement.
J'avoue avoir pensé à un copain de l'âge de mon père et un ancien commando d'Algérie... Il n'a pas eu besoin de voir ce film: il l'a dans la tête à tous les jours de sa vie. Je le salue, en passant.
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09.05.2008
Le stoïcisme selon Marc Aurèle
Je ne savais pas qu'un empereur romain eût laissé des écrits que nous pouvons encore lire aujourd'hui. C'est pourtant le cas de l'empereur Marc Aurèle, celui après lequel l'empire romain a commencé un déclin irrémédiable...
Marc Aurèle avait écrit un journal pour lui-même, histoire de mettre sur papier les pensées qui l'habitaient tout au long de son règne passé la plupart du temps sur les champs de bataille de l'Orient et de Germanie. Héritier d'une éducation grecque (c'est dans cette langue qu'il a écrit son journal) et latine, cet empereur se sera distingué, entre autres, par sa remarquable culture hellénistique et sa vision stoïcienne de la vie.
Un extrait représentatif de son journal, Pensées à moi-même (puisqu'il n'était pas destiné à la lecture du grand public):
Ils se cherchent des retraites, des maisons dans les champs, au bord de la mer, dans les montagnes. Et toi aussi, d'habitude, tu désires vivement les mêmes choses. Mais tout cela n'est-il pas très sot, quand on peut, à l'heure que l'on préfère, se retirer en soi-même? Nulle part, en effet, l'homme n'a de plus paisible retraite, et de mieux protégée contre les ennuis, que dans son âme, surtout s'il porte en lui-même des principes dont la vue lui procure une tranquillité immédiate: or, cette tranquillité, je ne lui donne pas un autre nom que celui d'eucosmie*.
* L'ordre qui résulte de l'accord avec la nature.
Pensées à moi-même. Marc Aurèle. Coll. Mille et une nuits. 124p.
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05.05.2008
Mère Houellebecq se raconte
Lucie Ceccaldi vient de commettre un livre. Lucie qui? Personne ne pourrait la situer sur la planète littérature, si on ne précise pas qu'elle est la mère de Michel Houellebecq, l'auteur connu en particulier pour la parution des Particules élémentaires.
C'est connu, la mère et le fils n'ont jamais fait bon ménage. Le fils ne s'en cache pas et s'inspire d'elle dans le personnage de la mère des Particules: elle y est présentée comme une sorte de hippie à la dérive, adepte d'une communauté fondée sur la liberté sexuelle. Maintenant, elle vit retirée dans une cabane à pilotis sur l'île de la Réunion, endroit où elle a pratiqué l'anesthésie, sa vocation professionnelle.
La rupture officielle et définitive entre les deux remonte à 1991 alors qu'ils s'étaient disputés sur la guerre du Golfe... La mère jette le blâme sur son fils pour ne pas avoir continué à entretenir leurs rapports.
Voilà que maintenant elle se fait connaître du public par son autobiographie intitulée L'Innocente. Elle y décrit ses innombrables emmerdements depuis sa sortie de la faculté de médecine d'Alger avec son titre d'anesthésiste. Des ennuis principalement reliés à ses différents époux, amants et même avec sa progéniture, tout cela à l'époque d'un activisme communisme et de la vague soixante-huitard. Faut préciser que Michel Houellebecq a été remis sous les soins de sa grand-mère assez tôt dans sa vie...
Le livre de mère Houellebecq ne laisse pas tellement de place pour le célèbre écrivain, puisqu'elle ne l'a pas très bien connu. Cela ne l'empêche toutefois pas d'écrire en ces termes ce qu'elle pense de lui:
"Avec Michel, on pourra commencer à se reparler le jour où il ira sur la place publique, ses Particules élémentaires à la main, et qu'il dira : Je suis un menteur, je suis un imposteur, j'ai été un parasite (...) Et je demande pardon", écrit-elle.
Aurait-elle pu faire publier son livre règlement-de-compte si son fils n'avait pas atteint la célébrité à travers son oeuvre???
ps: je vous ai épargné la reproduction de sa photo... Peut-être qu'une reproduction d'une couverture du livre culte des Particules ferait l'affaire?
17:22 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29.04.2008
Mon horoscope
Mon horoscope pris au hasard sur le Net...
Si vous ne sautez pas sur l'occasion, quelqu'un d'autre s'empressera de le faire à votre place et vous aurez raté une belle opportunité. N'ayez pas peur de ne pas posséder suffisamment d'aptitudes; il y a bien des choses qui peuvent s'apprendre sur le terrain. Profitez du positionnement d'Uranus en Poissons au trigone de Mars en Cancer pour oser prendre une bonne initiative.
