03.12.2007
Le dernier Cohen
J'ai vu la dernière mouture des frères Cohen ce week-end, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme. Film allégorique sur la violence gratuite, la démonstration recherchée par les réalisateurs est pour le moins complète... Le personnage principal (interprété par l'excellent Javier Bardem) est franchement le dernier des psychopathes et la mort ne représente pour lui qu'une fatalité voulue par le Destin ou la nature... Autour de lui gravitent un ancien du Vietnam (l'inspirant Josh Brolin) qui cherche à faire le coup de sa vie, et un shériff au bord de la retraite (Tommy Lee Jones) qui philosophe sur le métier de justicier. Les temps ont changé, il n'y a pas à dire... Autrefois, certains shériffs ne portaient même pas une arme!
Pensez-vous renouer avec l'originalité de Fargo en allant voir cette dernière production? Si oui, vous risquez de le regretter. Fargo était un exercice de style réussi, tandis que l'autre fait appel à une recette dont on recherche la mécanique et/ou le processus pour reproduire la magie de la première fois. Après le film, j'ai pensé que Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme appartient sans aucun doute au Jackie Brown de Tarantino, un film qui voulait justement reproduire le hit de Pulp Fiction. À ce chapitre, l'art cinématographique, comme toute forme d'art, est intraitable. Faut pas tricher avec les processus de création...
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11.11.2007
Bric-à-brac cinématographique
- Au cinéma, l'après-midi. Je suis seul dans une salle de projection et je savoure à l'avance l'idée d'avoir une salle à moi tout seul comme dans une projection privée. Un court instant, je commence à y croire. Puis, juste comme le film débute, un inconnu se découvre dans la pénombre du hall d'entrée. Il hésite un moment, puis il choisit une rangée en avant de moi. Il continue à avancer dans cette rangée, avant de s'arrêter juste en face de moi. Son instinct lui avait donc commandé de s'asseoir juste en avant de moi, dans une salle vide! Sidérant que ce besoin de tribalisme...
- J'ai toujours succombé au racolage des bande-annonces des films prochainement à l'affiche. Chaque fois, je tombe dans le panneau, sachant malgré tout que derrière ce montage d'images et de sons, il y a une recette usée à la corde et réutilisée à outrance par des monteurs professionnels engagés par les maisons de productions. Ce n'est jamais le réalisateur du film qui s'occupe de ce genre de truc. Pourtant, le charme fonctionne si bien qu'au moment où le programme principale commence, subitement, je me rends compte avec regret que je suis venu pour voir tel long métrage et que je dois me résoudre à le regarder en tâchant d'oublier les promesses irrésistibles des bande-annonces...
- Une dernière. Il y eut un temps où je scrutais minutieusement le générique d'un film américain dans l'espoir d'y voir un nom d'artisan ou de technicien francophone. Presqu'à chaque fois j'y arrivais. Et encore aujourd'hui, je remarque de temps en temps un nom de famille à consonnance francophone défiler sur l'écran. La conclusion qui s'impose? Beaucoup d'expatriés aux États-Unis: le générique des films le confirme... ;)
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