Tiens, je vais demander une augmentation à mon patron et je vais inviter une belle brune du bureau voir un film...
C'est mon jour de chance, je le sens! :)))
21:27 Publié dans Tranches de vie arrangées | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.04.2008
Mickey Burger
Nous sommes tous habitués à la publicité des produits alimentaires associant des personnalités ou des personnages de BD. On les voit sur les emballages, ce qui incite les enfants à mettre de la pression sur leurs parents pour qu'ils en achètent.
Voilà que non seulement ils sont affichés sur la boîte d'emballage, mais la nourriture prend le profil de vos héros préférés. Ainsi en est-il du burger surgelé de la gamme Compliments Junior Disney distribué par la chaîne Sobeys/IGA... Ce burger, comme le montre la photo ci-contre, ressemble à s'y méprendre au Mickey Mouse de son créateur Walt Disney.
C'est rendu qu'on mange de la publicité...

16:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19.04.2008
Coïncidences II
Tranche de vie survenue au boulot. C'est un collègue qui vint m'accoster:
- Inuk, vient voir, y a un type qui ressemble trait pour trait à Georges Perec!!
- Non, je ne peux pas y croire. Y a pas deux Georges Perec en ce monde... Franchement...
Il insista et me tira par la manche:
- Je t'assure, Inuk, c'est du solide. Faut que tu viennes voir ça!
- OK, je fais, de toute manière il faut que je fasse un détour par la machine à café, j'ajoutai.
Après quelques détours et une enfilade de corridors, nous arrivâmes à un cubicule où un employé s'affairait à remettre de l'ordre dans des dossiers épars. De dos, il a les cheveux frisés comme le grand écrivain. Un peu court et replet, mais ça s'annonçait plutôt bien. Mon collègue l'interpella:
- Alexandre, as-tu deux minutes?
Il se retourna et je vis alors une apparition miraculeuse. L'auteur de La Disparition et de La Vie mode d'emploi était devant moi, en chair et en os. Le type aux yeux globuleux et à la barbichette était une reproduction quasi-exacte du romancier, à n'en pas douter. Je le touchai et ensuite je me pinçai pour être sûr que je ne rêvais pas. Alexandre lèva les sourcils, se demandant ce qui se passait.
- Enchanté de vous rencontrez, Alexandre, j'espère que vous allez vous plaire dans cette entreprise.
Je regardai mon collègue puis je continuai:
- Hummm..., j'espère que nous ne sommes pas les seules personnes à vous faire cette remarque..., c'est que vous ressemblez vraiment à Georges Perec. Vous l'a-t-on déjà dit?
Il répond en bégaillant quelque peu. Pendant ce temps, j'avisai un livre dont les caractères étaient cyrilliques. Je t'interromps aussitôt.
- Mais je vois que vous êtes familier avec le russe, Alexandre, non?
- Oui, je comprends le russe, en ce moment je lis Crimes et châtiment dans la langue d'origine. Voyez-vous, je suis né de parents russes et j'ai été élevé en Allemagne...
Nous le remerciâmes de ces précisions et le laissâmes finalement à son travail. En retraitant à nos postes, je continuai à parler à mon collègue:
- Je te remercie de m'avoir permis de rencontrer Georges Perec. Le déplacement en valait la peine, c'est l'évidence même. Et dire qu'un autre type, l'an dernier, ressemblait à Fiodor Dostoeïsky!!! Essaie d'imaginer la rencontre des deux sur le même plancher de travail!!!
C'est d'un air pensif et dubitatif que l'un et l'autre retournèrent à leur poste en se demandant quelle sera la prochaine coïncidence...
16:31 Publié dans Tranches de vie arrangées | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.04.2008
Dommages collatéraux
Les tenants du néo-libéralisme aime bien faire la promotion du libre marché, sans toujours tenir compte des dérapages et ratages que cette approche peut provoquer.
Voici une histoire très typique du néo-libéralisme tous azimuts dans laquelle le travailleur non spécialisé paie la note pendant que l'investisseur ramasse encore plus de profits.
Deux Québécois, Marie-Claude de Billy et Andrew Reddyhoff, il y a dix ans, ont inventé une sorte de sandale en matière plastique, très confortable et durable. Les propriétés de ce plastique sont telles, qu'il reste imperméable à la saleté et aux microbes. Donc, ces chaussures restent inodores malgré un usage continu. Ce sont les sandales Crocs. En très peu de temps, ces sandales ont conquis le marché des chaussures d'été.
Limités par un réseau de distribution peu étendu en dehors du Québec, Reddyhoff a rencontré des acheteurs américains à l'occasion d'une foire au Colorado en 2003. Non seulement, ils ont acheté tout le stock de chaussures mais ils ont fini par acheter la compagnie.
Je résume l'histoire. Cette hiver, le syndicat de l'usine de la ville de Québec négociait le renouvellement de la convention collective. Les propriétaires américains, tout à coup, ont préféré fermer l'usine, malgré des profits de plusieurs millions de dollars. Toute la production sera donc transférée ailleurs dans le monde, plus particulièrement là où il n'y a pas de syndicat et de conditions de travail minimales comme au Canada.
500 travailleurs de Québec viennent de perdre leur emploi pendant que les propriétaires déménagent la production pour faire plus de profits...
13:44 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.04.2008
Les coïncidences
L'autre jour, je vous parlais de la quasi-disparition de la solidarité entre les hommes. J'avais fait allusion à la déclaration de Balasko sur sa satisfaction sans mélange de faire du fric et d'être célèbre. En lisant La Peau de Malaparte, par coïncidence, je me rends compte que c'est le même thème qui est exploré par l'auteur. Il note la décadence de l'Europe au lendemain de la libération du joug nazi. Permettez-moi de vous citer l'extrait qui résume son approche.
À lire avec un oeil poétique...
- Vous êtes un honnête homme, dit le général Guillaume, vous ne vendriez pas vos enfants.
- Qui sait? répondis-je (Malaparte) à voix basse, il ne s'agit pas d'être un honnête homme. Cela n'a rien à voir, d'être un homme convenable. Ce n'est pas une question d'honnêteté personnelle. C'est la civilisation moderne, cette civilisation sans Dieu, qui oblige les hommes à donner une telle importance à leur peau. Seule la peau compte désormais. Il n'y a que la peau de sûr, de tangible, d'impossible à nier. C'est la seule chose que nous possédions, qui soit à nous. La chose la plus mortelle qui soit au monde. Seule l'âme est immortelle, hélas! Mais qu'importe l'âme, désormais? Il n'y a que la peau qui compte. Tout est fait de peau humaine. Même les drapeaux des armées sont faits de peau humaine. On ne se bat plus pour l'honneur, pour la liberté, pour la justice. On se bat pour la peau, pour cette sale peau.
- Vous ne vendriez pas vos enfants, répéta le général Guillaume en regardant le dos de sa main.
- Qui sait? dis-je. Si j'avais un enfant, peut-être irais-je le vendre pour pouvoir m'acheter des cigarettes américaines. Il faut être un homme de son temps. Quand on est lâche, il faut être lâche jusqu'au bout.
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13.04.2008
La Lune aux Italiens
Le colonel Brand croyait que les Italiens aiment entendre dire à un étranger: Ce soir, la lune est merveilleuse, parce qu'il imaginait que les Italiens aiment la lune comme si elle était un lambeau d'Italie. Ce n'était pas un homme très intelligent, ni très cultivé, mais il avait une extraordinaire gentillesse d'âme: et je lui étais reconnaissant de la façon dont il avait dit: La lune est merveilleuse, ce soir, parce que je sentais qu'il avait voulu m'exprimer par ces mots, sa sympathie pour les malheurs, les souffrances, les humiliations de mon peuple.
Extrait de La Peau, Curzio Malaparte.
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12.04.2008
Josiane Balasko
Josiane Balasko est dans nos parages pour assurer le service après-vente de L'Auberge rouge, une comédie de Gérard Krawczyk. Comme d'habitude, pendant ce genre de tournée des médias pour faire la promo d'un film, un comédien dit toutes sortes de choses pour se faire intéressant. À d'autres moments, il ou elle lâche involontairement un commentaire qui fait réfléchir.
Ici, Josiane balance ce truc: "Je n'ai aucun malaise d'avoir réussi. Je vis bien avec l'idée de faire de l'argent". Et dire qu'il y a eu une époque, justement celle de mai '68 dont nous célébrons le 40e anniversaire, où l'éthique du jour était celui de l'authenticité et la révolte contre les bourgeois! On n'entends même plus le mot "bourgeois", c'est dire... Il y a comme une amnésie collective à ce sujet, on dirait.
On aura compris que lorsqu'on a franchi une frontière, celle par exemple de la classe sociale ou du style de vie, un autre discours montre à la surface, celui-là tout aussi bien défendu et (presque) convaincant qu'il y a 40 ans... Je ne critique pas Balasko, qui, à cet égard, fait comme absolument tout le monde. Je ne parle que de ces tendances qui font les pages de journaux, la tendance individualiste à tout prix, par exemple. Ça se décline ainsi: "Je sauve ma peau, on verra pour les autres"...
C'est bien vrai que les journaux et nos médias sont le reflet (sans mémoire) de nos sociétés...
14:29 Publié dans Potinage | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.04.2008
La villa du Mépris
Une anecdote au sujet de Malaparte.
Saviez-vous que la villa où a été tourné le film Le Mépris de Jean-Luc Godard a été la propriété que possédait Curzio Malaparte sur l'île de Capri?
Potinage de la part d'un ami avec qui je parlais du roman Kaputt...
21:33 Publié dans Potinage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.04.2008
Curzio Malaparte
La première fois que j'ai vu la photo de Curzio Malaparte, avec son allure de dandy, tout à côté de son entrée dans un dictionnaire de noms propres, j'avais pensé que c'était un poseur imbuvable, sorte de pilier de salon dont on rêve qu'il prenne la sortie côté jardin, tant il semble raseur.
Comme la page de dictionnaire revenait constamment sous mes doigts, par je ne sais quel caprice de la reliure (ayant eu une sérieuse période de fascination pour les personnalités historiques et artistiques), je finis par me résoudre de ne jamais m'intéresser à cette personnalité que j'imaginais en écrivain tatillon et incapable d'émettre une idée claire, concise et signifiante.
Par un étrange hasard, des années plus tard, je tombais sur "Kaputt", ce journal de guerre de Malaparte, qui allait faire sa renommée incontestable après avoir été connu pour son "Technique du coup d'État" quelque part au début des années '30.
Ainsi donc, je ne savais pas qu'il avait été un héros de la Première guerre mondiale aux côtés des Français; je ne savais pas qu'il avait fait de la prison pour la parution de son premier livre anti-fasciste; je ne savais pas qu'il écrivait d'une manière magistrale et que ses écrits étaient saturés d'observations intelligentes, lucides, poétiques et même lyriques. En fait, avant de lire Kaputt, je ne savais rien de cette homme hors norme.
Après avoir lu l'intense Kaputt, je ne me croyais pas capable de m'y remettre avec cet auteur. Pourtant, récemment, en me promenant entre des rayons de livres de la Grande bibliothèque du Québec, je croisais des yeux un autre de ses ouvrages, "La Peau", sorte de suite de Kaputt.
Il s'agit de la libération de l'Europe à laquelle il a assisté aux premières loges. La lecture des premières pages m'a encore enfiévré et j'ai fini par comprendre que j'en avais pas fini avec ce grand Malaparte...
18:51 Publié dans Souvenirs de lecture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La violence gratuite (II)
L'autre volet important du film Drôle de jeux, c'est la critique selon laquelle le spectateur moyen aime voir les scènes de violence au cinéma. Le réalisateur Haneke fait valoir que cet étrange plaisir, qu'on veut croire inoffensif, participe plutôt à la promotion générale de la violence dans notre quotidien. Bien entendu, un des objectifs du film, j'imagine, c'est de faire réfléchir justement le spectateur sur sa perception de la violence et des effets que cela peut avoir sur lui. Néanmoins, Drôle de jeux est tellement excessif, qu'il faut être un peu dérangé pour prendre son pied devant autant de gestes brutaux et, surtout, d'attitudes dégradant la nature humaine.
Ceci m'amène à aborder un sujet connexe, la violence dans les sports professionnels, en particulier au hockey. Je suis convaincu qu'il y a parmi la foule des amphithéâtres un bon nombre d'individus pour qui une partie de hockey prend tout son sens quand il y a de la bataille à coups de poing entre des joueurs de hockey.
Dernièrement, il y a eu une echafourrée majeure mettant aux prises des joueurs de calibre junior (Ligue junior majeure du Québec - LJMQ) des Remparts de Québec et des Saguenéens de Chicoutimi. Le clou de la soirée a été l'assaut donné par le gardien de but des Remparts aux dépens du gardien des Saguenéens, à brûle-pourpoint, comme ça, parce que ses coéquipiers avaient jeté les gants et que ce gardien sentait qu'il devait faire sa part... La rumeur veut que le père du gardien, incidemment l'instructeur en chef des Remparts, l'ait encouragé à commettre ce geste agressif.
Voici le vidéo-clip des événements de la soirée de hockey. Et la foule qui en redemande... Édifiant...
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05.04.2008
La violence gratuite (I)

La violence gratuite, sans motif, c'est quelque chose d'heureusement assez rare dans nos sociétés, pourtant cela existe. Si elle est gratuite, c'est qu'elle ne vous vise pas "personnellement", sauf que vous en êtes la triste victime. Le hasard aura voulu que vous soyez sur le chemin de l'abuseur, car tel est l'allure de celui qui exerce cette violence "parfaite".
Si j'ai choisi d'en parler, c'est que j'ai vu le film Drôle de jeux, version française de Funny Games de Michael Haneke. Un couple et leur jeune enfant servent de tristes sujets aux fantasmes délirants de deux jeunes hommes psychopathes. J'ai remarqué quelques phases critiques dans ce mécanisme diabolique, qui montrent bien que c'est dans la progression que les abuseurs prennent leur plaisir.
D'abord, il y a la rencontre qui se veut fortuite, alors qu'elle est voulue par les protagonistes. Ensuite, c'est le prétexte (un incident banal programmé) pour river l'attention des sujets visés. De fil en aiguille se développe une légère dispute qui finit en escalade, ce qui ouvre la porte aux premiers sévices physiques.
Le scénario se passe dans un espace mi-clos, c'est-à-dire que l'action se situe dans un milieu isolé par de grands espaces physiques. L'ironie, c'est que si un témoin extérieur à l'histoire morbide arrive à la périphérie de "l'action", les victimes n'oseront avouer la réelle situation dans laquelle ils se trouvent pour la bonne raison qu'elle est inexplicable en quelques mots.
Je ne révélerai pas comment cette histoire se conclut, mais il est clair que la violence gratuite est une histoire de projection psychologique majeure exercée par des psychopathes aux dépens de pures inconnus. Voilà bien l'ultime phase de la cruauté et de la méchanceté que l'être humain puisse connaître. Absurde et inacceptable.
07:19 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.03.2008
La relativité du temps
Non, je ne veux pas parler de la relativité d'Einstein à laquelle je ne connais rien ou si peu. Je pense plutôt à ce temps qui passe et sur lequel je n'ai aucun pouvoir.
Je ne cesse d'être étonné par la perception variable du temps qui passe. Le plus souvent, j'ai cette impression que le temps me glisse entre les doigts et que je ne puis faire autre chose que de suivre le courant; d'autres fois le temps n'existe tout simplement plus tellement il passe encore plus vite. Comme tout le monde, je voudrais saisir le temps et lui interdire d'avancer, mais, inexorablement, il suit son cours de manière imperturbable.

Dire qu'il y eut un temps, particulièrement pendant l'enfance et l'adolescence, où les après-midis d'été se languissaient à n'en plus finir. Il y avait ce ciel immobile d'un bleu parfaitement azuré qui annonçait l'éternité pendant que la stridulence d'une cigale en signait l'authenticité. (Décidément, j'ai l'âme poétique aujourd'hui). La vie était immense et le temps increvable, j'étais saoulé par le temps, aussi je découvrais sa puissance infinie.
Puis, c'est la vie qui s'est chargé de lui donner un autre mode d'écoulement. On dirait que c'est avec les responsabilités que le temps a changé tout à coup de rythme. Je suis progressivement devenu inquiet du temps qui pourrait manquer, puis du temps qui manque pour de vrai, jusqu'à rencontrer à l'occasion la déception des délais dépassés. Des rêves ont bien sûr été porteurs de ces préoccupations. Au réveil, il m'arrivait de croire que j'avais raté un examen ou quelque chose de ce genre...
Le temps a ainsi fini par se compter en heures, non plus en semaines ou en jours. La montre-bracelet commençait à être consultée régulièrement, à tel point que je devins un expert du temps précis qu'il peut être après avoir oublié d'y avoir jeté un coup d'oeil. C'est fou comme le temps peut devenir un bourreau: vous vous surprenez à vérifier le passage d'un bus pour voir s'il est en avance, à l'heure ou en retard. Il m'arrive même de me demander si le chauffeur du bus est synchronisé sur ma montre. Je me conforte d'une manière malhabile en pensant que j'ai réglé ma montre sur l'heure donnée par la radio d'État.
Rendu à ce point, je suis devenu un accro du temps. Aussi, j'ai besoin de conseils de la part d'un bon samaritin sur la manière de juguler cette dépendance au temps. Le temps, ce tyran... ;)
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